Visa américain : une caution jusqu'à 15 000 dollars imposée aux Algériens
Depuis le 21 janvier 2026, les ressortissants algériens souhaitant obtenir un visa américain de type B1/B2 (affaires ou tourisme) doivent s'acquitter d'une caution pouvant atteindre 15 000 dollars. Une décision du Département d'État qui place l'Algérie parmi les 38 pays soumis à cette exigence financière, à quelques mois du Mondial 2026.
L'administration américaine a officiellement ajouté l'Algérie à la liste des pays concernés par le programme pilote de caution pour les visas le 6 janvier dernier. Cette mesure, entrée en vigueur le 21 janvier, impose aux demandeurs algériens de verser entre 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars avant l'obtention de leur visa. Le montant exact est déterminé par l'agent consulaire lors de l'entretien, en fonction du profil du candidat.
Concrètement, les voyageurs doivent remplir le formulaire I-352 du département de la Sécurité intérieure et procéder au paiement via la plateforme Pay.gov. « Le versement d'une caution ne garantit pas la délivrance d'un visa », précise le Département d'État. Si un demandeur paie sans y avoir été invité par un agent consulaire, aucun remboursement ne sera effectué.
Des conditions de voyage strictement encadrées
Les visas délivrés dans le cadre de ce programme sont limités à trois mois de validité et une seule entrée sur le territoire américain. Le séjour maximum autorisé est de 30 jours. Les titulaires doivent impérativement transiter par les aéroports désignés : Boston, John F. Kennedy, Washington Dulles, Newark, Atlanta, Chicago O'Hare ou Los Angeles.
La caution est intégralement remboursée si le voyageur quitte les États-Unis avant l'expiration de son autorisation de séjour et via l'un des points de sortie agréés. Dans le cas contraire, la somme est confisquée. Cette disposition vise officiellement à « réduire les dépassements de visa », selon Washington, qui cible les pays présentant des taux élevés de maintien irrégulier sur le sol américain.
Pour de nombreux Algériens, cette exigence financière représente un obstacle quasi insurmontable. Au taux de change du marché parallèle (environ 238 dinars pour un dollar), la caution maximale équivaut à 3,57 millions de dinars, soit plusieurs années de revenus pour un salaire moyen. L'Algérie demeure le seul pays du Maghreb concerné par cette mesure, la Tunisie, le Maroc et l'Égypte en étant exemptés.
Le Mondial 2026 en ligne de mire
Cette décision intervient dans un contexte particulier. L'équipe d'Algérie, qualifiée pour la Coupe du monde 2026 qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, disputera ses matchs du premier tour sur le sol américain. Alors que le sélectionneur Vladimir Petkovic prépare activement sa liste, la mobilisation massive des supporters algériens, réputés pour leur ferveur, pourrait être sérieusement compromise.
Les réactions ne se sont pas fait attendre en Algérie où cette mesure est perçue comme discriminatoire. Les autorités algériennes n'ont pas encore officiellement réagi, mais sur les réseaux sociaux, l'indignation domine. Certains observateurs y voient une décision politique, d'autres une simple application de critères statistiques liés aux dépassements de visa.
Au total, 25 nouveaux pays ont été ajoutés à cette liste le 6 janvier 2026, portant le nombre total de nationalités concernées à 38. Parmi les autres pays africains touchés figurent notamment l'Angola, le Nigeria et le Zimbabwe. Cette extension du programme pilote, initialement lancé sous une forme plus restreinte, marque un durcissement notable de la politique migratoire américaine à l'égard de plusieurs régions du monde.