Janvier 1985 : quand Nice croulait sous 40 cm de neige et la France sous -48°C
Il y a quarante et un ans, la France vivait l'un des épisodes météorologiques les plus extrêmes de son histoire. Entre le 3 et le 18 janvier 1985, une vague de froid sibérienne s'abattait sur l'Hexagone, faisant chuter les températures jusqu'à -48,5°C dans le Jura et ensevelissant Nice sous près de 40 centimètres de neige. Un événement que la récente vague de froid de janvier 2026 a remis dans toutes les mémoires.
Les images de la Promenade des Anglais recouverte d'un épais manteau blanc restent gravées dans la mémoire collective. Les 8 et 9 janvier 1985, la capitale azuréenne se retrouvait paralysée sous 35 à 50 centimètres de neige, un phénomène d'une rareté absolue pour cette ville méditerranéenne habituée aux hivers doux. L'aéroport international de Nice-Côte d'Azur dut fermer ses portes, et les habitants découvrirent que le ski devenait le moyen de locomotion le plus adapté pour se déplacer en ville.
Mais la Côte d'Azur n'était pas la seule touchée. Dans le Jura, à La Combe Noire, le thermomètre affichait un record absolu de -48,5°C, une température digne des régions arctiques. À Paris, les Parisiens grelottaient sous -18°C, tandis que Luxeuil-les-Bains enregistrait -24°C. Reims, Troyes, Nevers et Clermont-Ferrand n'étaient pas en reste, avec des minimales oscillant autour de -23°C.
Un bilan humain dramatique
Cette vague de froid polaire ne fut pas qu'un simple épisode météorologique spectaculaire. Elle se solda par un bilan humain terrible : près de 9 000 décès supplémentaires furent attribués à ces conditions extrêmes, soit une surmortalité de 12%. Les plus fragiles, notamment les personnes âgées et les sans-abri, payèrent le plus lourd tribut à ce froid implacable.
Les infrastructures furent également mises à rude épreuve. Le pont suspendu de Sully-sur-Loire s'effondra le 16 janvier sous l'effet du gel. À Paris, 40 000 foyers se retrouvèrent privés d'électricité pendant trois jours. Des incendies ravagèrent l'hospice de Grandvilliers et un quartier historique de Troyes, les canalisations gelées empêchant les pompiers d'intervenir efficacement. Face à l'ampleur des dégâts, plusieurs régions, dont la Côte d'Azur, furent déclarées zones sinistrées.
Janvier 2026 : un rappel de 1985 ?
La récente vague de froid qui a frappé la France début janvier 2026 a ravivé le souvenir de cet épisode historique. Pendant trois jours consécutifs, du 4 au 6 janvier, la température moyenne nationale est restée sous la barre des 0°C. Dans le Doubs, à la station de Mouthe, quatre nuits consécutives sous -20°C ont été enregistrées, du jamais vu depuis... janvier 1985.
Certes, l'intensité n'a pas atteint les sommets de 1985. Le record de janvier 2026 s'établit à -23,5°C aux Fourgs, dans le Doubs, loin des -48,5°C du Jura quarante et un ans plus tôt. À Paris, les 7 centimètres de neige tombés représentent néanmoins la plus importante chute depuis février 2018. Ce retour du froid en Méditerranée interroge sur la persistance de ces épisodes malgré le réchauffement climatique.
Les météorologues rappellent que de tels événements, bien que de plus en plus rares, restent possibles. Le changement climatique n'élimine pas les vagues de froid, il en modifie simplement la fréquence et parfois l'intensité. L'épisode de 1985 demeure ainsi une référence historique, un rappel que la nature peut encore surprendre même les régions les plus tempérées de l'Hexagone.