sfy39587stp17
Aller au contenu principal

Les États du Golfe menacent de rapatrier des milliards de dollars

Les responsables de l'administration Trump s'inquiètent d'un retrait massif de capitaux en provenance des États du Golfe, qui pourraient rapatrier des dizaines de milliards de dollars d'investissements pour faire face aux conséquences économiques de la guerre avec l'Iran. Cette menace remet en question l'une des réalisations diplomatiques majeures de Washington : les milliers de milliards de dollars d'engagements d'investissement des monarchies du Golfe dans l'économie américaine.

Selon un rapport de Politico publié jeudi, les nations du Golfe ont averti qu'elles seraient contraintes de retirer des capitaux américains dans les prochaines semaines. "Ce qui a vraiment effrayé les gens, c'est que les Arabes du Golfe ont averti qu'ils sont à quelques semaines de devoir rapatrier des dizaines de milliards de dollars d'investissements depuis les États-Unis", a déclaré une source au fait des discussions. Cette décision serait "extrêmement déstabilisante et contraire aux objectifs d'investissement du président", a-t-elle ajouté.

La guerre déclenchée le 28 février 2026 par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran a provoqué un choc économique majeur dans la région. Selon Goldman Sachs, le PIB du Qatar et du Koweït pourrait se contracter de 14% cette année, tandis que l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis enregistreraient des baisses respectives de 3% et 5%.

Des économies du Golfe en détresse

Les répercussions économiques du conflit se font déjà sentir. Les secteurs de l'aviation, du tourisme, des ports et de la logistique ont été paralysés en seulement douze jours de conflit. La fermeture quasi-totale du trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz a provoqué ce que le directeur de l'Agence internationale de l'énergie a qualifié de "plus grand défi à la sécurité énergétique mondiale de l'histoire".

Trois États du Golfe examinent actuellement comment redéployer les milliers de milliards de dollars investis par leurs fonds souverains. Ces révisions incluent d'éventuels retraits d'engagements d'investissement, des désinvestissements et une réévaluation des accords de parrainage mondiaux, alors que ces pays riches en pétrole et en gaz évaluent comment absorber le choc financier.

Avant le déclenchement du conflit, les dirigeants du Golfe avaient vivement plaidé contre des frappes militaires, craignant précisément les représailles que Téhéran déploie désormais contre eux. Pour que le "modèle de développement du Golfe" reste attractif, ces États doivent offrir sécurité et stabilité régionale aux travailleurs multinationaux et aux investisseurs étrangers. Or, la vulnérabilité face aux missiles et drones iraniens compromet gravement cette ambition.

Un système pétrodollar sous tension

La prolongation du conflit représenterait une "catastrophe" économique pour des pays comme le Qatar et les Émirats arabes unis, selon une analyse de Wirtschaftswoche. Une perturbation prolongée réduira les investissements à l'étranger et pourrait également déclencher des désinvestissements massifs, les gouvernements réorientant leurs capitaux vers la stabilité économique intérieure.

Le système du pétrodollar subirait également une pression considérable du fait de ce conflit, soulevant des interrogations sur les arrangements sécuritaires à long terme entre les États du Golfe et les États-Unis. La déstabilisation du Golfe, en particulier des Émirats arabes unis en tant que centre financier, pourrait représenter le plus grand risque pour les nombreuses économies émergentes qui dépendent des capitaux du Golfe pour alimenter leur développement.

Alors que la guerre entre dans son deuxième mois, les monarchies du Golfe se retrouvent prises entre leur alliance historique avec Washington et la nécessité impérieuse de protéger leurs propres économies des retombées d'un conflit qu'elles n'ont jamais souhaité.

sfy39587stp16