Affaire Hakimi : le joueur du PSG renvoyé devant la cour criminelle pour viol
Le défenseur international marocain du Paris Saint-Germain, Achraf Hakimi, a été renvoyé ce mardi 24 février devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine pour viol. Le juge d'instruction a suivi les réquisitions du parquet de Nanterre, qui avait requis un procès dès août 2025. Le joueur de 27 ans, qui conteste fermement les faits, a annoncé par la voix de son avocate son intention de faire appel de cette décision.
Les faits remontent au 25 février 2023. Une jeune femme, qui avait fait connaissance avec Achraf Hakimi sur le réseau social Instagram quelques semaines auparavant, s'était rendue à son domicile de Boulogne-Billancourt. Selon le récit de la plaignante, le footballeur l'aurait embrassée et aurait commis des attouchements sans son consentement, avant de la violer. Elle affirme être parvenue à le repousser et avoir été récupérée par une amie contactée par SMS.
Quelques jours plus tard, la jeune femme s'était présentée dans un commissariat du Val-de-Marne pour déclarer les faits. Le 3 mars 2023, Achraf Hakimi avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de prendre contact avec la victime présumée. Depuis, l'instruction a suivi son cours pendant près de trois ans.
Un procès contesté par la défense
Sur le réseau social X, Achraf Hakimi a réagi à cette annonce avec fermeté : « Aujourd'hui, une accusation de viol suffit à justifier un procès alors même que je la conteste et que tout démontre qu'elle est fausse. J'attends avec calme ce procès qui permettra que la vérité éclate publiquement », a écrit l'international marocain.
Son avocate, Me Fanny Colin, a également vivement contesté la décision. Elle a souligné que « l'accusation repose sur la seule parole d'une femme qui a fait obstacle à toutes les investigations, qui a refusé tous les examens médicaux et recherches ADN, qui a refusé l'exploitation de son téléphone portable, qui a refusé de donner le nom d'un témoin-clé ». La défense a par ailleurs indiqué que deux expertises psychologiques de la plaignante auraient « révélé le manque de lucidité sur les faits qu'elle prétend dénoncer » et que des messages montreraient une intention de « dépouiller » le joueur.
Me Colin a confirmé qu'elle interjetait appel de cette ordonnance de renvoi devant la chambre de l'instruction.
La partie civile salue une décision « cohérente »
« Après trois ans de combat judiciaire, ma cliente accueille avec soulagement l'ordonnance de mise en accusation d'Achraf Hakimi devant la cour criminelle départementale pour viol », a déclaré Me Rachel-Flore Pardo, avocate de la plaignante. Pour cette dernière, la justice a été « exemplaire » dans le traitement de ce dossier. « Il reste des milieux où le mouvement MeToo n'a pas franchi le mur du son, avec, en première ligne, le monde du football masculin », a-t-elle ajouté.
L'ordonnance de renvoi est, selon la partie civile, « parfaitement cohérente avec les éléments du dossier et les réquisitions du procureur de la République ».
Ce renvoi intervient dans un contexte sportif particulier pour le joueur, à la veille de la réception de l'AS Monaco par le PSG au Parc des Princes en match de barrage retour de la Ligue des champions. Le club parisien n'a pas encore réagi officiellement à cette décision judiciaire.
Aucune date de procès n'a été fixée à ce stade. Si l'appel de la défense est rejeté, Achraf Hakimi comparaîtra devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine, en région parisienne. Compte tenu des délais habituels de la justice française, l'audience ne devrait pas se tenir avant plusieurs mois. L'affaire suit désormais son cours, et la présomption d'innocence prévaut jusqu'à ce qu'un jugement définitif soit rendu.