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À Gaza, Donald Trump annonce un « conseil de la paix » alors que la détresse humanitaire reste immense

Dans une enclave où les habitants sont encore largement privés de nourriture, d’eau et de médicaments, Donald Trump a annoncé la formation d’un « conseil de la paix » chargé de superviser la reconstruction et l’administration de Gaza. Mais sur le terrain, la détresse humanitaire reste immense.

Deux ans après le début de la guerre, Gaza demeure une terre exsangue. Ce jeudi, la Maison Blanche a confirmé la création d’un « conseil de la paix », une instance présidée directement par le président américain Donald Trump. Selon Washington, ce conseil aura pour mission de « superviser le comité palestinien chargé d’administrer l’enclave ». L’annonce s’inscrit dans la deuxième phase du plan de paix dévoilé mercredi, présenté comme une nouvelle étape de la « stabilisation régionale ».

Mais dans les ruelles dévastées de Gaza, la réalité se mesure en litres d’eau potable et en calories. Les correspondants de l’Agence France-Presse décrivent chaque jour des scènes de survie : files d’attente pour un peu de farine, hôpitaux sans électricité, réservoirs d’eau contaminés. « Les gens font bouillir l’eau de mer pour boire, certains brûlent des débris de plastique pour cuisiner », témoigne un médecin local. Les frontières et points d’accès de l’enclave restent sous contrôle israélien, compliquant toute aide humanitaire durable.

Un geste politique sous tension

Pour la Maison Blanche, cette annonce marque un tournant. « Le président Trump estime qu’un nouvel ordre de gouvernance est nécessaire pour garantir la sécurité et la prospérité des civils », a déclaré la porte-parole du Conseil national de sécurité, citée par le New York Times. Le projet prévoit la mise en place d’un comité de coordination incluant des représentants israéliens, palestiniens et américains, sous supervision directe du Pentagone pour les aspects logistiques.

Mais sur le plan diplomatique, cette décision suscite des interrogations. Du côté palestinien, plusieurs responsables dénoncent une initiative unilatérale : « Il n’y a pas de paix durable sans souveraineté », affirme un membre du comité exécutif de l’OLP. Les Nations unies, de leur côté, rappellent que toute structure politique à Gaza doit respecter le droit international et la volonté du peuple palestinien. Un rapport du Bureau des affaires humanitaires de l’ONU souligne que plus de 80 % des habitants dépendent désormais de l’aide extérieure, et que la majorité des infrastructures civiles reste inutilisable.

Dans ce contexte, l’annonce de Washington apparaît comme une promesse fragile. « Ce conseil n’aura de sens que si la vie reprend, si l’électricité revient, si les enfants peuvent aller à l’école », rappelle une survivante des terribles bombardements israéliens. 

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