OM-Strasbourg : le Vélodrome au bord de l'explosion, des supporters forcent les accès VIP
La soirée du vendredi 14 février au Vélodrome restera gravée dans les mémoires marseillaises. Après un match nul frustrant face à Strasbourg (2-2), des supporters en colère ont tenté de forcer l'accès aux salons présidentiels où se trouvaient Pablo Longoria et Frank McCourt. L'intervention des CRS a été nécessaire pour contenir la foule. Une crise sans précédent secoue l'Olympique de Marseille.
Le coup de sifflet final n'a pas marqué la fin des hostilités au Vélodrome. Bien au contraire. Alors que les joueurs regagnaient les vestiaires après un énième résultat décevant, un groupe de supporters particulièrement remontés s'est dirigé vers les zones officielles du stade, tentant de forcer les portes menant aux salons présidentiels. Les stadiers, rapidement débordés, ont dû céder le relais aux forces de l'ordre. Les CRS ont bloqué et sécurisé les accès stratégiques du parvis pour empêcher tout envahissement.
Si aucun blessé n'a été signalé, l'épisode illustre le fossé désormais béant entre la direction du club et sa base populaire. La présence conjointe du président Pablo Longoria et du propriétaire Frank McCourt, tous deux visés par des banderoles réclamant leur départ, n'a fait qu'attiser la colère des tribunes.
Un climat de contestation installé depuis des semaines
Les incidents du 14 février ne sont pas un coup de tonnerre isolé. Dès le 3 février, lors du match de Coupe de France face à Rennes, le Vélodrome avait affiché sa colère. Un tifo dans le virage rappelait la date du « 28/01/2026 », référence à la déroute historique face au PSG, tandis qu'une autre banderole martelait : « Manque de stabilité, d'ambition et de couilles. Tous responsables. Honte à vous. »
Contre Strasbourg, la contestation a franchi un nouveau palier. Avant même le coup d'envoi, le Virage Depé est resté désert pendant les quinze premières minutes, une grève des encouragements spectaculaire relayée par La Provence. La zone CU 84 a été intégralement fermée. Le message des ultras était limpide : ce n'est plus seulement le sportif qui pose problème, c'est toute la gouvernance du club.
Une cascade de départs qui alimente la crise
La spirale descendante s'est accélérée depuis la gifle infligée par le Paris Saint-Germain (5-0) lors du Classique. Ce résultat humiliant a entraîné le licenciement nocturne de Roberto De Zerbi, dont le bilan européen s'était déjà soldé par une élimination sans gloire de la Ligue des Champions après une défaite 3-0 à Bruges. Depuis, c'est Jacques Abardonado qui assure l'intérim sur le banc, sans réelle légitimité aux yeux des supporters.
Parallèlement, le conseiller sportif Medhi Benatia a manifesté des velléités de démission, tandis que Giovanni Rossi, autre cadre de l'organigramme, serait sur le départ. La recherche d'un successeur à De Zerbi s'éternise, avec des pistes allant de Habib Beye à Sérgio Conceição, sans qu'aucune n'aboutisse pour l'instant.
Ce nouvel épisode de violence au Vélodrome place l'OM dans une situation institutionnelle critique. Les groupes de supporters exigent des comptes et avaient déjà obtenu une réunion de crise avec la direction et les joueurs début février. Mais les mots n'ont visiblement pas suffi à apaiser les esprits. À Marseille, la passion ne pardonne pas la médiocrité, et la patience des fidèles du Vélodrome semble définitivement épuisée.