Marseille : des planchers s'effondrent, une centaine de pompiers mobilisés
Un immeuble en cours de travaux situé rue Halle Delacroix, à proximité de la rue d'Aubagne, a vu ses planchers s'effondrer ce jeudi soir au cœur de Marseille. Une centaine de marins-pompiers ont été immédiatement dépêchés sur place pour sécuriser l'édifice. Plusieurs habitants du quartier ont dû être évacués dans l'urgence, et au moins quatre personnes ont été incommodées par d'importants dégagements de poussière. Le maire de Marseille a appelé la population à éviter le secteur afin de faciliter les opérations de secours et de sécurisation, encore en cours dans la soirée.
L'incident s'est produit en fin de soirée dans ce quartier historique du centre-ville marseillais. Les planchers du cinquième étage d'un immeuble en pleine rénovation ont cédé, provoquant un effondrement spectaculaire accompagné d'un épais nuage de poussière qui a envahi les rues avoisinantes. Les riverains, surpris par le bruit sourd de la chute, ont alerté les secours dans les plus brefs délais. La rapidité de l'intervention des pompiers a permis de limiter les conséquences humaines de cet accident.
La rue Halle Delacroix, artère commerçante animée, est nichée à quelques mètres seulement de la rue d'Aubagne, tristement célèbre depuis l'effondrement meurtrier de novembre 2018. Ce secteur du centre historique de Marseille est marqué par un parc immobilier particulièrement ancien, dont une grande partie nécessite des travaux de réhabilitation urgents. C'est précisément dans ce contexte de rénovation intensifiée que le drame s'est produit, rappelant à nouveau la fragilité des structures bâties plusieurs décennies, voire plusieurs siècles, sans entretien suffisant.
Le chantier concerné était visiblement en cours depuis plusieurs semaines. Les voisins signalent que des travaux importants étaient menés depuis quelque temps à cet endroit, avec des engins et des équipes régulièrement présents sur les lieux. Les autorités cherchent désormais à déterminer si les normes de sécurité en vigueur sur les chantiers ont été respectées, et si des mesures de consolidation préventive auraient dû être prises avant le démarrage des opérations les plus lourdes dans l'édifice.
Une mobilisation massive des marins-pompiers
Environ une centaine de marins-pompiers — le corps qui assure la protection incendie et la sécurité civile à Marseille — se sont déployés sur les lieux dans les minutes qui ont suivi l'alerte. Des équipes spécialisées dans les interventions sur structures effondrées, des médecins du SAMU et des ingénieurs en bâtiment ont travaillé de concert pour évaluer l'état de l'édifice et s'assurer qu'aucune personne ne se trouvait coincée sous les décombres. Les premières opérations de reconnaissance ont permis d'écarter le risque d'un effondrement total imminent.
Au moins quatre personnes ont été prises en charge sur place en raison de difficultés respiratoires et d'irritations causées par l'importante quantité de poussière libérée lors de l'effondrement des planchers. Elles ont été examinées par les équipes médicales mobilisées d'urgence et n'ont pas nécessité d'hospitalisation dans un premier temps. Les pompiers ont également procédé à la mise en sécurité des étages inférieurs, dont la stabilité pouvait être compromise par la chute des planchers du cinquième niveau.
Les habitants des immeubles voisins ont également été évacués à titre préventif, le temps que les experts puissent confirmer que les bâtiments mitoyens ne présentaient pas de risques d'effondrement secondaire. Une cellule de crise a rapidement été mise en place pour coordonner l'hébergement d'urgence des personnes déplacées. Les services de la mairie ont travaillé en collaboration avec les associations locales pour trouver des solutions d'accueil dans les meilleurs délais, mobilisant notamment des gymnases et des centres municipaux.
La sécurité des chantiers en centre-ville, un enjeu récurrent à Marseille
Cet incident relance inévitablement le débat sur la sécurité des chantiers dans le centre ancien de Marseille. Depuis le drame de la rue d'Aubagne en novembre 2018, qui avait coûté la vie à huit personnes dans le quartier de Noailles, les autorités locales ont multiplié les diagnostics et les procédures de contrôle du bâti ancien. Le procès de cette tragédie, qui s'est ouvert à l'automne 2024, a mis en lumière les responsabilités croisées entre propriétaires, syndics et pouvoirs publics. Lors des audiences, le procureur avait pointé « la négligence coupable » des différents acteurs qui auraient pu, selon lui, éviter la catastrophe.
Malgré les efforts engagés depuis 2018 pour sécuriser le bâti marseillais, de nombreux immeubles du centre historique présentent encore un état de conservation préoccupant. Les chantiers de réhabilitation, bien que nécessaires pour remettre ces bâtiments aux normes, peuvent paradoxalement fragiliser des structures dont les fondations et les planchers ont été affaiblis par des décennies de vétusté et d'abandon. La question du suivi technique rigoureux et du contrôle approfondi des entreprises mandatées demeure au cœur des préoccupations des acteurs de la reconstruction urbaine dans la cité phocéenne. Le problème des logements insalubres à Marseille, mis en lumière notamment par des affaires de marchands de sommeil, reste d'une actualité brûlante.
Le maire de Marseille a demandé à la population d'éviter le secteur de la rue Halle Delacroix afin de ne pas perturber le travail des secouristes et des experts en bâtiment. Des déviations de circulation ont été mises en place dès les premières heures de l'intervention, et les riverains ont été priés de suivre strictement les consignes des forces de l'ordre présentes en nombre sur les lieux. La préfecture de police a pour sa part renforcé les patrouilles aux abords du périmètre de sécurité pour éviter tout mouvement de foule susceptible de compliquer les opérations.
Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les causes précises de l'effondrement et établir d'éventuelles responsabilités. Les premières hypothèses avancées par les experts pointent vers une possible fragilisation des planchers liée aux vibrations générées par les travaux de gros œuvre, ou à un défaut de consolidation préalable des structures porteuses. Les conclusions de l'expertise technique, attendues dans les prochains jours, seront déterminantes pour évaluer l'étendue des dommages, définir les mesures de sécurité à appliquer sur l'ensemble du chantier et décider du sort des habitants qui ne pourront peut-être pas réintégrer leurs logements avant plusieurs semaines.