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Cyclone Harry : jusqu'à 380 migrants pourraient avoir péri en Méditerranée

Au moins 380 personnes sont portées disparues en Méditerranée après plusieurs naufrages survenus ces derniers jours, alors que le cyclone Harry frappait violemment le sud de l'Italie. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a exprimé sa « profonde inquiétude » face à ce qui pourrait constituer l'une des pires tragédies migratoires de ces dernières années.

Les garde-côtes italiens estiment que 380 personnes ayant pris la mer depuis la Tunisie pendant la tempête pourraient avoir péri. Dans un incident particulièrement dramatique confirmé par les autorités maltaises, 50 personnes sont mortes dans un seul naufrage survenu vendredi dernier. Un unique survivant a été secouru après avoir passé 24 heures accroché aux débris de l'embarcation.

« Ces tragédies soulignent une fois de plus les conséquences mortelles des réseaux de passeurs et de trafiquants de migrants », a déclaré Jorge Galindo, porte-parole de l'OIM. L'organisation a indiqué que trois naufrages avaient été signalés les 23 et 25 janvier, avec potentiellement au moins 104 morts. En parallèle, neuf embarcations parties de Tunisie entre le 14 et le 21 janvier, transportant environ 380 personnes au total, sont toujours portées disparues.

Des passeurs sans scrupules face à la tempête

Le cyclone Harry, qui a frappé le sud de l'Italie entre le 18 et le 22 janvier, a été décrit par les météorologues comme l'une des plus violentes tempêtes méditerranéennes depuis des décennies. Les vagues ont atteint des hauteurs de 10 mètres, dévastant les promenades côtières. Certaines régions ont reçu plus de 300 mm de pluie en 48 heures, soit le triple de la moyenne mensuelle de janvier.

Malgré ces conditions extrêmes, des passeurs sans scrupules ont envoyé des embarcations surchargées depuis le port tunisien de Sfax. L'OIM a qualifié cette pratique d'« acte criminel », ajoutant : « Organiser des départs alors qu'une tempête sévère frappait la région rend cette conduite encore plus répréhensible, car ces personnes ont été sciemment envoyées en mer dans des conditions équivalant à un risque quasi certain de mort. »

Parmi les victimes les plus bouleversantes figurent deux jumelles d'un an originaires de Guinée, présumées mortes d'hypothermie au large de Lampedusa. Leur mère, survivante du naufrage, a témoigné auprès de l'UNICEF de la mort de ses enfants avant même que l'embarcation ne soit secourue. Au large de Tobrouk, en Libye, 51 autres personnes sont également présumées mortes.

La Méditerranée centrale, route la plus meurtrière au monde

L'OIM rappelle que la Méditerranée centrale reste le couloir migratoire le plus meurtrier au monde. En 2025, au moins 1 340 personnes y ont perdu la vie. Depuis 2014, l'organisation a enregistré plus de 25 600 morts et disparitions parmi les personnes tentant la traversée.

En Italie, le gouvernement de Giorgia Meloni a durci sa politique migratoire ces dernières années, restreignant notamment les opérations de sauvetage des ONG. En 2025, 66 296 personnes sont arrivées par bateau sur les côtes italiennes, un chiffre en baisse par rapport aux années précédentes. La justice italienne a récemment bloqué le transfert de migrants vers l'Albanie, infligeant un revers à la politique du gouvernement.

Les recherches se poursuivent en mer pour tenter de retrouver les huit embarcations toujours portées disparues. L'OIM a averti que le bilan final pourrait être « significativement plus élevé » que les estimations actuelles, alors que les conditions météorologiques continuent de compliquer les opérations de secours.

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