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DGFiP : 2 millions de Français victimes d'une double cyberattaque

La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a confirmé le 13 août avoir subi deux cyberattaques d'ampleur inédite, exposant les données personnelles et fiscales de plus de 2,7 millions de Français. La première intrusion, survenue fin juin 2026, a compromis les informations de 678 000 personnes, dont 386 millionnaires. Un mois plus tard, une seconde offensive a visé 2 millions de contribuables supplémentaires via le fichier cadastral.

La première attaque, détectée fin juin 2026, a exploité une méthode d'usurpation d'identité particulièrement sophistiquée. Les cybercriminels ont piraté deux comptes légitimes : celui d'un agent de la DGFiP et celui d'un tiers habilité à consulter les données fiscales. Cette double compromission leur a permis d'accéder aux informations sensibles de 392 867 particuliers et 285 570 professionnels. Parmi les victimes figurent 26 805 contribuables aux revenus supérieurs à 100 000 euros annuels, 386 millionnaires et même 8 personnes déclarant plus de 10 millions d'euros de revenus. Les données dérobées incluent le numéro fiscal, l'état civil complet, les coordonnées, la situation familiale, le revenu fiscal de référence et le taux de prélèvement à la source.

Cette double cyberattaque s'inscrit dans une série noire qui frappe les administrations françaises depuis le début de l'année 2026. En janvier, le fichier FICOBA (Fichier des Comptes Bancaires) avait déjà été compromis, exposant les informations de 1,2 million de comptes bancaires. Sur l'ensemble de l'année 2025, la DGFiP avait enregistré pas moins de 6972 tentatives de cyberattaques, témoignant d'une pression croissante des cybercriminels sur les systèmes d'information de Bercy. Cette recrudescence des offensives numériques révèle l'attractivité particulière des données fiscales, véritables mines d'or pour les fraudeurs qui peuvent les exploiter pour usurper des identités, monter des escroqueries ciblées ou revendre ces informations sur les marchés clandestins du dark web.

Un hacker revendique une seconde intrusion massive

Le 29 juillet 2026, soit un mois après la première attaque, un pirate informatique se présentant sous le pseudonyme "ZeroBytes" a revendiqué une nouvelle intrusion dans les systèmes de la DGFiP. Cette fois, ce sont 252 149 lignes du fichier cadastral qui ont été exfiltrées, concernant potentiellement 2 041 778 personnes. Cette seconde offensive révèle la vulnérabilité persistante des infrastructures numériques de l'administration fiscale, malgré les mesures qui auraient dû être prises après la première compromission. L'ampleur du piratage de l'ANTS, qui avait touché 12 millions de Français début 2026, semble malheureusement se reproduire dans les services de Bercy.

Le délai de 48 jours entre l'intrusion initiale et la confirmation officielle du 13 août interroge sur la réactivité de l'administration. Pendant cette période, les données volées ont pu circuler sur le dark web et être exploitées pour des tentatives de fraude fiscale, d'usurpation d'identité ou de phishing ciblé. La DGFiP a indiqué avoir déposé plainte auprès du Parquet de Paris, qui a ouvert une enquête judiciaire. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a commandé un audit de sécurité complet pour identifier les failles ayant permis ces intrusions successives.

Ce retard de notification soulève également des questions sur le respect des obligations légales en matière de protection des données personnelles. Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) impose en effet aux organismes victimes de violations de notifier la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) dans un délai maximal de 72 heures suivant la découverte de la fuite. Or, avec 48 jours écoulés entre l'intrusion et l'annonce publique, la DGFiP s'expose potentiellement à des sanctions administratives. Au-delà de l'aspect réglementaire, ce délai prolongé a laissé les contribuables concernés sans information ni mise en garde pendant plus d'un mois et demi, les privant de la possibilité de prendre rapidement des mesures de protection contre l'exploitation frauduleuse de leurs données.

Des millionnaires particulièrement exposés

La présence de 386 millionnaires parmi les victimes de la première attaque soulève des préoccupations spécifiques en matière de sécurité financière. Ces contribuables à hauts revenus, dont les informations détaillées sur la millionnaires français et leur fiscalité sont désormais entre les mains de cybercriminels, constituent des cibles privilégiées pour des arnaques sophistiquées ou des tentatives d'extorsion. Les 8 ultra-riches déclarant plus de 10 millions d'euros de revenus annuels font face à des risques encore plus élevés. La DGFiP recommande à toutes les personnes concernées de renforcer la surveillance de leurs comptes bancaires et de se méfier de toute sollicitation prétendant émaner de l'administration fiscale.

Face à cette situation, la DGFiP diffuse plusieurs recommandations essentielles à destination des contribuables concernés. L'administration fiscale rappelle qu'elle ne demande jamais de communiquer des informations bancaires par téléphone ou par courriel, et qu'elle n'envoie jamais de SMS ou d'emails contenant des liens de connexion à l'espace personnel. Les victimes potentielles sont invitées à consulter régulièrement leur espace personnel sur impots.gouv.fr pour vérifier toute activité suspecte, à activer l'authentification à double facteur, et à signaler immédiatement tout message douteux via la plateforme Pharos ou le service Signal-Spam. Il est également conseillé de surveiller attentivement les relevés bancaires et de contacter sa banque au moindre prélèvement inhabituel, ainsi que de déposer plainte en cas de tentative d'escroquerie avérée.

Cette double cyberattaque met en lumière les enjeux critiques de la cybersécurité dans les administrations publiques françaises. Avec plus de 2,7 millions de victimes potentielles, c'est l'une des plus importantes fuites de données fiscales jamais recensées en France. Les autorités appellent les contribuables concernés à la vigilance maximale et annoncent des mesures de renforcement de la sécurité des systèmes d'information de la DGFiP. L'audit commandé par le ministre devrait révéler dans les prochaines semaines l'étendue des vulnérabilités exploitées et les correctifs nécessaires pour éviter qu'un tel scénario ne se reproduise.

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