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Maeva Ghennam arrêtée à Dubaï : une vingtaine d'influenceurs sanctionnés pour avoir filmé les bombardements

L'influenceuse française Maeva Ghennam fait partie d'une vingtaine de personnes arrêtées ou interrogées par les autorités de Dubaï en mars 2026, après avoir filmé et partagé sur les réseaux sociaux des images des bombardements iraniens qui ont frappé l'émirat. Cette répression massive vise à préserver l'image de marque de Dubaï et à contrôler la diffusion d'informations sensibles sur le conflit au Moyen-Orient.

Dans la nuit du 18 mars 2026, Dubaï a été la cible de frappes iraniennes d'une ampleur inédite. Selon les autorités émiraties, treize missiles et vingt-sept drones ont été interceptés dans l'espace aérien des Émirats arabes unis. Ces attaques s'inscrivaient dans une escalade régionale, en représailles à une offensive américano-israélienne lancée le 28 février précédent. Des centaines d'influenceurs présents dans la ville ont filmé ces événements spectaculaires, souvent depuis les balcons de leurs appartements de luxe.

Maeva Ghennam, suivie par des millions d'abonnés sur les réseaux sociaux, s'est filmée visiblement paniquée durant les bombardements. Deux jours après avoir publié ses stories montrant les explosions dans le ciel nocturne, elle a été convoquée par la police de Dubaï. L'influenceuse n'est pas un cas isolé : selon plusieurs sources concordantes, environ soixante personnes se trouvaient en garde à vue à Dubaï, dont au moins trois ressortissants français, accusés de "menacer la sécurité nationale" en filmant les attaques iraniennes.

Des sanctions sévères pour protéger l'image de Dubaï

Pour les autorités émiraties, ces images représentent bien plus qu'une simple violation de la vie privée. Elles constituent une menace stratégique : les vidéos et photos permettraient aux forces iraniennes d'observer les effets de leurs frappes, de mesurer leur précision ou de déduire des informations sur les cibles touchées. "La publication, même sans intention politique ou stratégique, est perçue comme une infraction dès lors qu'elle concerne des événements liés à la sécurité", explique Radha Stirling, directrice de l'organisation Detained in Dubai, interrogée par la BBC.

Mais au-delà de ces considérations sécuritaires, c'est surtout l'image de marque de Dubaï qui est en jeu. L'émirat a construit sa prospérité sur son statut de paradis fiscal et touristique, attirant chaque année des millions de visiteurs fortunés et d'influenceurs en quête de cadres luxueux pour leurs contenus. Les images de missiles et d'explosions contredisent frontalement ce récit soigneusement entretenu. "Dubaï s'en remet aux influenceurs pour sauver sa réputation", titre un média suisse, soulignant le paradoxe d'une ville qui réprime ceux-là mêmes qui en font habituellement la promotion.

Les sanctions encourues sont lourdes : amendes pouvant atteindre 50 000 euros, voire peines de prison pour les cas les plus graves. La loi émiratie punit non seulement ceux qui filment, mais aussi ceux qui partagent le contenu, créant potentiellement un effet domino. Parmi les cas les plus médiatisés figure celui d'un touriste britannique sexagénaire, arrêté dans le quartier de Bur Dubai simplement pour avoir filmé les missiles iraniens avec son téléphone portable.

La France apporte son assistance consulaire

Face à cette répression, plusieurs personnalités françaises bloquées à Dubaï ont lancé des appels à l'aide sur les réseaux sociaux. Maeva Ghennam elle-même a publié un message implorant : "La France, protégez-nous !", relayé massivement par ses abonnés. Le gouvernement français a confirmé apporter une assistance consulaire aux ressortissants détenus, précisant être en contact régulier avec eux et leurs avocats.

Cette affaire révèle la fragilité du modèle de Dubaï, coincé entre son image de destination de rêve et sa situation géopolitique réelle, au cœur d'une région instable. Pour les influenceurs qui ont fait de l'émirat leur résidence fiscale et leur terrain de jeu médiatique, la désillusion est brutale. Le cas de Maeva Ghennam est d'autant plus complexe qu'elle fait déjà l'objet d'une interdiction de quitter le territoire émirati ("travel ban") en raison d'une affaire de bagarre antérieure, indépendante des bombardements.

Cette vague d'arrestations marque un tournant dans la stratégie des Émirats arabes unis face au conflit régional. En criminalisant la simple documentation visuelle d'événements réels, Dubaï cherche à maintenir coûte que coûte sa bulle de prospérité apparente, quitte à museler ceux qui ont contribué à sa renommée mondiale. Pour les influenceurs, le message est clair : le luxe et la liberté d'expression ne font pas toujours bon ménage dans l'émirat doré.

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