Crédit immobilier : l'apport personnel moyen en forte baisse en France
Bonne nouvelle pour les candidats à l'accession à la propriété en France. L'apport personnel moyen exigé par les banques pour obtenir un crédit immobilier connaît un recul significatif. Selon les dernières données des courtiers et de l'Observatoire Crédit Logement/CSA, cette tendance profite en premier lieu aux primo-accédants, dont le ticket d'entrée sur le marché n'a jamais été aussi bas depuis plusieurs années.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. D'après le courtier Meilleurtaux, le montant moyen de l'apport personnel, tous profils confondus, est passé de 63 700 euros en 2023 à 51 800 euros fin 2025. En parallèle, le poids de cet apport dans le budget global des ménages a chuté de 38 % à 28 %, soit une baisse de dix points en deux ans. « La concurrence entre les banques s'est intensifiée, chaque établissement cherchant à reconquérir des parts de marché après une période de vaches maigres », analyse un observateur du secteur.
L'Observatoire Crédit Logement/CSA confirme cette dynamique. Le taux d'apport a reculé de 1,5 point pour l'immobilier neuf, passant de 18,1 % à 16,6 %, et de deux points dans l'ancien, de 22,7 % à 20,7 %. Un signal clair envoyé par les établissements bancaires, qui assouplissent leurs critères pour capter une clientèle longtemps découragée par des conditions d'accès jugées trop strictes.
Les primo-accédants, grands gagnants de cette détente
Ce sont les primo-accédants qui tirent le plus grand profit de cette évolution. Leur apport moyen a fondu, passant de 44 700 euros à seulement 28 600 euros, soit un niveau qui repasse sous la barre symbolique des 20 % du montant emprunté. Selon les données du courtier CAFPI, l'apport moyen pour cette catégorie d'acheteurs s'établit autour de 57 844 euros pour un bien de 254 513 euros, tandis que les secundo-accédants mobilisent en moyenne 83 378 euros.
Les disparités régionales demeurent toutefois marquées. Dans les Hauts-de-France, un primo-accédant peut espérer acheter avec un apport de seulement 13 900 euros. En Nouvelle-Aquitaine nord, ce montant atteint 14 300 euros, et en Occitanie, 23 800 euros. À l'inverse, l'Île-de-France exige toujours un effort conséquent avec 66 800 euros d'apport moyen, suivie de Provence-Alpes-Côte d'Azur (56 200 euros) et de Rhône-Alpes (41 000 euros).
Du côté des grandes métropoles, Paris reste en tête du classement avec un apport moyen de 131 238 euros, devant Lyon (125 074 euros) et Nice. Fait notable, la capitale a enregistré la baisse la plus spectaculaire, avec un recul de 41 % par rapport à l'année précédente. Nantes suit de près avec une chute de 29 %, l'apport y passant de 90 395 euros à 64 733 euros.
Un contexte favorable mais des incertitudes à l'horizon
Plusieurs facteurs expliquent cet assouplissement. La baisse continue des taux d'intérêt, passés d'environ 4,5 % fin 2023 à une fourchette de 3,20 % à 3,35 % pour un prêt sur vingt ans, a redonné du pouvoir d'achat immobilier aux ménages. La production de nouveaux crédits à l'habitat a bondi de 87 %, passant de 7 milliards d'euros en mars 2024 à 13,1 milliards en juillet 2025, selon la Banque de France. Le recul des prix de l'immobilier dans de nombreuses villes contribue également à réduire mécaniquement le montant de l'apport nécessaire.
Pour autant, la prudence reste de mise. Début 2026, les taux amorcent une légère remontée, le taux moyen atteignant 3,17 % en décembre 2025 selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. Les banques maintiennent par ailleurs le seuil d'endettement maximal à 35 %, assurance emprunteur comprise. Si les prêts sans apport font un timide retour, ils restent réservés aux dossiers les plus solides.
Rappelons qu'aucune loi n'impose un apport personnel minimum pour obtenir un crédit immobilier. Les prêts à 110 %, qui couvraient également les frais annexes, représentaient un tiers des dossiers lorsque les taux avoisinaient 1 %. Ils avaient presque disparu pendant la crise inflationniste mais refont progressivement surface. Les experts conseillent néanmoins de viser un apport d'au moins 10 % du prix du bien pour couvrir les frais de notaire et obtenir des conditions de financement optimales.