Achraf Hakimi sera jugé pour viol : la cour d'appel confirme le renvoi
La cour d'appel de Versailles a confirmé ce vendredi 19 juin 2026 le renvoi d'Achraf Hakimi devant une cour criminelle. Le défenseur international marocain du Paris Saint-Germain, qui dispute actuellement la Coupe du monde avec les Lions de l'Atlas, sera jugé pour viol après le rejet de son appel. Le joueur, qui clame son innocence depuis le début de l'affaire, devra désormais répondre des faits devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine.
La décision est tombée vendredi matin. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a confirmé la mise en accusation d'Achraf Hakimi, suivant en cela la décision prise par le juge d'instruction fin février, dont le footballeur avait fait appel. Le 25 février, le joueur avait contesté son renvoi devant la cour criminelle et sollicité un non-lieu, une demande examinée lors d'une audience tenue le 22 mai dernier.
Concrètement, l'appel du défenseur a été rejeté et les faits n'ont pas été requalifiés en une infraction de moindre gravité. L'international marocain sera donc jugé par la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine, une juridiction compétente pour les crimes punis de quinze à vingt ans de réclusion. Aucune date d'audience n'a, pour l'heure, été communiquée par les autorités judiciaires, et le calendrier dépendra de l'encombrement de la juridiction.
Ce type de cour criminelle départementale, généralisé ces dernières années, juge les crimes sans jury populaire, une formation composée uniquement de magistrats professionnels. Le verdict rendu pourra, le cas échéant, faire l'objet d'un appel devant une cour d'assises classique. La décision de ce vendredi clôt en tout cas la phase d'instruction et ouvre la voie à un procès très attendu.
Une affaire qui remonte à février 2023
Les faits reprochés au joueur remontent à la fin du mois de février 2023. À l'époque, une jeune femme, alors âgée de 24 ans comme le footballeur, s'était présentée dans un commissariat du Val-de-Marne pour déclarer avoir été violée, sans toutefois déposer plainte dans un premier temps. Selon une source policière citée à l'époque, elle avait fait la connaissance d'Achraf Hakimi en janvier 2023 sur le réseau social Instagram.
Toujours selon le récit de la plaignante, elle s'était rendue au domicile du joueur dans une voiture de transport avec chauffeur (VTC) commandée par ce dernier. Elle a affirmé que le footballeur l'avait embrassée et avait commis des attouchements sans son consentement, avant de la violer. La jeune femme a indiqué être parvenue à le repousser, puis avoir contacté une amie par SMS, laquelle serait venue la récupérer.
À la suite de ces déclarations, Achraf Hakimi avait été mis en examen pour viol en mars 2023 et placé sous contrôle judiciaire. Le joueur a, depuis, toujours nié les faits qui lui sont reprochés. Il convient de rappeler qu'à ce stade de la procédure, le défenseur du PSG demeure présumé innocent, son éventuelle culpabilité ne pouvant être établie qu'à l'issue d'un procès équitable.
Le joueur clame son innocence
Tout au long de l'instruction, Achraf Hakimi a maintenu sa version des faits. « Je sais que cette accusation est fausse. Je me sens tranquille et je suis concentré pour la suite. Je laisse cela entre les mains de mes avocats et de la justice », déclarait-il en avril 2026. Sur les réseaux sociaux, le joueur a de nouveau réagi ce vendredi, affirmant avoir choisi de se taire pendant des années et avoir fait confiance à l'institution judiciaire.
Son avocate, Me Fanny Colin, a pour sa part dénoncé une « tentative de racket » à l'encontre de son client. Lors du renvoi devant la cour criminelle, la défense avait estimé que l'« accusation repose sur la seule parole d'une femme qui a fait obstacle à toutes les investigations, qui a refusé tous les examens médicaux et recherches ADN, qui a refusé l'exploitation de son téléphone portable, qui a refusé de donner le nom d'un témoin clé ».
Cette décision judiciaire intervient dans un contexte sportif singulier, alors que le capitaine des Lions de l'Atlas, habitué des grands rendez-vous internationaux, dispute la Coupe du monde 2026 avec la sélection marocaine. Au Maroc, l'affaire a suscité peu de réactions officielles : ni la Fédération ni le sélectionneur national n'ont commenté la situation de leur capitaine. Du côté parisien, l'entraîneur du PSG Luis Enrique s'était borné à déclarer que le dossier était « entre les mains de la justice », sans remettre en cause la place du joueur dans son effectif. La suite de la procédure dira si le défenseur, l'un des meilleurs à son poste sur la scène mondiale, devra concilier sa carrière avec les contraintes d'un procès aux assises.