Kremlin-Bicêtre : un candidat écologiste aux municipales ciblé par des tags racistes
Les affiches de campagne de Toufik Khiar, conseiller municipal d'opposition et candidat écologiste à la mairie du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), ont été recouvertes d'inscriptions racistes. Les mots « Sale arabe » et « Rentre chez toi » ont été tagués sur ses visuels, provoquant une vague d'indignation qui dépasse les clivages politiques locaux.
L'élu écologiste a découvert ces dégradations sur plusieurs de ses affiches électorales dans cette commune de 27 000 habitants, aux portes de Paris. « Je suis profondément choqué. Je suis en colère », a déclaré Toufik Khiar dans les colonnes du Parisien. L'homme politique, né au Havre, confie que c'est l'injonction « Rentre chez toi » qui l'a le plus affecté : « Chez moi, c'est la France », martèle-t-il.
Ce n'est pas la première fois que l'élu est confronté à des propos discriminants. Il affirme avoir déjà été la cible de remarques stigmatisantes par le passé, notamment lors de séances du conseil municipal. « On installe le doute, on désigne, on laisse planer le soupçon. Et puis un jour, des affiches sont taguées. Voilà où mène la libéralisation de la parole raciste », analyse-t-il.
Une condamnation unanime de la classe politique locale
Fait notable dans un contexte de campagne municipale tendue : les adversaires politiques de Toufik Khiar ont unanimement condamné ces actes. Le maire sortant Jean-François Delage (PS), qui brigue un nouveau mandat, ainsi que Rim Yehya, candidate La France insoumise, ont exprimé leur solidarité avec l'élu écologiste et dénoncé fermement ces inscriptions haineuses.
Les Écologistes Île-de-France ont également apporté leur soutien, qualifiant ces actes d'« atteinte aux valeurs fondamentales de notre République » et rappelant que l'expression politique doit rester « une confrontation idéologique, pas un affrontement identitaire ».
Une plainte doit être déposée par le candidat. Cette affaire survient alors que d'autres candidats aux municipales 2026 ont également été victimes d'injures racistes, posant la question de la banalisation des discours de haine en période électorale.
Un contexte politique fragmenté au Kremlin-Bicêtre
Le Kremlin-Bicêtre, petite commune de seulement 1,5 km² mais densément peuplée, connaît une campagne municipale animée. La gauche locale se présente divisée : le maire PS sortant, la candidate LFI et le collectif écologiste mené par Toufik Khiar portent chacun leur propre liste. L'élu écologiste, engagé de longue date pour les causes environnementales et sociales, porte un projet ambitieux avec 100 engagements pour transformer la commune.
Cette affaire fait écho à celle d'Othman Nasrou, secrétaire d'État récemment renvoyé à ses origines marocaines, illustrant la persistance du racisme dans la sphère politique française. Des actes qui interrogent sur le climat de la campagne des municipales 2026.