sfy39587stp17
Aller au contenu principal

JO 2026 : combien gagne un médaillé selon son pays ? Des écarts vertigineux

Alors que les Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina 2026 battent leur plein, la question des primes versées aux médaillés révèle des écarts spectaculaires entre les nations. De Singapour, qui offre près de 750 000 euros pour une médaille d'or, à la Norvège, qui ne verse rien du tout, le fossé est vertigineux. Tour d'horizon des récompenses promises aux athlètes, entre chèques records, appartements et pièces d'or.

Le Comité international olympique (CIO) ne verse aucune prime aux médaillés. Ce sont les comités olympiques nationaux et les gouvernements qui fixent leurs propres barèmes. Et les disparités sont considérables : selon une enquête de Forbes, au moins 37 délégations sur les 92 présentes à Milan-Cortina ont prévu de rémunérer leurs athlètes en cas de podium. Treize pays promettent même un chèque supérieur à 100 000 dollars pour chaque médaille d'or individuelle.

En tête du classement mondial, Singapour promet environ 750 000 euros à ses champions olympiques, suivi de près par Hong Kong avec 650 000 euros. Des sommes colossales qui s'expliquent par la rareté des médailles dans ces territoires, où chaque podium revêt une portée symbolique immense. Le Kazakhstan complète le podium des nations les plus généreuses avec environ 210 000 euros pour l'or. La Pologne, avec quelque 170 000 euros, et l'Italie, avec 180 000 euros, ferment le top 5 mondial.

L'Italie, pays hôte, joue la carte de la générosité

L'Italie a décidé de marquer ces Jeux à domicile en offrant des primes parmi les plus élevées d'Europe. Les champions olympiques italiens toucheront 180 000 euros, les médaillés d'argent 90 000 euros et ceux en bronze 60 000 euros. Surtout, pour la première fois, ces primes seront exonérées d'impôt, une mesure inédite qui fait de l'Italie le pays européen le plus généreux pour ses athlètes.

À titre de comparaison, la France a maintenu le barème appliqué lors des Jeux de Paris 2024 : 80 000 euros pour l'or, 40 000 pour l'argent et 20 000 pour le bronze. Il s'agit des montants les plus élevés jamais accordés par l'État français pour des Jeux d'hiver, en nette hausse par rapport à Pékin 2022 où l'or ne rapportait que 65 000 euros. Les primes sont cumulables : un athlète tricolore qui décrocherait trois médailles d'or empocherait 240 000 euros bruts. Mais contrairement à l'Italie, ces primes restent soumises à l'impôt sur le revenu depuis les Jeux de Tokyo en 2021.

La Pologne se distingue par l'originalité de ses récompenses. Au-delà d'un chèque d'environ 170 000 euros pour l'or, les champions polonais reçoivent une Toyota Corolla, un appartement meublé de deux pièces, une œuvre d'art, un bon de voyage et des bijoux. Ils bénéficient aussi d'une pension à vie de 1 213 euros par mois à partir de 40 ans, revalorisée chaque année. La Hongrie adopte une logique similaire avec une rente viagère versée dès 35 ans, en complément d'une prime de 142 000 euros pour l'or.

Des philosophies radicalement opposées

L'Espagne offre environ 94 000 euros pour l'or individuel, tandis que la Grèce, fidèle à une tradition inscrite dans la loi, propose 90 000 euros. Chypre se montre également généreuse avec 149 000 euros pour un titre olympique. L'Allemagne, en revanche, reste plus modeste avec 30 000 euros pour l'or, mais compense par une exonération fiscale totale qui augmente sensiblement la valeur réelle de la prime.

Les États-Unis surprennent par la relative faiblesse de leurs primes officielles : 37 500 dollars pour l'or, soit environ 34 500 euros. Mais un don de 100 millions de dollars du philanthrope Ross Stevens garantit désormais à chaque athlète américain un soutien financier de 200 000 dollars sur l'ensemble de sa vie, indépendamment de ses résultats sportifs.

À l'autre extrémité du spectre, la Norvège et la Suède, pourtant superpuissances des sports d'hiver, ne versent aucune prime directe à leurs médaillés. Oslo préfère investir massivement en amont dans les structures d'entraînement et la formation des athlètes. Le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie figurent également parmi les nations les moins généreuses, avec des primes comprises entre 2 500 et 12 000 euros seulement.

Au-delà des chèques officiels, les contrats de sponsoring, les partenariats privés et l'exposition médiatique pèsent souvent davantage dans les revenus d'un athlète olympique. Un champion de biathlon ou de ski alpin dispose d'une capacité de valorisation bien supérieure à un médaillé dans une discipline confidentielle. Mais ces primes d'État, par leur diversité, révèlent les visions profondément différentes que les nations entretiennent avec le sport de haut niveau : investissement collectif en amont pour les uns, récompense individuelle au mérite pour les autres.

sfy39587stp16