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L'Iran conditionne le passage au détroit d'Ormuz au paiement en yuan

L'Iran envisage d'autoriser le passage d'un nombre limité de pétroliers dans le détroit d'Ormuz, à condition que les paiements soient effectués en yuans chinois, rapporte CNN en citant un haut responsable iranien. Cette mesure s'inscrit dans le cadre d'un nouveau plan de Téhéran visant à réguler la circulation des pétroliers dans ce passage stratégique qui achemine 20 % du pétrole mondial et 20 % du gaz naturel liquéfié.

Selon les informations disponibles, cette initiative iranienne représente une évolution majeure dans la gestion de la crise du détroit d'Ormuz qui sévit depuis le 28 février 2026. Auparavant, la chaîne NDTV avait indiqué qu'au moins deux pétroliers indiens, le Pushpak et le Parimal, avaient franchi sans encombre le détroit, alors que les navires en provenance des États-Unis, d'Europe et d'Israël continuent de se heurter à des restrictions.

Cette nouvelle politique iranienne s'appuie sur les relations privilégiées entre Téhéran et Pékin. La Chine reçoit actuellement 90 % des exportations totales de pétrole brut iranien, ce qui représente 12 % des importations totales chinoises. Les deux pays négocient déjà leurs transactions énergétiques en yuan, dans une volonté commune de contourner le dollar américain.

Un passage stratégique devenu champ de bataille économique

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé que l'Iran maintiendrait le détroit d'Ormuz fermé uniquement aux navires des États-Unis, d'Israël et de leurs alliés occidentaux. Cette stratégie de discrimination sélective permet à Téhéran de maintenir ses revenus pétroliers tout en exerçant une pression géopolitique sur ses adversaires.

Début mars, un navire quittant l'Arabie saoudite a modifié sa fiche d'identité automatique pour préciser « propriétaire et équipage chinois » et a pu franchir le détroit sans encombre dans la nuit du 4 mars. Cette tactique illustre la volonté de certains opérateurs de s'adapter aux nouvelles règles imposées par l'Iran.

Le blocage partiel du détroit menace particulièrement l'Asie : 90 % du pétrole japonais et 57 % des importations chinoises de brut transitent habituellement par ce passage stratégique. Le trafic de pétroliers a chuté d'environ 70 % au début de la crise, avec plus de 150 navires jetant l'ancre à l'extérieur du détroit pour éviter les risques.

Pékin, grand gagnant de la crise

L'exigence de paiement en yuan renforce considérablement la position de la monnaie chinoise dans les transactions énergétiques mondiales. Cette évolution s'inscrit dans une stratégie plus large de dédollarisation menée conjointement par Pékin et Téhéran. La Chine, qui contribue au développement d'infrastructures et de technologies en Iran, bénéficie en retour d'un accès privilégié aux ressources énergétiques iraniennes.

Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a déclaré que le détroit d'Ormuz devait rester fermé comme « outil de pression sur l'ennemi ». Cette position suggère que la politique de passage sélectif pourrait s'inscrire dans la durée, redessinant les flux énergétiques mondiaux.

L'impact économique de cette crise reste considérable. Les cours du pétrole ont flambé de 13 % au début de la crise, dépassant les 80 dollars le baril. Les États-Unis ont reconnu que leur marine n'était « pas prête » à escorter les navires pétroliers à travers le détroit, laissant le champ libre à l'Iran pour imposer ses conditions.

Cette évolution marque un tournant dans la géopolitique énergétique mondiale, où le contrôle d'un point de passage stratégique devient un instrument de politique monétaire et commerciale, favorisant l'émergence d'un ordre économique multipolaire centré sur les monnaies alternatives au dollar.

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