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Retraite 2026 : la majoration pour conjoint à charge, cet avantage méconnu

Alors que les retraités scrutent chaque revalorisation de leur pension, un dispositif reste largement méconnu : la majoration pour conjoint à charge. Ce complément de 50,81 euros mensuels échappe encore à de nombreux couples qui y auraient pourtant droit, faute d'en connaître l'existence ou les conditions d'attribution.

Instituée en 1948, cette majoration visait à compenser l'absence de revenus du conjoint d'un pensionné. Si elle a été supprimée pour les nouvelles retraites depuis le 1er janvier 2011, elle continue de s'appliquer pour ceux qui en bénéficiaient avant cette date. Selon les statistiques de l'Assurance retraite, environ 39 700 retraités perçoivent encore cet avantage, soit à peine 0,3 % des retraités de droit direct.

Le problème réside dans la complexité des démarches et le manque d'information. « Beaucoup de couples ignorent qu'ils remplissent les critères », reconnaissent les associations de défense des retraités. Or, sur une année complète, ce sont 609,80 euros qui peuvent ainsi échapper aux ménages éligibles.

Les conditions pour en bénéficier en 2026

Pour prétendre à cette majoration, plusieurs critères doivent être réunis. D'abord, la retraite doit avoir pris effet avant le 1er janvier 2011 et le bénéficiaire doit déjà percevoir la majoration. Le conjoint à charge doit avoir au moins 65 ans, ou 60 ans en cas d'inaptitude au travail reconnue. Il ne doit percevoir aucune pension, allocation ou rente au titre de l'assurance vieillesse ou invalidité.

Enfin, les ressources personnelles du conjoint ne doivent pas dépasser un plafond revalorisé chaque année. Au 1er janvier 2026, ce seuil est fixé à 992,77 euros par mois, soit 11 913,34 euros annuels. Si le conjoint perçoit un avantage vieillesse inférieur à ce plafond, la majoration correspond alors au différentiel entre ses revenus et ce montant maximum.

Le montant de la majoration reste fixé à 50,81 euros mensuels, un chiffre gelé depuis 1977. Une particularité qui interroge : en près de cinquante ans, cette somme n'a jamais été revalorisée, contrairement aux autres prestations de retraite. Cette situation résulte d'un choix politique assumé, la prestation ayant été conçue comme un dispositif transitoire voué à disparaître avec le développement de l'activité professionnelle des femmes.

Comment effectuer les démarches

Pour ceux qui remplissent les conditions et ne perçoivent pas encore cette majoration, la procédure passe par leur caisse de retraite. Un formulaire spécifique de demande de majoration pour conjoint à charge doit être complété et accompagné des justificatifs nécessaires : pièce d'identité du conjoint, attestation de ressources et tout document prouvant l'absence de revenus issus d'un régime de retraite ou d'invalidité.

Attention toutefois : le silence de l'administration pendant plus de quatre mois vaut décision de rejet. Il convient donc de relancer sa caisse si aucune réponse n'intervient dans ce délai. Une fois la majoration accordée, le bénéficiaire a l'obligation de signaler tout changement dans la situation financière ou familiale du conjoint sous peine de voir l'avantage suspendu.

Les fonctionnaires relèvent d'un circuit différent et doivent s'adresser à la Caisse des Dépôts, Direction des retraites et de la solidarité. Des formulaires dédiés sont disponibles sur leur site internet. Cette aide concerne principalement les hommes : en 2022, sur les 53 041 bénéficiaires recensés, 52 115 étaient des hommes dont l'épouse n'avait jamais travaillé ou très peu cotisé.

Cette répartition témoigne d'une réalité générationnelle où les femmes nées dans les années 1940-1950 n'exerçaient souvent pas d'activité professionnelle. Le montant minimum pour vivre dignement à la retraite reste d'ailleurs une préoccupation majeure pour ces générations. Autre sujet d'inquiétude pour les seniors : les nouvelles règles du cumul emploi-retraite qui pourraient pénaliser certains d'entre eux.

Avec le vieillissement naturel des bénéficiaires, ce dispositif est appelé à s'éteindre progressivement. Le nombre de bénéficiaires a chuté de près de 14 % entre 2023 et 2024. Pour autant, tant qu'ils remplissent les conditions, les couples concernés auraient tort de se priver de ces quelque 610 euros annuels. Une somme modeste certes, mais qui peut représenter un appoint bienvenu pour des ménages souvent modestes.

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