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Elon Musk et sa vision 2036 : "l'argent n'aura plus d'importance"

Le milliardaire Elon Musk a accordé le 23 juillet 2026 une interview tumultueuse de 90 minutes à Zanny Minton Beddoes, rédactrice en chef de The Economist, au cours de laquelle il a défendu sa prédiction selon laquelle l'argent deviendra obsolète d'ici 2036, au moment même où ses entreprises Tesla et SpaceX connaissent une déroute boursière historique. En cinq semaines, plus de 700 milliards de dollars de valorisation se sont évaporés, ramenant la fortune personnelle de Musk bien en dessous du seuil symbolique du trillion de dollars qu'il avait franchi après l'introduction en bourse de SpaceX le mois dernier.

L'interview, la première de longue durée accordée par Musk depuis le lancement boursier fracassant de SpaceX, a rapidement pris un ton conflictuel lorsque la journaliste britannique a interrogé le patron de Tesla sur la cohérence de ses positions. Alors que ses actions s'effondrent – Tesla a perdu 18% en une seule semaine pour clôturer à 313,03 dollars, sa pire performance depuis 2022, tandis que SpaceX dégringolait à 115,07 dollars – Musk a maintenu sa vision utopique d'un avenir où l'intelligence artificielle créera une abondance telle que la monnaie perdra sa raison d'être.

Selon le milliardaire, si les systèmes d'IA et les robots finissent par produire davantage de biens et de services que les humains ne peuvent en consommer, le besoin d'argent diminuera considérablement. "À quoi vous sert l'argent ?", a-t-il lancé, prédisant qu'une prolifération massive de robots rendra toute monnaie effectivement sans valeur, les besoins des populations étant satisfaits sans effort. Il a réitéré sa prévision selon laquelle l'IA dépassera l'intelligence humaine combinée "dans environ cinq ans", et que le travail deviendra optionnel au cours de la prochaine décennie.

Une théorie économique contestée dans un contexte de pertes colossales

Face aux questions pointues de Zanny Minton Beddoes sur les mécanismes pratiques de cette transition, Musk a suggéré que le Trésor pourrait "simplement émettre des chèques aux citoyens". Lorsque la journaliste a objecté que cela provoquerait de l'inflation, le patron de Tesla a répliqué que la déflation, et non l'inflation, deviendrait le principal enjeu économique si la production dépasse la croissance de la masse monétaire. L'éditrice a souligné les contradictions apparentes : comment Musk peut-il promouvoir simultanément des futurs utopiques portés par l'IA tout en diffusant une rhétorique anti-immigration et en soutenant des mouvements politiques d'extrême droite en Europe ? "Je ne pense pas qu'ils soient contradictoires", a-t-il répondu sans élaborer.

Ces déclarations philosophiques interviennent dans un contexte financier désastreux pour l'entrepreneur. En seulement cinq jours de bourse, sa fortune nette a diminué d'environ 130 milliards de dollars, quelques semaines seulement après être devenu la première personne à dépasser le trillion de dollars. La chute de Tesla s'explique notamment par des résultats décevants au deuxième trimestre, révélant des dépenses croissantes sur des projets futurs comme les taxis autonomes et les robots humanoïdes, conduisant à un flux de trésorerie négatif qui inquiète les investisseurs quant à la rentabilité à court terme.

Un entretien houleux révélateur des tensions croissantes

L'interview a pris un tour particulièrement tendu lorsque Beddoes a interrogé Musk sur les décès liés aux coupes budgétaires de l'USAID suite à son travail au sein du Department of Government Efficiency. Le milliardaire s'est montré "extrêmement défensif", niant que des décès aient eu lieu malgré des preuves documentées. Vers la fin de la conversation, Musk est devenu de plus en plus agité, se plaignant de l'hostilité des médias. Il a affirmé que ses quelque 250 millions d'abonnés sur X prouvent que les gens l'adorent, avant de répéter à plusieurs reprises à Beddoes : "Ils vous détestent", en référence aux journalistes en général.

Cette interview survient également alors que l'engagement politique controversé de Musk continue de peser sur Tesla. Une étude de l'université de Yale a révélé que les actions "polarisantes et partisanes" du patron ont coûté à Tesla entre 1 et 1,26 million de ventes aux États-Unis. Le chiffre d'affaires annuel de Tesla a chuté pour la première fois depuis l'introduction en bourse de l'entreprise, atteignant 94,83 milliards de dollars, soit une baisse de 3%, tandis que les livraisons du quatrième trimestre ont plongé de 15,6% sur un an.

Malgré l'effondrement de ses entreprises et les critiques acerbes, Elon Musk maintient sa vision d'un monde transformé par l'IA où l'abondance matérielle rendrait l'argent superflu. Toutefois, comme l'a souligné la rédactrice en chef de The Economist, reste à savoir si cette abondance pourra se matérialiser sans bouleversements politiques majeurs, les craintes de déplacements d'emplois risquant de déclencher des demandes de nationalisation et de taxation bien avant que les bénéfices promis ne se concrétisent. Pour l'instant, c'est surtout la fortune personnelle du milliardaire qui fond à vue d'œil, illustrant de manière ironique la fragilité de la valeur – monétaire du moins – dans le monde actuel.

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