Étudier en France depuis le Maghreb : visa, titre de séjour et aides
Candidature sur Études en France, visa, titre de séjour, argent à prouver, droits d'inscription, logement et petits boulots : les étapes et les chiffres à connaître quand on vient d'Algérie, du Maroc ou de Tunisie pour étudier en France.
Un étudiant algérien, marocain ou tunisien doit passer par la procédure Études en France de Campus France avant de demander son visa long séjour. Il doit justifier d'au moins 877,5 € de ressources par mois, puis, une fois en France, valider son visa en ligne dans les 3 mois (Maroc, Tunisie) ou demander un certificat de résidence (Algérie). En université publique, l'année de licence coûte 2 902 € et l'année de master 3 950 € en 2026-2027, sauf exonération.
Chaque année, des dizaines de milliers d'étudiants maghrébins s'inscrivent dans une université ou une école française. Le parcours est long : candidature en ligne dès l'automne, entretien, visa, démarches de séjour à l'arrivée, puis renouvellement chaque année ou pour la durée du cycle. Ce guide suit cet ordre. Les règles de séjour sont celles du Code de l'entrée et du séjour des étrangers (Ceseda) pour les Marocains et les Tunisiens ; les Algériens relèvent de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui prévoit des règles à part. Les montants sont ceux publiés par service-public.fr et Campus France, avec la date de leur mise à jour.
Dans ce guide
La procédure Études en France : calendrier et frais
L'Algérie, le Maroc et la Tunisie font partie des pays où la candidature passe obligatoirement par la plateforme Études en France, gérée par Campus France, au moment de la préinscription. Le dossier aboutit à une attestation de fin de procédure, à joindre à la demande de visa long séjour pour études. Campus France le rappelle : instruire un dossier ne garantit ni une place, que seul l'établissement accorde, ni un visa, que seul le consulat délivre.
La voie dépend du niveau visé, d'après la fiche de service-public.fr sur l'inscription d'un étranger dans l'enseignement supérieur (vérifiée le 5 décembre 2025) :
- 1re année de licence : demande d'admission préalable (DAP, le « dossier blanc »), en général entre début octobre et mi-décembre de l'année qui précède la rentrée, sur la plateforme Études en France. Un élève qui prépare un baccalauréat français passe par Parcoursup (de fin décembre à mi-mars) et suit en parallèle la procédure Études en France.
- 2e ou 3e année de licence, master, école : candidature directe sur Études en France, aux établissements « connectés » à la plateforme.
- Doctorat : hors procédure ; on contacte directement l'école doctorale.
Pour la rentrée de septembre 2027, la campagne a ouvert le 1er octobre 2026. Les dates limites et les frais de dossier, non remboursables, varient selon le pays :
| Pays | Frais de dossier | Dates limites de dépôt |
|---|---|---|
| Algérie | 20 000 DA, payés en ligne dans les 48 heures après la soumission | 30 novembre 2026 hors DAP (L2, L3, master, BUT, écoles) ; 15 décembre 2026 pour la DAP ; entretien au plus tard le 15 mars 2027 |
| Maroc | 1 900 DH, payés une seule fois pour la campagne d'octobre 2026 à septembre 2027 | Dépôt et paiement du 1er octobre au 15 novembre 2026 à 23 h 59 (heure marocaine) pour les formations connectées |
| Tunisie | 400 DT depuis le 1er août 2025 | Selon le calendrier interactif 2026-2027 publié par Campus France Tunisie |
Ces montants et ces dates viennent des sites de Campus France Algérie (page des frais mise à jour le 27 juillet 2025 et calendrier de la procédure), Campus France Maroc et Campus France Tunisie, consultés le 7 novembre 2026.
Les étapes sont les mêmes partout : construire son projet, créer son dossier et ses vœux, payer les frais, passer l'entretien avec un conseiller de Campus France, puis confirmer son choix définitif parmi les réponses positives. Un dossier payé mais non soumis, ou soumis sans paiement, n'est pas traité. Campus France Algérie précise qu'aucun intermédiaire n'est habilité à traiter un dossier. Après le message de fin de procédure, la demande de visa se dépose auprès du prestataire du consulat : CAPAGO en Algérie, TLS-Contact en Tunisie.
Visa étudiant et titre de séjour (Maroc, Tunisie)
Pour un étudiant marocain ou tunisien, le visa délivré est un visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) mention « étudiant », valable de 4 mois à 1 an. Selon la fiche de service-public.fr sur le séjour des étudiants étrangers (vérifiée le 1er août 2026), il faut, dans les 3 mois qui suivent l'arrivée, le valider en ligne et payer une taxe de 100 €. Sans cette validation, le séjour n'est pas régulier et il devient impossible de ressortir puis de revenir dans l'espace Schengen.
Avant la fin du VLS-TS, l'étudiant demande sa carte de séjour, uniquement en ligne, au plus tôt 4 mois et au plus tard 2 mois avant l'expiration. L'attestation de dépôt délivrée aussitôt ne vaut pas titre de séjour. Les documents demandés : justificatif de domicile de moins de 6 mois, e-photo, inscription ou préinscription, relevés de notes de l'année, dernier diplôme obtenu en France, justificatifs de ressources et contrat d'engagement à respecter les principes de la République signé.
- Carte d'un an : 100 € de taxe et droit de timbre.
- Carte pluriannuelle : après un an en France, elle couvre les années restantes du cycle (2 ans après une 1re année de licence, par exemple) et coûte 150 € (100 € de taxe et 50 € de timbre).
- Demande hors délai : 180 € de droit de visa de régularisation en plus, sauf force majeure.
La préfecture vérifie le « caractère réel et sérieux » des études : assiduité, résultats, diplômes, explications en cas de changement de cursus. Un redoublement par cycle ne remet pas à lui seul ce sérieux en cause. Depuis le 30 octobre 2026, la préfecture dispose de 90 jours après un dossier complet pour répondre ; son silence vaut ensuite refus, comme nous l'expliquions dans notre article sur le nouveau délai de réponse des préfectures.
Étudiants algériens : le certificat de résidence
Les Algériens obtiennent un visa long séjour « pour études ». En application de l'accord de 1968, et sauf mention contraire sur la vignette, ils doivent ensuite demander un certificat de résidence mention « étudiant », rappelle Campus France Algérie. D'après la fiche de service-public.fr sur le certificat de résidence d'un an pour Algérien (vérifiée le 1er août 2026), la demande se fait en ligne et coûte 150 € (50 € de timbre et 100 € de taxe). Elle demande les mêmes 877,5 € de ressources par mois, un acte de naissance avec filiation traduit par un traducteur agréé, un justificatif de domicile de moins de 3 mois et l'attestation d'inscription ou de préinscription.
Le certificat vaut un an et se renouvelle en ligne, là aussi 4 à 2 mois avant son expiration, pour 100 € (180 € de plus hors délai). Cette fiche indiquait encore, au 7 novembre, un refus implicite après 4 mois sans réponse, avec la mention « page en cours de mise à jour » après le décret du 26 octobre 2026 : vérifiez le délai applicable auprès de votre préfecture.
Ressources, assurance maladie et CVEC
Le premier critère est financier : il faut justifier d'au moins 877,5 € par mois, au visa comme à chaque renouvellement. Sont acceptés une attestation de bourse (du gouvernement français ou du pays d'origine), des fiches de paie, une prise en charge par un tiers avec virements réguliers ou attestation sur l'honneur, ou un solde bancaire suffisant. Cette condition ne s'applique pas aux lauréats d'un concours d'entrée dans un établissement ayant signé une convention avec l'État.
L'affiliation à l'Assurance maladie est gratuite. Elle se demande sur le site etudiant-etranger.ameli.fr, avec le passeport, le titre de séjour, l'attestation de scolarité, un RIB et un acte de naissance, indique ameli.fr (page datée du 19 janvier 2026). Le site attribue un numéro de sécurité sociale provisoire et une attestation provisoire, qui permettent de déclarer un médecin traitant et de souscrire une complémentaire santé ; la carte Vitale se demande après l'immatriculation définitive.
Avant de s'inscrire, l'étudiant paie la contribution vie étudiante et de campus (CVEC), soit 105 € pour 2026-2027 selon service-public.fr (fiche vérifiée le 20 août 2026), sur cvec.etudiant.gouv.fr ou en espèces dans un bureau de poste ; l'attestation est exigée à l'inscription et la somme n'est pas remboursée en cas d'abandon.
Droits d'inscription, bourses et APL
Dans les universités et écoles publiques relevant du ministère de l'Enseignement supérieur, les étudiants venus de pays hors Union européenne paient des droits « différenciés ». D'après la page de Campus France sur le coût des études (mise à jour le 25 juin 2026), le tarif de base étant celui de service-public.fr (vérifié le 20 août 2026) :
| Diplôme | Étudiant hors UE | Tarif de base |
|---|---|---|
| Licence (par an) | 2 902 € | 178 € |
| Master (par an) | 3 950 € | 255 € |
| Doctorat (par an) | 398 € | 398 € |
Paient le tarif de base, entre autres, les doctorants, les étudiants dont le foyer fiscal est en France depuis plus de 2 ans et les titulaires d'une carte de résident longue durée. Sont exonérés d'office les boursiers du gouvernement français et les étudiants venus dans le cadre d'un accord d'échange avec exonération réciproque. Les établissements peuvent aussi exonérer sur demande ; le décret n° 2026-385 du 19 mai 2026 a changé ces conditions, avec un maintien pour les étudiants déjà exonérés jusqu'à la fin de leur cycle dans le même établissement. Dans le privé, les écoles fixent leurs tarifs, souvent de 6 000 à 18 000 € par an selon Campus France.
Les bourses du Crous sur critères sociaux sont en pratique hors de portée d'un nouvel arrivant : un étudiant non européen doit avoir un titre de séjour, être domicilié en France depuis au moins 2 ans et y avoir un foyer fiscal de rattachement depuis au moins 2 ans (service-public.fr, fiche vérifiée le 10 avril 2026). Pour le logement, les résidences du Crous se demandent sur trouverunlogement.lescrous.fr.
Côté APL, la règle a changé. Selon la fiche APL de service-public.fr (vérifiée le 1er juillet 2026), depuis le 1er juillet 2026, un étudiant hors UE titulaire d'un titre de séjour « études » ne touche l'APL que s'il perçoit une bourse sur critères sociaux, exerce une activité professionnelle ou est en contrat d'apprentissage ou de professionnalisation. Nous avions détaillé les effets de cette mesure dans notre article sur les étudiants algériens et les APL.
Travailler pendant ses études, puis rester
Les règles diffèrent selon la nationalité, d'après la fiche de service-public.fr sur le travail des étudiants non européens (vérifiée le 7 octobre 2025) :
- Marocains et Tunisiens : jusqu'à 964 heures par an (60 % de la durée légale annuelle) sans autorisation de travail, comptées à partir de la validation du VLS-TS ou de la délivrance de la carte. L'employeur doit déclarer l'embauche à la préfecture au moins 2 jours ouvrables avant. Dépasser ce plafond expose au retrait ou au refus de renouvellement du titre.
- Algériens : l'employeur doit obtenir une autorisation de travail avant chaque emploi, sur présentation d'une promesse d'embauche ou d'un contrat, et l'activité est limitée à 50 % de la durée annuelle de travail de la branche.
- Pour tous : le titre étudiant ne permet pas d'être auto-entrepreneur. Un contrat d'apprentissage est possible après un an en France, ou dès la première année pour un master ; il permet de dépasser ces plafonds.
Après un master ou une licence professionnelle obtenu en France depuis moins de 12 mois, un Marocain ou un Tunisien peut demander une carte « recherche d'emploi ou création d'entreprise » d'un an, pour chercher un emploi ou créer une entreprise en lien avec ses études. Service-public.fr (fiche vérifiée le 1er juin 2026) précise que cette carte ne concerne pas les étudiants algériens, dont le changement de statut suit l'accord de 1968.
Questions fréquentes
Combien d'argent faut-il pour étudier en France ?
Il faut justifier d'au moins 877,5 € par mois pour le visa et pour chaque renouvellement. S'y ajoutent les frais de dossier Campus France, la CVEC de 105 € et les droits d'inscription : 2 902 € par an en licence et 3 950 € en master dans le public pour un étudiant hors UE en 2026-2027, sauf exonération.
Quand faut-il valider son visa étudiant ?
Un VLS-TS « étudiant » se valide en ligne dans les 3 mois qui suivent l'arrivée en France, avec une taxe de 100 €. Les Algériens, eux, demandent après leur arrivée un certificat de résidence mention « étudiant », sauf mention contraire sur la vignette du visa.
Un étudiant étranger a-t-il droit à l'APL ?
Depuis le 1er juillet 2026, un étudiant non européen titulaire d'un titre de séjour pour études n'y a droit que s'il est boursier sur critères sociaux, s'il travaille ou s'il est en contrat d'apprentissage ou de professionnalisation.
Combien d'heures un étudiant étranger peut-il travailler ?
964 heures par an sans autorisation de travail pour un titulaire d'un VLS-TS ou d'une carte « étudiant ». Pour un Algérien, 50 % de la durée annuelle de travail de la branche, avec une autorisation de travail demandée par l'employeur.
La procédure Campus France garantit-elle le visa ?
Non. Elle est obligatoire pour demander le visa, mais l'admission dépend de l'établissement et le visa du consulat. Les frais de dossier ne sont pas remboursés en cas de refus.
Photo : Jarod Barton / Pexels, une rue du Quartier latin menant au Panthéon, à Paris.
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