Carlos Martens Bilongo porte plainte contre Radio Courtoisie pour propos suprémacistes
Le député La France insoumise Carlos Martens Bilongo a déposé plainte et saisi l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel français, après la diffusion sur Radio Courtoisie de propos établissant un lien entre quotient intellectuel et origines africaines. Une séquence rapidement supprimée par la radio d'extrême droite mais qui relance le débat sur les limites de la liberté d'expression dans les médias.
L'affaire éclate dans un contexte déjà tendu pour le parlementaire du Val-d'Oise. Sur l'antenne de Radio Courtoisie, Jean-Yves Le Gallou, figure historique de la droite identitaire et ancien député européen du Front national, a tenu des propos qui ont provoqué une vague d'indignation. « Ses parents viennent à la fois d'Angola et du Congo. Quand on regarde une carte des quotients intellectuels par pays, l'Angola et la République du Congo, c'est plus près de 70 que de 130 », a-t-il déclaré en direct.
Cette référence aux théories pseudo-scientifiques sur les différences de QI entre populations, largement discréditées par la communauté scientifique, a immédiatement été dénoncée comme un discours de supériorité raciale. La radio a rapidement supprimé la séquence de ses archives, sans toutefois présenter d'excuses publiques.
Une plainte pour propos racistes et un signalement à l'Arcom
L'élu insoumis a réagi par voie judiciaire. Par l'intermédiaire de son avocat, Carlos Martens Bilongo a déposé une plainte auprès du tribunal judiciaire de Paris et effectué un signalement auprès de l'Arcom. L'objectif est double : faire sanctionner les propos tenus et interroger la responsabilité du régulateur dans la surveillance des contenus diffusés sur les ondes.
Cette action s'inscrit dans une offensive juridique plus large du député. Le 7 janvier, il avait déjà déposé plainte contre plusieurs médias, dont CNews et le Journal du dimanche, les accusant d'avoir « tronqué et falsifié » ses propres propos tirés d'une émission sur YouTube. Il dénonce des « montages portant atteinte à la représentation de la personne » et la « diffusion de fausses nouvelles ».
Un contexte de polémique autour du député
Cette plainte intervient alors que Carlos Martens Bilongo est lui-même au cœur d'une controverse. Des extraits de son passage dans l'émission « La Librairie africaine », diffusée sur YouTube le 23 décembre et depuis supprimée, ont circulé sur les réseaux sociaux. L'élu y évoquait notamment la « pauvreté intellectuelle » dans certains territoires du nord de la France, suscitant l'indignation de responsables politiques, dont Xavier Bertrand.
Le député conteste la présentation qui a été faite de ses propos. « Une phrase d'une citation entre guillemets a été retirée pour vider un propos de tout son sens », a-t-il expliqué, dénonçant une « vidéo tronquée par une page X d'extrême droite ». Il affirme avoir évoqué le Nord dans le contexte de la désindustrialisation et de ses conséquences sociales.
L'affaire Radio Courtoisie illustre les tensions récurrentes autour de la lutte contre le racisme en France et la régulation des médias audiovisuels. Alors que l'extrême droite gagne du terrain dans le paysage médiatique, la question de la responsabilité des régulateurs face aux discours discriminatoires reste entière. L'Arcom devra examiner le signalement et déterminer si les propos tenus constituent une infraction à la législation sur la communication audiovisuelle.