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Saad Lamjarred condamné à dix ans de prison en appel à Créteil

La cour d'assises d'appel du Val-de-Marne, siégeant à Créteil, a condamné le chanteur marocain Saad Lamjarred à dix ans de réclusion criminelle pour le viol de Laura Prioul, commis en octobre 2016 dans un hôtel parisien. Le verdict, rendu dans la nuit du vendredi 25 au samedi 26 septembre 2026 à l'issue de huit jours d'audience à huis clos, s'accompagne d'un mandat de dépôt : l'artiste de 41 ans a été écroué dès les premières heures du samedi. La peine, plus lourde que les six ans prononcés en première instance en 2023, dépasse même les huit ans requis par l'avocat général.

Les faits remontent à l'automne 2016. Laura Prioul, alors âgée de 20 ans, avait rencontré Saad Lamjarred, alors âgé de 31 ans, dans une boîte de nuit parisienne avant de le suivre dans sa chambre d'hôtel. Elle l'accuse depuis de l'avoir violée cette nuit-là. Le chanteur a toujours contesté toute relation sexuelle non consentie, tout en reconnaissant avoir « brutalement poussé » la jeune femme au visage, expliquant qu'elle l'avait griffé alors qu'ils s'embrassaient. Sa défense a maintenu cette ligne tout au long du procès en appel, plaidant l'absence de preuve d'un rapport forcé.

Cette affaire ne doit pas être confondue avec un autre dossier qui vise également l'interprète du tube LM3ALLEM : celui de Saint-Tropez, où une jeune femme rencontrée en 2018 dans une boîte de nuit l'accuse d'un viol commis dans sa chambre d'hôtel. Ce second dossier, jugé séparément par la cour d'assises du Var à Draguignan, s'est conclu en mai 2026 par une condamnation à cinq ans de prison, actuellement distincte de la procédure parisienne. Les deux affaires suivent des calendriers judiciaires différents et ne portent pas sur les mêmes plaignantes ni les mêmes faits.

Une peine alourdie en appel, malgré une comparution libre pendant le procès

Fait notable de ce dossier : durant les huit jours d'audience, du 17 au 25 septembre, Saad Lamjarred comparaissait libre, sous contrôle judiciaire, et non détenu. C'est seulement au moment du prononcé du verdict que la cour a ordonné son incarcération immédiate, une décision qui marque une rupture nette avec la première instance. En 2023, la cour d'assises de Paris l'avait reconnu coupable de viol et de violences aggravées et condamné à six ans de réclusion ; ses avocats avaient fait appel, ce qui a rouvert entièrement le dossier devant les jurés du Val-de-Marne.

Selon plusieurs avocats de la défense, la stratégie choisie en appel a pu jouer contre l'accusé : les questions systématiques mettant en cause la crédibilité de la plaignante auraient été « mal perçues par les jurés ». Ses conseils, Marie Burguburu et David Chemmi, ont annoncé qu'un pourvoi en cassation serait formé, ouvrant une nouvelle phase de procédure qui ne suspend cependant pas l'exécution de la peine ni l'incarcération déjà en cours. Plusieurs médias marocains ont évoqué, sans le confirmer par une source judiciaire officielle pour cette incarcération de 2026, le nom de la prison de Fleury-Mérogis — établissement où le chanteur avait effectivement été détenu en 2016, lors de sa détention provisoire initiale. Aucune source fiable n'a pour l'instant précisé l'établissement où il est actuellement incarcéré après ce nouveau verdict ; l'affirmation d'une « prison parmi les plus dangereuses de France » relève à ce stade de la présentation médiatique plutôt que d'une confirmation pénitentiaire.

Le dossier parisien s'était par ailleurs doublé d'un volet judiciaire annexe. En avril 2026, un tribunal avait jugé une tentative d'extorsion visant le chanteur : Laura Prioul, elle-même accusée d'avoir réclamé trois millions d'euros pour retirer sa plainte ou ne pas se présenter à l'audience, avait finalement été relaxée de ces poursuites. Cinq autres prévenus, dont la mère de la plaignante, une avocate et une influenceuse, avaient en revanche été condamnés pour tentative d'extorsion à des peines avec sursis, la plus lourde — deux ans avec sursis et dix ans d'interdiction d'exercer — visant l'avocate impliquée.

Une carrière musicale entachée par une succession de procédures

Star de la chanson au Maroc et dans le monde arabophone, Saad Lamjarred avait bâti sa notoriété sur des tubes cumulant des centaines de millions de vues, comme le rappelait un précédent article de mediaterranee.com consacré à ses records d'audience sur YouTube. Cette notoriété s'est progressivement effondrée sous le poids des procédures judiciaires ouvertes contre lui en France depuis 2016, entre l'affaire parisienne désormais jugée en appel et le dossier varois clos en mai. Aucune réaction officielle des autorités marocaines n'a été rapportée à ce stade au sujet du verdict de Créteil ; seules des réactions de son entourage et de sa défense ont été relayées dans la presse.

La condamnation à dix ans avec mandat de dépôt place désormais Saad Lamjarred dans une situation inédite pour lui : après plusieurs années de procédures menées en liberté sous contrôle judiciaire, il se retrouve incarcéré dès le prononcé du verdict d'appel. Le pourvoi en cassation annoncé par sa défense pourra contester la décision sur la forme, mais ne rouvre pas automatiquement les faits sur le fond ni ne suspend, en principe, l'exécution de la peine. L'issue de cette procédure ultime déterminera si la peine de dix ans reste définitive ou si une nouvelle audience sera un jour nécessaire, un scénario qui prolongerait encore un feuilleton judiciaire déjà vieux de dix ans.

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