Lyon renforce la réglementation des trottinettes électriques : bridage à 10 km/h dans certaines rues
La Métropole de Lyon franchit une nouvelle étape dans la régulation des trottinettes électriques en libre-service. Après avoir interdit leur circulation sur les trottoirs et les berges de Saône, la ville prépare désormais le déploiement d'un système de bridage automatique qui limitera la vitesse à 10 km/h dans certaines zones piétonnes du centre-ville, notamment dans la Presqu'île.
Cette mesure expérimentale s'inscrit dans la continuité des actions menées par la municipalité depuis plusieurs années pour encadrer l'usage des nouveaux modes de mobilité urbaine. Les opérateurs de trottinettes en libre-service devront équiper leurs flottes de dispositifs géolocalisés capables de réduire automatiquement la vitesse dès l'entrée dans les périmètres concernés. Les rues Victor-Hugo et République, particulièrement fréquentées par les piétons, figureront parmi les premiers secteurs soumis à cette limitation.
Le bridage automatique repose sur la technologie du géofencing, déjà utilisée pour d'autres applications de mobilité urbaine. Concrètement, lorsqu'un utilisateur pénètre dans une zone piétonne délimitée numériquement, la trottinette réduit sa vitesse sans intervention du conducteur. Cette approche technologique permet d'assurer le respect des règles sans nécessiter une surveillance constante des forces de l'ordre. Les experts en sécurité routière saluent cette innovation qui pourrait servir de modèle à d'autres métropoles françaises confrontées aux mêmes problématiques.
Un cadre réglementaire qui se durcit progressivement
Au-delà du bridage automatique, Lyon a considérablement renforcé son arsenal réglementaire ces derniers mois. La vitesse maximale autorisée pour les trottinettes électriques reste fixée à 25 km/h sur la chaussée et les pistes cyclables, mais les sanctions en cas de dépassement se sont alourdies. Les contrevenants s'exposent désormais à une amende de 1 500 euros et à la confiscation de leur engin, une mesure dissuasive visant à responsabiliser les utilisateurs les plus téméraires.
La circulation sur les trottoirs, déjà interdite depuis plusieurs années, fait l'objet d'une application plus stricte avec des contrôles réguliers de la police municipale. Les berges de Saône sont également devenues des zones interdites aux trottinettes, afin de préserver la tranquillité des promeneurs et la sécurité des espaces riverains. Les infractions liées au stationnement gênant sont sanctionnées par une amende de 35 euros, un montant modeste mais qui s'additionne rapidement en cas de récidive.
Les règles d'âge et de capacité ont également été précisées : seules les personnes âgées d'au moins 12 ans peuvent conduire une trottinette électrique, et le transport d'un passager est strictement interdit. Ces dispositions visent à protéger les enfants et à éviter les surcharges dangereuses qui compromettent la stabilité des engins. Les opérateurs ont par ailleurs l'obligation de proposer un mode débutant limitant la vitesse à 15 km/h pour les nouveaux utilisateurs.
Des zones de stationnement dédiées pour organiser l'espace public
Dans le cadre de la loi d'orientation des mobilités (LOM), la Métropole de Lyon s'est engagée à créer environ 2 000 emplacements de stationnement dédiés aux trottinettes en libre-service. Ces zones clairement identifiées permettront de réduire l'encombrement des trottoirs et d'améliorer l'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Le non-respect de ces emplacements expose les utilisateurs à des amendes, tandis que les opérateurs qui ne respectent pas les quotas de stationnement risquent des sanctions administratives.
La ville a également décidé de limiter le nombre d'opérateurs autorisés à exercer sur son territoire. Seuls deux prestataires pourront désormais déployer leurs flottes, avec un maximum de 2 000 trottinettes chacun. Cette régulation vise à éviter la prolifération anarchique qui caractérisait les premières années d'implantation des services de mobilité partagée, tout en maintenant une concurrence suffisante pour garantir la qualité du service et des tarifs compétitifs. Cette démarche lyonnaise contraste avec l'approche plus radicale adoptée par Paris, qui a totalement interdit les trottinettes en libre-service suite à une consultation citoyenne en 2023.
Si les premiers retours de l'expérimentation du bridage automatique sont positifs, la Métropole envisage d'étendre progressivement le dispositif à l'ensemble des quartiers sensibles, notamment les zones touristiques et les abords des écoles. Cette démarche pragmatique témoigne d'une volonté de concilier innovation technologique, sécurité des usagers et préservation de la qualité de vie dans l'espace public. Les associations de piétons et de cyclistes suivent attentivement ces évolutions, espérant que Lyon ouvre la voie à un partage harmonieux de la rue entre tous les modes de déplacement.