Alger-Tunis : une nouvelle ligne de bus renforce les liens maghrébins
Une nouvelle ère s'ouvre pour les voyageurs algériens et tunisiens. Depuis le jeudi 12 mars 2026, une ligne de bus régulière relie désormais Alger à Tunis, marquant un renforcement significatif des liaisons terrestres entre les deux pays frères du Maghreb. Cette initiative s'inscrit dans une dynamique d'intégration régionale visant à faciliter la mobilité des citoyens.
Le premier départ a été donné à 20 heures depuis la gare de Caroubier à Alger. Cette liaison assure deux voyages par semaine avec des départs depuis Tunis les jeudis et samedis à la même heure, depuis la gare de Bab Alioua. Le trajet traverse plusieurs villes stratégiques des deux pays, offrant une alternative pratique et économique aux voyageurs.
L'itinéraire emprunte un parcours riche en paysages maghrébins. Du côté algérien, le bus dessert Bordj Bou Arréridj, Sétif et Constantine avant de franchir la frontière. En territoire tunisien, il traverse Kalaat Senan, Tajerouine et El Kef avant d'arriver à destination dans la capitale tunisienne. Cette diversité de haltes permet également de connecter des villes moyennes souvent moins bien desservies par les liaisons aériennes.
Des tarifs compétitifs pour démocratiser les voyages
Le prix du billet a été fixé à 6 000 dinars algériens pour le trajet Alger-Tunis, soit l'équivalent de 120 dinars tunisiens pour un aller simple. Ces tarifs positionnent cette ligne comme une option accessible pour les familles, les étudiants et les professionnels qui effectuent régulièrement le déplacement entre les deux capitales. Comparés aux tarifs aériens souvent fluctuants, ces prix fixes offrent une prévisibilité budgétaire appréciable.
L'exploitation de cette liaison est assurée conjointement par l'Entreprise universitaire de transport et de services du côté algérien et par la Société nationale de transport interurbain (SNTRI) pour la partie tunisienne. Cette coopération bilatérale témoigne de la volonté des deux gouvernements de renforcer les liens économiques et humains entre leurs populations.
Un réseau de transport maghrébin en pleine expansion
Cette nouvelle ligne s'ajoute à une seconde liaison inaugurée le vendredi 13 mars, reliant cette fois Annaba à Tunis. Partant de la gare Sogral d'Annaba, cette ligne propose quatre trajets aller par semaine, les jeudis, vendredis, samedis et dimanches. Elle complète ainsi l'offre de transport terrestre déjà existante, notamment la ligne ferroviaire Annaba-Tunis exploitée par la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF).
Au-delà de ces nouvelles liaisons par autocar, les autorités tunisiennes ont récemment annoncé le lancement officiel des études pour un projet encore plus ambitieux : la création d'un corridor ferroviaire trans-maghrébin. Ce projet prévoit de connecter les réseaux ferroviaires tunisien, algérien et libyen, reliant ainsi Alger, Tunis et Tripoli dans une vision d'intégration régionale à long terme.
Ces initiatives de transport illustrent une tendance de fond vers une meilleure connectivité maghrébine. Elles répondent à une demande croissante de mobilité entre des populations partageant des liens historiques, culturels et familiaux profonds. Pour les opérateurs économiques, ces nouvelles liaisons ouvrent également des perspectives de développement des échanges commerciaux entre les deux rives du Maghreb central.
La mise en service de ces lignes intervient dans un contexte où les relations algéro-tunisiennes connaissent un réchauffement diplomatique. Les autorités des deux pays multiplient les gestes de rapprochement et les projets de coopération dans divers domaines, du commerce à la sécurité frontalière, en passant par l'énergie et le tourisme.
Pour les voyageurs, cette nouvelle ligne de bus représente une opportunité de découvrir ou redécouvrir le Maghreb autrement. Le voyage par la route offre une expérience différente de l'avion, permettant d'apprécier la diversité des paysages et de mieux comprendre la continuité géographique et culturelle qui unit ces deux nations sœurs du bassin méditerranéen.