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Le maire de Marseille fustige le nouveau logo de l'OM : «il est horrible»

Benoît Payan, maire de Marseille, est monté au créneau sur BFM Marseille pour fustiger le nouveau logo de l'Olympique de Marseille, dévoilé le 8 avril 2026. «Il est horrible», a-t-il lâché sans détour, ajoutant qu'il n'avait «jamais vu de logo aussi laid». Il a qualifié la décision d'«erreur» et appelé la direction du club à la corriger. En rejoignant publiquement la fronde des supporters, l'édile marseillais donne une dimension politique à une polémique qui agite le monde du football depuis la présentation du nouveau blason.

Le nouveau logo de l'OM, premier changement de l'identité visuelle du club depuis 2004, a été présenté lors du Gala du Treizième Homme, la fondation du club, le 8 avril 2026. Conçu en s'inspirant de l'écusson historique du club entre 1935 et 1972, il adopte un format rond, avec un bleu plus intense et les lettres O et M fusionnées en un seul symbole, accompagnées d'une étoile et de la devise historique «Droit au but», le tout en dorure. La direction de l'OM a présenté cette refonte comme le résultat d'un travail approfondi, visant à combiner l'histoire du club avec une vision moderne et contemporaine de son identité visuelle.

Mais si la direction espérait fédérer autour de ce nouveau blason, c'est tout le contraire qui s'est produit. La réaction des supporters a été immédiate et massivement négative. Des banderoles «NON AU NOUVEAU LOGO !» ont été déployées dans le parcage marseillais lors du déplacement à Lorient. Des pétitions ont été lancées en ligne pour tenter de faire reculer la direction. Et des voix emblématiques du monde marseillais, comme l'ancien défenseur Souleymane Diawara, ont rejoint le mouvement de contestation.

Payan s'engage dans la polémique aux côtés des supporters

Dans ce contexte de grogne généralisée, la prise de position de Benoît Payan prend une dimension particulière. Le maire de Marseille, réélu en 2026 avec une majorité absolue, n'est pas seulement un élu : c'est aussi un habitant et un symbole d'une ville qui vit l'OM comme une institution indissociable de son identité. Son intervention sur BFM Marseille, directe et sans nuance, résonne comme un avertissement de la ville à la direction du club. «J'en ai vu des logos, mais des logos aussi laids, jamais», a-t-il déclaré, avant d'appeler explicitement à ce que «l'erreur soit corrigée».

Pour l'édile, cette affaire dépasse largement la question esthétique. L'OM est une institution à laquelle des millions de Marseillais et de supporters à travers le monde sont profondément attachés. Toucher à son identité visuelle sans consulter les supporters, sans respecter les codes émotionnels qui font le lien entre un club et sa ville, c'est prendre le risque de fracturer ce lien. Payan s'est placé du côté de ceux qui estiment que la direction a fait preuve d'une forme d'arrogance ou d'incompréhension vis-à-vis des valeurs qui font la force du club phocéen.

La polémique a rapidement dépassé les frontières du football français. Volkswagen, dont le logo présente des similitudes frappantes avec le nouveau blason de l'OM — le W de Volkswagen ressemble à un M inversé — s'est fendu d'une publication ironique sur Instagram : «À jamais les premiers sur ce logo». La blague a fait le tour des réseaux sociaux, amplifiant encore la mauvaise publicité autour de cette refonte visuelle. Pour un club déjà fragilisé par une cyberattaque touchant 400 000 supporters, cette accumulation de mauvaises nouvelles constitue un défi supplémentaire en termes d'image.

La direction sous pression, mais pas encore prête à reculer

Face à cette levée de boucliers généralisée, la direction de l'OM n'a pas encore annoncé de revirement. Les responsables du club ont réaffirmé leur attachement à la nouvelle identité visuelle, soulignant le travail de fond qui a été mené sur plusieurs mois pour concevoir ce logo. Selon eux, il s'agit d'un choix délibéré et mûrement réfléchi, destiné à projeter le club dans une nouvelle ère tout en honorant son histoire. Ils espèrent que les supporters finiront par adhérer à ce changement, comme cela s'est souvent produit lors de refontes similaires dans d'autres clubs européens.

Mais les supporters marseillais, réputés pour leur passion et leur exigence, ne semblent pas disposés à lâcher l'affaire aussi facilement. Les ultras, réunis autour des groupes les plus actifs de la tribune virage nord, ont fait savoir que le sujet serait mis à l'ordre du jour de leurs discussions avec la direction. Les pétitions en ligne continuent de collecter des signatures. Et la parole du maire, qui s'est exprimé au nom d'une ville entière, ajoute une pression politique à une pression populaire déjà considérable.

La question est désormais de savoir si la direction de l'OM pliera ou tiendra bon. Dans l'histoire du football, les clubs qui ont revu un logo à la baisse après une fronde populaire ont souvent pu transformer une crise en geste de bonne volonté envers leur public. D'autres ont maintenu leurs choix et ont vu la polémique s'éteindre d'elle-même avec le temps. Dans un contexte où le lien entre le club et la ville de Marseille est particulièrement chargé d'émotions et d'enjeux identitaires, la décision de la direction aura des conséquences bien au-delà d'une simple question de graphisme.

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