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"Les ordres de Washington, ça suffit" : le coup de gueule de Delcy Rodriguez contre Trump

Face aux travailleurs pétroliers de l'État d'Anzoátegui, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a lancé ce dimanche 25 janvier une charge virulente contre l'administration Trump. Une prise de parole qui marque un tournant dans les relations entre Caracas et Washington, trois semaines après la capture spectaculaire de Nicolás Maduro.

« Les ordres de Washington aux politiques vénézuéliens, ça suffit. Que ce soit la politique vénézuélienne qui résolve nos divergences et nos conflits internes. Assez des puissances étrangères », a déclaré la dirigeante vénézuélienne devant une foule de travailleurs du secteur énergétique. Des propos qui sonnent comme un avertissement direct au président américain, lequel avait affirmé vouloir « dicter » les décisions du pays sud-américain.

Delcy Rodriguez a également dénoncé les conséquences de la politique américaine : « Il a coûté très cher à cette république d'avoir à faire face aux conséquences du fascisme et de l'extrémisme dans notre pays », a-t-elle ajouté, faisant référence à l'opération militaire américaine du 3 janvier qui a conduit à l'arrestation de son prédécesseur.

Un équilibre précaire entre défiance et coopération

Ce coup de gueule intervient pourtant dans un contexte de rapprochement apparent entre les deux pays. Depuis son investiture le 5 janvier, imposée par la Cour suprême vénézuélienne après l'enlèvement de Maduro, Delcy Rodriguez a multiplié les gestes envers Washington : signature d'accords pétroliers, réforme de la loi sur les hydrocarbures, libération de prisonniers politiques et ouverture de discussions avec l'opposition.

La semaine dernière, Donald Trump et la présidente par intérim ont même eu une « longue conversation » téléphonique, qualifiée par Rodriguez de début d'une « nouvelle ère ». La Maison-Blanche a annoncé vouloir l'inviter aux États-Unis, sans fixer de date. Une invitation qui pourrait toutefois être compromise par ce revirement rhétorique.

Pour les analystes, cette prise de position publique répond à une nécessité politique intérieure. Rodriguez doit ménager sa base chaviste, traumatisée par les bombardements de Caracas qui ont fait au moins 80 morts selon le New York Times, tout en maintenant un canal diplomatique avec Washington.

L'ombre du procès Maduro

Le calendrier judiciaire américain pèse également sur cette équation diplomatique. Nicolás Maduro, détenu à New York depuis sa capture, a comparu devant le juge fédéral Alvin Hellerstein le 5 janvier. Il a plaidé non coupable pour quatre chefs d'accusation, dont le narcoterrorisme. Sa condamnation, prévue pour le 17 mars 2026, pourrait modifier radicalement la trajectoire des relations bilatérales.

Donald Trump, de son côté, a déjà prévenu Rodriguez qu'elle « paierait un prix très élevé, probablement plus élevé que Maduro » si elle échouait à « faire ce qu'il faut ». Une menace à peine voilée qui illustre la stratégie américaine décrite par une chercheuse de l'Université de Londres comme un « mécanisme de contrôle » fondé sur « la peur : les sanctions, l'influence pétrolière et la menace de recourir à nouveau à la force ».

Entre souveraineté affichée et pragmatisme contraint, Delcy Rodriguez joue une partition délicate. Son discours d'Anzoátegui pourrait n'être qu'une posture destinée à l'opinion intérieure, ou le signal d'une rupture plus profonde avec les ambitions américaines sur le Venezuela et ses précieuses ressources pétrolières.

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