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Cumul emploi-retraite : le piège avant 64 ans qui supprime votre pension dès 2027

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée le 16 décembre 2025, bouleverse les règles du cumul emploi-retraite. À compter du 1er janvier 2027, les retraités qui continuent de travailler avant 64 ans verront leur pension intégralement amputée de leurs revenus d'activité. Une mesure qui pourrait priver des centaines de milliers de seniors de tout avantage financier.

Le dispositif actuel permettait aux retraités de cumuler librement pension et salaire sous certaines conditions. Cette époque touche à sa fin. L'article 102 de la LFSS 2026 redessine entièrement le paysage du cumul emploi-retraite, instaurant trois régimes distincts selon l'âge du retraité.

Un écrêtement total avant l'âge légal

La mesure la plus radicale concerne les personnes ayant pris leur retraite avant 64 ans, notamment via le dispositif de carrière longue ou pour inaptitude. « Chaque euro gagné entraînera une réduction équivalente du montant de la pension servie », précise le nouveau texte. Concrètement, un retraité percevant 1 500 euros de pension et gagnant 1 000 euros en reprenant une activité verra sa pension réduite à 500 euros.

Cette disposition vise à orienter les assurés vers la retraite progressive plutôt que vers un cumul emploi-retraite anticipé. Mais pour de nombreux seniors ayant bâti leur plan financier sur ce dispositif, c'est un véritable séisme.

Entre 64 et 67 ans, un système intermédiaire s'appliquera. La pension sera écrêtée à hauteur de 50% des revenus dépassant un seuil d'environ 7 000 euros annuels. De plus, les périodes travaillées ne permettront plus de créer de nouveaux droits à pension, contrairement aux règles actuelles.

Un changement systémique selon les économistes

L'économiste Philippe Askenazy considère cette réforme comme « plus importante que la suspension de la réforme des retraites, car elle représente un changement systémique qui touchera l'ensemble des futures générations de retraités ». La Cour des comptes avait pointé en mai 2025 les « effets d'aubaine » générés par le dispositif actuel, qui concernait environ 710 000 personnes en 2020, tirant en moyenne 9 000 euros par an de leur activité.

Seuls les retraités de plus de 67 ans conserveront un cumul totalement libre, avec la possibilité de créer de nouveaux droits à une seconde pension. Une consolation pour ceux qui peuvent attendre, mais un coup dur pour les autres.

La suppression du délai de carence de six mois en cas de reprise chez le même employeur constitue le seul assouplissement notable. Une maigre compensation face à l'ampleur des restrictions. Pour les retraités ayant liquidé leurs droits avant 2027, les anciennes règles continueront de s'appliquer. Les autres devront repenser entièrement leur stratégie de fin de carrière et de transition vers la retraite.

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