Alerte mondiale sur les A320 : Airbus cloue 6 000 avions au sol
Quelques semaines après un incident spectaculaire sur un vol américain, Airbus a ordonné l’immobilisation immédiate d’environ 6 000 A320 dans le monde, le temps de remplacer en urgence un logiciel de commande vulnérable aux radiations solaires. Entre sécurité des passagers, casse-tête logistique pour les compagnies et pression économique grandissante, l’aéronautique affronte l’un des plus vastes rappels de son histoire récente.
Un incident qui fait basculer la flotte
Fin octobre, un A320 de la compagnie JetBlue subit en vol une brusque descente non commandée, déclenchée par des données erronées dans le système de commandes de vol.
L’enquête met au jour une vulnérabilité dans le logiciel du calculateur ELAC, chargé de gérer ailerons et gouvernes de profondeur, susceptible d’être perturbé par des radiations solaires intenses.
Un logiciel critique à remplacer en urgence
Dès la confirmation du risque, Airbus demande aux compagnies d’immobiliser tous les appareils équipés de la version incriminée du logiciel.
Sur la majorité des avions, une mise à jour ou un retour à une version antérieure peut être effectuée en quelques heures, parfois à distance, tandis qu’environ un millier de cellules plus anciennes nécessitent le remplacement physique du calculateur, une opération lourde qui se compte en semaines.
Aéroports saturés, vols annulés, passagers bloqués
Dans les hubs européens et nord-américains, les effets se font immédiatement sentir : rotations réduites, annulations en série, reprogrammations de dernière minute.
Les compagnies jonglent entre affrètement d’appareils de secours, réaffectation de flottes long-courriers et priorisation des lignes les plus stratégiques, tout en tentant de contenir la colère de passagers déjà éprouvés par une année de perturbations.
Airbus et les autorités sous pression
Airbus défend une décision « dictée exclusivement par la sécurité » et travaille avec l’équipementier Thales et les autorités de sécurité aérienne pour valider et déployer les correctifs.
Les régulateurs, eux, doivent rassurer sur la fiabilité globale des systèmes de commandes de vol tout en répondant à une question sensible : comment une telle faille a-t‑elle pu passer entre les mailles du filet de certification ?
Une crise qui interroge l’ère du tout-logiciel
Au-delà du rappel spectaculaire, l’affaire relance le débat sur la dépendance croissante de l’aviation moderne à des logiciels complexes, potentiellement exposés à des phénomènes extrêmes comme les radiations solaires.
Constructeur, équipementiers et compagnies se voient désormais sommés de prouver que la culture de sécurité et la résilience des systèmes suivent, au même rythme, l’accélération numérique des cockpits.