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SHEIN et Temu : nouvelle taxe de 3 € dès juillet 2026

Après la taxe française de 2 € instaurée en mars 2026, une nouvelle taxe européenne de 3 € par colis va s'appliquer dès le 1er juillet aux commandes SHEIN, Temu et AliExpress. Cette mesure, adoptée par le Conseil de l'UE le 12 décembre 2025, vise à freiner l'afflux massif de petits colis en provenance de plateformes chinoises et à protéger les commerçants européens.

La France a ouvert la voie en mars 2026 avec une contribution forfaitaire de 2 € par article importé depuis un pays hors Union européenne. Cette taxe, inscrite dans la loi de finances 2026, cible spécifiquement les commandes de moins de 150 € qui échappaient jusqu'alors aux droits de douane traditionnels.

Selon les données officielles, les plateformes chinoises expédient plusieurs centaines de millions de colis chaque année vers l'Europe, bénéficiant d'une exemption douanière qui leur confère un avantage concurrentiel considérable. « Cette situation crée une distorsion de concurrence inacceptable pour nos commerçants », a déclaré le ministre français de l'Économie lors de l'annonce de la mesure.

Une taxation qui grimpe à 5 € par catégorie

À compter du 1er juillet 2026, les consommateurs français devront donc s'acquitter d'une double taxation : 2 € au titre de la taxe nationale et 3 € pour la taxe européenne, soit un total de 5 € par catégorie de produits. Si une commande contient trois t-shirts, une seule taxe s'applique. En revanche, si elle mélange vêtements et accessoires électroniques, deux taxes distinctes seront prélevées.

Cette taxation s'ajoute à la TVA déjà applicable et aux éventuels droits de douane classiques. Pour un article à 10 €, la taxe représente donc une augmentation substantielle du coût final. Les défenseurs de cette mesure y voient un rééquilibrage nécessaire face à des prix artificiellement bas, tandis que les opposants dénoncent une atteinte au pouvoir d'achat des ménages modestes.

Les professionnels du e-commerce européen saluent cette initiative. La Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) estime que « cette taxation permettra de rétablir des conditions de concurrence plus équitables entre acteurs européens et plateformes extraeuropéennes ».

Des stratégies de contournement déjà à l'œuvre

Dès l'entrée en vigueur de la taxe française en mars, SHEIN et Temu ont rapidement adapté leur logistique. Plutôt que de faire atterrir leurs cargos à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, les plateformes chinoises ont redirigé leurs vols vers Liège en Belgique et Budapest en Hongrie, puis acheminent les marchandises par camion vers la France.

Cette manœuvre a permis d'échapper temporairement à la taxe nationale, provoquant une chute d'un tiers du trafic fret à l'aéroport parisien selon le groupe Aéroports de Paris. Toutefois, la taxe européenne harmonisée qui entrera en vigueur en juillet devrait fermer définitivement cette échappatoire, puisqu'elle s'appliquera uniformément dans les 27 États membres.

En novembre 2026, une nouvelle étape est prévue avec la mise en place d'un système de taxation harmonisé à l'échelle européenne, destiné à empêcher tout contournement entre pays membres. Les autorités douanières européennes coordonnent déjà leurs actions pour garantir l'application effective de cette réglementation.

Pour les millions de consommateurs français habitués aux prix attractifs de ces plateformes, cette double taxation représente un tournant. Selon plusieurs études de marché, les prix pourraient augmenter de 20 à 30 % en moyenne, rendant certains produits moins compétitifs face aux alternatives européennes. Reste à voir si cette mesure parviendra à modifier durablement les habitudes d'achat en ligne.

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