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Groenland : Macron annonce des renforts militaires français "terrestres, aériens et maritimes"

Lors de ses vœux aux armées prononcés depuis la base aérienne d'Istres ce jeudi 15 janvier, le président Emmanuel Macron a annoncé le renforcement imminent de la présence militaire française au Groenland. Une quinzaine de chasseurs alpins sont déjà déployés à Nuuk et seront rejoints "dans les prochains jours" par des moyens terrestres, aériens et maritimes.

La France accélère son engagement dans l'Arctique. "La France a décidé de se joindre à l'exercice programmé et lancé par le Danemark de manière souveraine et indépendante", a déclaré le chef de l'État devant les militaires rassemblés. Cette annonce intervient alors que les tensions autour du territoire autonome danois atteignent un niveau inédit, le président américain Donald Trump ayant multiplié les déclarations menaçantes sur une possible annexion.

Olivier Poivre d'Arvor, ambassadeur français pour les pôles et les océans, a précisé que les soldats actuellement positionnés à Nuuk sont des "spécialistes de haute montagne". Selon plusieurs sources, une trentaine de chasseurs alpins supplémentaires devaient rejoindre le territoire arctique entre jeudi et vendredi, avant l'arrivée des renforts annoncés par le président.

La mission Arctic Endurance, réponse européenne aux ambitions américaines

Le déploiement français s'inscrit dans le cadre de l'opération "Arctic Endurance", une mission militaire européenne coordonnée par le Danemark. Outre la France, la Suède, l'Allemagne et la Norvège participent à cet exercice. Berlin a notamment annoncé l'envoi d'une équipe de reconnaissance de 13 soldats à bord d'un Airbus A400M.

Cette coalition européenne vise un double objectif : rassurer Washington sur la sécurité de l'île tout en affirmant l'appartenance du Groenland à la sphère européenne. "L'Union européenne a une responsabilité stratégique au Groenland", a souligné le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. "La sécurité de l'Arctique est indissociable de la nôtre, de la sécurité européenne."

Le contexte géopolitique rend cette mobilisation particulièrement urgente. À l'issue d'une rencontre à la Maison-Blanche, le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen a reconnu un "désaccord fondamental" avec les États-Unis. "Il est clair que le président Trump nourrit le souhait de s'emparer du Groenland", a-t-il admis. Cette quête de souveraineté militaire européenne prend une dimension nouvelle face aux pressions américaines.

Un effort budgétaire sans précédent pour la défense française

Au-delà du Groenland, Emmanuel Macron a profité de cette allocution pour annoncer une hausse substantielle du budget de la défense. L'objectif : 36 milliards d'euros supplémentaires pour la période 2026-2030, dont 3,5 milliards dès cette année. Avec cette trajectoire, le budget des armées aura quasiment doublé sous les deux mandats présidentiels pour atteindre 64 milliards d'euros annuels dès 2027.

Le président a également averti que la France se trouve désormais "à portée du feu russe", appelant à l'acquisition de nouveaux systèmes d'armes pour "changer la donne à court terme". Cette modernisation comprend notamment la commande récente de deux avions de surveillance GlobalEye pour 1,1 milliard d'euros.

Du côté russe, la diplomatie a exprimé sa "sérieuse inquiétude" face à cette présence accrue de l'OTAN dans l'Arctique, dénonçant une "militarisation accélérée du Nord". Moscou estime que l'Alliance utilise le prétexte d'une menace imaginaire pour justifier son expansion. Emmanuel Macron a cependant tenu à préciser sa ligne : agir "sans escalade, mais intraitables sur le respect de la souveraineté territoriale".

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