sfy39587stp17
Aller au contenu principal

GAFI : l'Algérie et la Namibie quittent la « liste grise », l'Irak entre

Le Groupe d'action financière (GAFI) a procédé, lors de sa session plénière de juin 2026, à une importante recomposition de sa « liste grise » des juridictions sous surveillance renforcée. L'Algérie et la Namibie en sortent après avoir mené à bien les réformes exigées, tandis que la Bosnie-Herzégovine et l'Irak y font leur entrée. Une décision aux conséquences économiques et diplomatiques considérables pour les pays concernés.

Le verdict est tombé au terme de la réunion plénière du GAFI, l'organisme international chargé de coordonner la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Après plusieurs années d'efforts, l'Algérie et la Namibie ont été retirées de la liste des « juridictions sous surveillance accrue », communément appelée « liste grise ». Les deux pays ont convaincu les évaluateurs qu'ils avaient comblé les principales lacunes de leurs dispositifs nationaux.

Pour Alger, ce retrait représente un signal fort adressé aux investisseurs et aux partenaires financiers internationaux. La présidente du GAFI, Elisa de Anda Madrazo, a salué les progrès accomplis par l'Algérie en matière de supervision fondée sur les risques, de transparence sur les bénéficiaires effectifs et d'application des sanctions financières ciblées. Autant de chantiers techniques exigeants qui conditionnaient la sortie de la liste.

Une « liste grise » au coût économique élevé

Figurer sur la liste grise du GAFI n'est jamais anodin. Selon une estimation du Fonds monétaire international, l'inscription d'un pays réduit les entrées de capitaux étrangers d'environ 7,6 % de son produit intérieur brut. Les banques internationales appliquent en effet une vigilance renforcée aux transactions provenant de ces juridictions, ce qui alourdit les coûts de conformité et ralentit les flux financiers transfrontaliers.

La sortie de l'Algérie de ce classement intervient dans un contexte où le pays cherche à consolider sa position régionale. « Ces réformes renforcent durablement la crédibilité du système financier national », estiment plusieurs observateurs, alors qu'Alger entend diversifier son économie au-delà des seuls hydrocarbures. Le pays confirme par ailleurs son statut de première économie du Maghreb, comme le détaille notre article sur la place de l'Algérie dans la région.

Le processus de sortie de la liste grise est loin d'être automatique. Une fois inscrit, un pays doit s'engager dans un plan d'action assorti d'échéances précises, puis se soumettre à des visites d'évaluation sur place menées par des experts du GAFI. Ce n'est qu'après la vérification effective de la mise en œuvre des réformes — et non de simples promesses législatives — que le retrait peut être prononcé. Pour la Namibie comme pour l'Algérie, cette validation couronne plusieurs années de travail interministériel impliquant banques centrales, autorités judiciaires et cellules de renseignement financier.

L'Irak et la Bosnie-Herzégovine désormais sous surveillance

À l'inverse, deux nouveaux pays rejoignent la liste grise. L'Irak, avec ses 48 millions d'habitants, constitue l'une des plus grandes nations ajoutées ces dernières années. Le pays avait déjà été inscrit sur cette liste en 2013 avant d'en sortir en 2018 ; il y fait donc son retour. La Bosnie-Herzégovine, au cœur des Balkans, est également pointée du doigt pour les faiblesses persistantes de son cadre de lutte contre la criminalité financière.

Ces mouvements portent à vingt-deux le nombre de juridictions placées sous surveillance renforcée par le GAFI. La session plénière de juin 2026 a également approuvé de nouvelles initiatives consacrées aux risques émergents, notamment le détournement des innovations technologiques à des fins criminelles, ainsi qu'une mise à jour des standards destinée à éviter que les régimes de sanctions n'entravent involontairement l'acheminement de l'aide humanitaire.

Pour l'Algérie, l'enjeu est désormais de transformer ce succès réglementaire en bénéfices concrets. Un climat financier assaini pourrait faciliter l'accès aux financements extérieurs et rassurer les bailleurs de fonds, à l'heure où le pays a adopté un budget record pour 2026. Les ambitions de transformation économique restent toutefois exposées à de nombreux aléas, comme l'analyse notre dossier sur le budget 2026 de l'Algérie. La vigilance demeure de mise, le GAFI pouvant réévaluer à tout moment la situation des États retirés de sa liste si les efforts venaient à se relâcher. Les prochains mois diront si ce retrait se traduit par un véritable regain de confiance des marchés et des institutions financières internationales.

sfy39587stp16