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Meeting de Retailleau : Sansal en vedette, mais des chaises vides au Parc floral

Bruno Retailleau a lancé sa campagne pour la présidentielle 2027 le 20 juin au Parc floral de Paris, devant un peu plus de 4 000 personnes. Le président des Républicains a misé sur la présence de l'écrivain Boualem Sansal, fraîchement libéré des geôles algériennes, pour électriser la salle. Mais entre rangées clairsemées par endroits et discours très attendu, le premier grand rendez-vous du candidat a laissé une impression mitigée, oscillant entre démonstration de force et occasion manquée.

Le décor était soigné, l'ambition affichée. Avec 4 400 chaises installées sous les frondaisons du Parc floral, l'entourage du candidat espérait une salle comble et un démarrage tonitruant. La réalité fut plus nuancée : si la majorité des sièges ont trouvé preneur, quelques dizaines de militants bloqués par des trains en panne ont manqué le coup d'envoi, laissant ici et là des trous dans l'assistance que les caméras n'ont pas manqué de capter.

Pour combler ces absences et donner du souffle à la soirée, Bruno Retailleau a joué sa carte maîtresse : la présence de Boualem Sansal. L'écrivain franco-algérien, libéré en novembre après près d'un an de détention en Algérie et tout juste auteur d'un récit sur son incarcération, est venu apporter un soutien spectaculaire au candidat de la droite. Une opération de communication maîtrisée, mais qui a aussi cristallisé les critiques.

Sansal, vedette et caution morale du meeting

Devant un public conquis, l'académicien a livré un témoignage poignant. « Il y a un nom qui est entré en prison, qui est devenu immédiatement célèbre. Il est devenu même le héros de la prison où j'étais et de toutes les prisons algériennes. Il s'appelait Bruno Retailleau, il combattait le régime », a raconté l'écrivain, longuement applaudi. Annonçant qu'il voterait « très probablement » pour le candidat LR, il a même scandé un retentissant « Retailleau de Beauvau à l'Élysée ! ».

L'intéressé n'a pas boudé son plaisir. Bruno Retailleau a salué un homme « plus qu'un symbole puisqu'il est devenu une légende », rappelant que, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, il avait prôné la mise en place d'un « rapport de force » avec Alger pour obtenir sa libération. Une séquence émotion qui a constitué le sommet de la soirée, mais qui a aussi nourri le reproche d'un meeting davantage construit autour d'un invité que d'un projet.

Le parcours de l'écrivain confère à cette apparition une charge symbolique particulière. Incarcéré en Algérie le 16 novembre 2024 après avoir contesté les frontières du pays dans un média français, condamné à cinq ans de prison fin mars 2025, Boualem Sansal avait finalement été gracié le 12 novembre 2025, puis transféré en Allemagne pour raisons médicales avant d'être élu à l'Académie française le 29 janvier 2026. Un destin romanesque qui en fait un porte-drapeau idéal pour une droite décidée à durcir le ton face à Alger.

Car en faisant de l'écrivain la pièce maîtresse de son lancement, le candidat s'expose à la critique d'instrumentaliser une cause. Du côté algérien, la presse n'a pas tardé à dénoncer une récupération politique, certains commentateurs estimant que cet appui finit par desservir l'image d'un Sansal transformé en argument de campagne. La libération de l'écrivain, longtemps facteur de crispation entre Paris et Alger, reste un dossier sensible des relations franco-algériennes.

Un programme ancré à droite, mais une dynamique à confirmer

Sur le fond, Bruno Retailleau a déroulé un discours résolument ancré à droite, autour de son slogan « Je vous propose de remettre la France à l'endroit ». Immigration, autorité, redressement régalien : le candidat a martelé sa volonté d'incarner une rupture « radicale, calmement mais fermement », se posant en troisième voie face aux « idéologues » de La France insoumise et aux « démagogues » du Rassemblement national.

Fort de son ancrage local revendiqué après les municipales de 2026, le président des Républicains entend démontrer qu'il peut peser dans une présidentielle où la droite cherche encore son champion. Mais ce premier meeting, censé incarner l'élan, a surtout révélé la fragilité d'une candidature qui doit encore convaincre au-delà de son socle militant.

Les images de tribunes partiellement clairsemées et la dépendance affichée à la présence d'une personnalité extérieure ont alimenté la petite musique du « flop ». Pour ses adversaires, le symbole est cruel ; pour ses soutiens, il ne s'agit que d'un démarrage perfectible. Une chose est sûre : à moins de deux ans du scrutin, Bruno Retailleau devra transformer l'essai s'il veut faire mentir ceux qui voient déjà dans ce lancement laborieux le présage d'une campagne sous tension.

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