Facturation électronique : les entreprises françaises face au défi du choix de plateforme
Alors que la réforme de la facturation électronique entrera en vigueur le 1er septembre 2026, moins d'un tiers des entreprises françaises ont arrêté leur choix de plateforme. Une situation préoccupante qui témoigne de l'ampleur du chantier numérique à accomplir en quelques mois.
Le compte à rebours est lancé. Dans huit mois, toutes les entreprises françaises devront être en mesure de recevoir des factures au format électronique. Pour les grandes entreprises et les ETI, l'obligation d'émettre ces factures s'appliquera dès cette date. Les PME et micro-entreprises bénéficieront d'un délai supplémentaire jusqu'au 1er septembre 2027.
Pourtant, selon une enquête du Conseil national de l'Ordre des experts-comptables publiée en septembre 2025, près de la moitié des entreprises déclarent ne connaître aucune Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP). Un constat alarmant alors que le choix de cet intermédiaire technique constitue désormais une obligation légale depuis l'abandon du Portail Public de Facturation en octobre 2024.
Un écosystème de 78 plateformes agréées
Le marché des PDP s'est considérablement structuré ces derniers mois. À ce jour, 78 plateformes ont obtenu l'immatriculation de l'administration fiscale, dont 52 françaises. Parmi les acteurs ayant reçu leur agrément définitif figurent des noms comme Docaposte, Esker, Pennylane, Yooz ou encore Cegedim. Ces prestataires certifiés assurent l'émission, la réception, la conversion et l'archivage des factures électroniques pour une durée de dix ans.
La Direction générale des finances publiques (DGFiP) a publié la première liste officielle le 1er octobre 2024 et la met régulièrement à jour sur le site impots.gouv.fr. Les entreprises candidates à l'immatriculation peuvent soumettre leur dossier via demarches-simplifiees.fr, l'agrément étant accordé pour trois ans renouvelables.
« L'utilisation d'une PDP est désormais obligatoire pour toutes les entreprises », rappelle l'administration fiscale. Ces plateformes transmettent également les données de facturation à l'État dans le cadre du e-reporting, permettant un meilleur suivi de la TVA.
Douze critères pour un choix éclairé
Face à cette offre pléthorique, comment les entreprises peuvent-elles s'orienter ? Les experts recommandent d'évaluer les plateformes selon une douzaine de critères. La conformité réglementaire et l'immatriculation officielle constituent le prérequis absolu. L'interopérabilité avec les systèmes d'information existants (ERP, logiciels de comptabilité) représente un enjeu majeur pour éviter les ruptures de flux.
La transparence tarifaire mérite une attention particulière : frais d'implémentation, coûts liés au volume de factures, maintenance. Les entreprises actives à l'international doivent privilégier des PDP capables de gérer les spécificités réglementaires de plusieurs juridictions. La sécurité des données, avec une conformité aux normes ISO 27001 et RGPD, ainsi qu'un hébergement en France ou en Europe, constitue également un critère déterminant.
Le support et l'accompagnement humain ne doivent pas être négligés. « Un support technique réactif, des interlocuteurs dédiés et des ressources pédagogiques facilitent considérablement la transition », soulignent les consultants spécialisés. Les engagements de service (SLA) formalisent ces garanties de disponibilité et de performance. Dans ce contexte de transformation numérique qui redessine le paysage économique français, les services aux entreprises figurent parmi les secteurs en forte croissance.
Un environnement de test sera mis à disposition de toutes les entreprises en février 2026, permettant de simuler les flux dans des conditions proches du réel. Une opportunité à saisir pour familiariser les équipes et affiner son choix de prestataire avant l'échéance fatidique.