sfy39587stp17
Aller au contenu principal

Iran : des manifestations sauvagement réprimées, la révolution interne au‑dessus de toute ingérence étrangère

Alors que la contestation en Iran entre dans sa troisième semaine, les forces de sécurité ont tué des centaines de manifestants, malgré les appels à la liberté et à la fin du régime. L’ampleur de cette répression sanglante, documentée par la presse internationale ce lundi 12 janvier 2026, souligne l’urgence d’un changement radical initié par les Iraniens eux‑mêmes, plutôt que par une intervention étrangère qui pourrait renforcer le régime des mollahs.

Entre Téhéran, Chiraz et les grandes villes du pays, les rues d’Iran se sont transformées en scènes de répression sanglante depuis la fin décembre 2025. Ce mouvement de protestation, né d’une crise économique aiguë — inflation galopante, effondrement du rial et conditions de vie dégradées — a rapidement dépassé les simples revendications sociales pour devenir un rejet frontal du régime théocratique en place depuis plus de quarante ans. Selon un bilan rapporté aujourd’hui par plusieurs médias, au moins 192 manifestants ont été tués en deux semaines, un chiffre que les ONG estiment probablement largement sous‑évalué, et des milliers d’arrestations ont eu lieu dans tout le pays. 

La réponse du pouvoir iranien a été implacable. Partout, des forces de sécurité lourdement armées ont fait usage de balles réelles, de gaz lacrymogènes, d’eau à haute pression et d’arrestations arbitraires pour disperser les manifestations qui se déroulaient sans leadership formel mais avec une détermination croissante. Les autorités ont justifié cette violence en qualifiant les protestataires de « terroristes », et ont instauré une coupure quasi totale de l’Internet et des communications mobiles depuis le 8 janvier, une tactique répressive visant à étouffer l’information et à isoler le pays du reste du monde.

Des témoignages poignants émergent malgré tout. Des vidéos, obtenues par la presse internationale et des organisations de défense des droits humains, montrent des scènes de rues ensanglantées, des hôpitaux débordés, et des manifestants criant des slogans contre le système politique en place. À l’étranger, la presse rapporte que des intellectuels, artistes et militants iraniens en exil dénoncent une répression comparable à celle des soulèvements passés — comme durant le mouvement « Femme, Vie, Liberté » de 2022 — mais avec une intensité encore plus forte. 

« Les Iraniens expriment une colère profonde après des décennies de répression et exigent un changement fondamental de leur système politique », écrivent des observateurs, soulignant que les appels à la libération et à la dignité sont devenus plus audibles et plus massifs que jamais. 

Malgré la violence, le mouvement s’est étendu, de simples protestations économiques à un mouvement appelant ouvertement à la fin de la République islamique elle‑même. Cette évolution a été amplifiée par des appels de figures de l’opposition en exil, qui encouragent à une transition vers un régime démocratique. Toutefois, ces voix extérieures, qu’elles proviennent de l’ancien prince héritier ou de gouvernements étrangers, soulèvent une question délicate : dans quelle mesure une intervention étrangère serait‑elle bénéfique ou dangereuse pour l’avenir de l’Iran ?

Les appels à l’intérieur d’un peuple qui veut décider de son avenir

Dans le débat international, certains dirigeants ont suggéré une pression accrue sur le régime iranien, voire une intervention plus directe. Ce lundi encore, des médias étrangers rapportent que la Maison‑Blanche discute de réponses possibles aux violences, avec des options diplomatiques ou même militaires mentionnées dans certains commentaires officiels. Mais cette dimension extérieure est à la fois complexe et risquée. Une ingérence étrangère, surtout si elle se manifeste sur le plan militaire, pourrait renforcer le discours du régime des mollahs, qui accuse depuis longtemps les puissances étrangères de vouloir déstabiliser l’Iran. Ce récit a déjà été utilisé pour justifier des répressions intensifiées.

Nombre d’analystes de la région et de responsables de droits humains suggèrent au contraire que la clé d’un véritable changement réside dans la capacité du peuple iranien à forger un mouvement interne unifié, fondé sur des revendications de liberté, de justice et de transformation démocratique. Un soulèvement authentique et populaire — sans tutorat extérieur — a plus de chances d’aboutir à un ordre politique légitime et durable qu’une opération pilotée depuis l’étranger, qui risque de réunir contre elle une grande part de la population, y compris ceux qui aujourd’hui hésitent encore à s’opposer publiquement au régime. La révolution iranienne de 1979 elle‑même fut avant tout un mouvement interne, dont la dynamique ne peut être reproduite que par ceux qui vivent au quotidien les contraintes du régime. 

L’histoire récente de l’Iran montre que les mouvements populaires peuvent être extraordinairement résilients, même face à des répressions féroces. Les mobilisations de 2019 et 2022 ont déjà révélé une société prête à s’opposer à un système qui, à leurs yeux, refuse de répondre à leurs besoins essentiels. Aujourd’hui encore, malgré les balles et les arrestations, des milliers continuent de braver les interdictions et les risques. Les voix du changement viennent avant tout d’Iran — pas des chancelleries étrangères.

« Ce mouvement doit rester l’œuvre des Iraniens eux‑mêmes s’ils veulent une transformation réelle, durable et libératrice », rappelle un expert en politique du Moyen‑Orient, citant l’importance d’un leadership interne plutôt que d’une solution imposée de l’extérieur.

Pour les observateurs et la presse française comme internationale, la situation en Iran ce 12 janvier 2026 est un moment charnière : pas seulement une autre répression sanglante, mais un point de bascule potentiel vers une dynamique révolutionnaire interne. Et à mesure que le régime resserre ses contrôles, le monde regarde une population déterminée à écrire son propre avenir, sans qu’une main étrangère ne détourne sa lutte pour la liberté.

sfy39587stp16