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Cyberattaque russe contre l'Italie : 120 sites visés avant les JO de Milan-Cortina

À deux jours de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina, l'Italie a révélé avoir déjoué une série de cyberattaques « d'origine russe » visant près de 120 sites, dont des infrastructures liées à la compétition sportive. Le groupe de hackers pro-russe NoName057(16) a revendiqué ces actions, justifiées selon eux par le soutien italien à l'Ukraine.

Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a confirmé mercredi 4 février que les services de cybersécurité du pays avaient réussi à contrer cette offensive numérique d'envergure. « Nous avons déjoué une cyberattaque visant plusieurs sites du ministère des Affaires étrangères, à commencer par celui de Washington, ainsi que certains lieux liés aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, notamment des hôtels de la région de Cortina d'Ampezzo », a déclaré le chef de la diplomatie italienne lors d'une conférence de presse.

Parmi les cibles figuraient l'ambassade d'Italie à Washington, plusieurs hôtels de la station alpine de Cortina d'Ampezzo — l'une des principales villes hôtes des épreuves — ainsi que diverses infrastructures gouvernementales. Au total, environ 120 sites auraient été visés par cette vague d'attaques par déni de service (DDoS), une technique consistant à saturer les serveurs pour les rendre inaccessibles.

Le groupe NoName057 revendique les attaques

Le collectif de hackers pro-russe NoName057(16), déjà connu pour avoir paralysé le site de La Poste en France pendant les fêtes de Noël, a revendiqué ces opérations. Dans un communiqué, le groupe a justifié son action par « l'orientation pro-ukrainienne du gouvernement italien », affirmant que « le soutien apporté aux terroristes ukrainiens est puni par nos missiles DDoS ».

Ce groupe, impliqué dans près de 2 200 attaques en France depuis 2023, avait déjà intensifié ses opérations contre l'Italie après que le président Sergio Mattarella eut comparé la Russie au Troisième Reich. Des institutions financières, des fabricants d'armes et des entreprises de transport public avaient alors été ciblées, dont Mediobanca, Nexi et plusieurs ministères.

Face à cette menace, l'Italie avait anticipé. Depuis le 26 janvier, des policiers spécialisés en cybersécurité sont déployés sur les principaux sites olympiques. Leur mission : protéger les infrastructures informatiques essentielles et surveiller le réseau pour prévenir toute initiative terroriste. Le gouvernement de Giorgia Meloni a consacré 30 millions d'euros en 2025 et 114 millions d'euros en 2026 au volet sécuritaire de l'événement.

Un contexte géopolitique tendu

Cette cyberattaque s'inscrit dans un climat de tensions entre Rome et Moscou. La Russie, traditionnelle puissance olympique, ne sera représentée que par 13 athlètes sous bannière neutre à Milan-Cortina 2026, sanction imposée par le Comité international olympique après l'invasion de l'Ukraine en février 2022.

Les Jeux olympiques constituent des cibles privilégiées pour les cyberattaques. Lors des JO de Paris en 2024, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) avait recensé 141 incidents de cybersécurité liés à la compétition, sans qu'aucun n'affecte le déroulement des épreuves. L'Italie, qui table sur 5,3 milliards d'euros de retombées économiques, entend bien éviter tout incident majeur.

Quelque 6 000 membres des forces de l'ordre, dont des tireurs d'élite, des unités cynophiles et anti-terrorisme, assureront la sécurité physique de l'événement qui se tiendra du 6 au 22 février. Sur le front numérique, la vigilance reste maximale alors que la cérémonie d'ouverture approche.

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