Loi Le Meur : ce qui change pour les meublés de tourisme et les loueurs Airbnb
Enregistrement national, DPE, 90 ou 120 jours pour une résidence principale, abattement micro-BIC réduit, copropriété : les mesures de la loi du 19 novembre 2024 sur les meublés de tourisme, avec leur date d'application et leurs textes.
La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 dite Le Meur généralise le numéro d'enregistrement des meublés de tourisme via un téléservice national (annoncé pour le quatrième trimestre 2026), exige un DPE de A à E pour obtenir une autorisation de changement d'usage, permet aux communes d'abaisser jusqu'à 90 jours la location d'une résidence principale et aux copropriétés d'interdire les meublés de tourisme dans les lots de résidence secondaire, à la majorité de l'article 26 (majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix). Depuis les revenus de 2025, le micro-BIC d'un meublé non classé est limité à 15 000 € de recettes avec un abattement de 30 %, contre 77 700 € (83 600 € pour les revenus 2026) et 50 % pour un meublé classé.
La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, publiée au Journal officiel du 20 novembre 2024, encadre la location de courte durée des logements meublés, celle que pratiquent les loueurs sur Airbnb, Abritel ou Booking. Ses mesures n'entrent pas toutes en vigueur à la même date : certaines s'appliquent depuis novembre 2024, d'autres depuis les revenus de 2025, d'autres encore attendent un téléservice ou l'année 2034. Ce guide les présente une par une, avec leur date et leur texte. Il résume la réglementation et ne remplace pas l'avis de votre mairie ou d'un professionnel sur votre situation.
Dans ce guide
Ce qui change, mesure par mesure
Un meublé de tourisme est une villa, un appartement ou un studio meublé, à l'usage exclusif du locataire, loué à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile, à la journée, à la semaine ou au mois. Les gîtes ruraux en sont le plus souvent, même si la notion n'a pas de définition juridique. Le meublé peut être classé (de une à cinq étoiles) ou non classé.
| Mesure | Avant la loi | Avec la loi | Application |
|---|---|---|---|
| Enregistrement | Déclaration en mairie ; numéro seulement dans certaines communes | Numéro obligatoire partout, via un téléservice national | Téléservice prévu au 4e trimestre 2026 |
| Résidence principale | 120 jours de location par an au plus | 120 jours, que la commune peut abaisser jusqu'à 90 | Depuis le 1er janvier 2025 |
| DPE et changement d'usage | Aucune exigence énergétique | Classe A à E pour obtenir l'autorisation, puis A à D | Depuis le 21 novembre 2024 ; A à D en 2034 |
| Micro-BIC, meublé non classé | Seuil de 77 700 € (revenus 2024) | Seuil de 15 000 €, abattement de 30 % | Depuis les revenus 2025 |
| Copropriété | Interdiction votée à l'unanimité | Interdiction possible à la majorité de l'article 26 (deux tiers des voix) | Depuis le 21 novembre 2024 |
Sources : ANIL, analyse de la loi n° 2024-1039 ; impots.gouv.fr (page modifiée le 6 juillet 2026) ; direction générale des entreprises (page mise à jour le 23 juillet 2026). Consultés le 18 octobre 2026.
La loi permet aussi aux communes de fixer des quotas d'autorisations temporaires de changement d'usage par zone, et de réserver, dans leur plan local d'urbanisme, des secteurs où les logements neufs doivent être des résidences principales. Une résidence principale est un logement occupé au moins huit mois par an : au-delà de 120 jours de location (ou de la limite fixée par la commune), elle n'en est plus une, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou force majeure.
Déclaration et numéro d'enregistrement
Vérifier les règles de sa commune
Jusqu'à l'ouverture du téléservice national, la direction générale des entreprises (DGE) indique que les obligations restent celles de la commune : déclaration en mairie avec le formulaire Cerfa n° 14004, ou enregistrement là où la commune l'a instauré. Dans certaines villes, louer une résidence secondaire exige en plus une autorisation de changement d'usage.
Obtenir l'autorisation de changement d'usage si elle est exigée
Là où elle s'applique, cette autorisation peut être temporaire ou permanente, et parfois assortie d'une compensation (transformer un autre local en logement). Depuis le 21 novembre 2024, il faut joindre un DPE classé de A à E.
S'enregistrer sur le téléservice national à son ouverture
La loi en fixait l'entrée en vigueur au plus tard au 20 mai 2026. Les décrets n° 2026-196 et n° 2026-197 du 19 mars 2026 ont organisé le dispositif, et la DGE annonce le téléservice pour le quatrième trimestre 2026. L'enregistrement donnera automatiquement un numéro. La Corse aura son propre téléservice.
Renouveler un ancien numéro communal
Les loueurs qui ont déjà un numéro délivré par leur commune auront plusieurs mois pour le renouveler sur le téléservice. Ensuite, les anciens numéros ne seront plus acceptés par les plateformes.
Afficher le numéro et prévenir le syndic
Le numéro doit figurer sur chaque annonce. En copropriété, le loueur qui a déclaré un meublé de tourisme, y compris sa résidence principale, doit en informer le syndic.
Selon la DGE, les pièces justificatives exigées par le téléservice sont encore en cours de stabilisation ; elles devraient comprendre la pièce d'identité et, pour une résidence principale, l'avis d'impôt sur le revenu.
Fiscalité : meublé classé ou non classé
Les recettes d'un meublé de tourisme relèvent du régime micro-BIC tant qu'elles ne dépassent pas un seuil, au-delà duquel le régime réel s'applique. La loi Le Meur a abaissé ces seuils et les abattements à partir de l'imposition des revenus de 2025, déclarés en 2026.
| Critère | Meublé non classé | Meublé classé |
|---|---|---|
| Seuil, revenus 2025 | 15 000 € | 77 700 € |
| Seuil, revenus 2026 | 15 000 € | 83 600 € |
| Abattement forfaitaire | 30 % | 50 % |
| Case de la déclaration (déclarant 1) | 5NH | 5NG |
Sources : impots.gouv.fr, page modifiée le 6 juillet 2026 ; service-public.gouv.fr, actualité du 27 juillet 2026.
Si le chiffre d'affaires a dépassé le seuil deux années de suite, le régime réel s'applique, avec une comptabilité et une déclaration n° 2031. Le classement est facultatif : il compte de une à cinq étoiles, vaut cinq ans, et s'obtient après la visite d'un organisme accrédité par le Cofrac ou d'un organisme habilité par le Code du tourisme, selon une grille de 133 critères (arrêté du 2 août 2010 modifié). Les chambres d'hôtes relèvent des mêmes seuils que les meublés classés.
DPE, copropriété et sanctions
Performance énergétique. Dans l'Hexagone, une autorisation de changement d'usage n'est accordée depuis le 21 novembre 2024 qu'avec un DPE classé de A à E, puis de A à D à partir du 1er janvier 2034. À cette même date, tous les meublés de tourisme devront être classés de A à D pour être considérés comme décents, sauf lorsque le logement est la résidence principale du loueur. Le propriétaire qui loue un meublé de tourisme hors de ces niveaux s'expose à une amende administrative de 5 000 € au plus par logement. Ces règles ne s'appliquent pas aux meublés situés outre-mer.
Copropriété. Depuis la loi, un règlement de copropriété peut être modifié à la majorité de l'article 26, celle des membres représentant au moins les deux tiers des voix, pour interdire la location en meublé de tourisme. Deux conditions : l'interdiction ne peut viser que les lots d'habitation constituant une résidence secondaire, et le règlement doit déjà interdire toute activité commerciale dans les lots qui n'y sont pas destinés. Les règlements établis depuis le 21 novembre 2024 doivent indiquer explicitement si la location en meublé de tourisme est autorisée ou interdite. Notre article Airbnb et copropriété détaille ce point.
Sanctions. La loi relève plusieurs plafonds d'amende. Le non-respect d'une autorisation de changement d'usage peut coûter jusqu'à 100 000 € d'amende civile par local (contre 50 000 € auparavant), en vigueur depuis le 21 novembre 2024. Le dépassement de la durée maximale de location d'une résidence principale est porté à 15 000 € au plus. Pour l'enregistrement national, la DGE indique deux amendes administratives prononcées par la commune : 10 000 € au plus pour un meublé loué sans déclaration, 20 000 € au plus pour une fausse déclaration ou un faux numéro. Ces sanctions accompagnent le nouvel enregistrement ; vérifiez auprès de votre mairie celles qui s'appliquent déjà chez vous.
Règles locales : l'exemple de Nice
La loi donne des outils aux communes ; chacune décide de s'en servir (voir aussi notre article Paris : les locations meublées touristiques en net recul après les JO 2024). À Nice, la délibération n° 2.1 du conseil métropolitain de la Métropole Nice Côte d'Azur du 22 juin 2026 a adopté un nouveau règlement des changements d'usage, appliqué aux dossiers depuis le 1er septembre 2026. Selon la Métropole :
- un particulier peut obtenir une autorisation temporaire par propriétaire et par foyer fiscal, valable cinq ans, non renouvelable et non transférable ; au-delà, il faut une compensation ou le dispositif de location mixte ;
- quatre secteurs sont soumis à des quotas (Vieux-Nice, Riquier – Port – Mont Boron, Centre-Ville et Ouest), avec un dépôt des demandes en ligne du 1er septembre au 31 décembre 2026 ;
- une résidence principale peut être louée 120 jours par an au plus ;
- le numéro d'enregistrement est distinct de l'autorisation de changement d'usage et s'obtient avec la déclaration de taxe de séjour.
À Marseille, la Ville publie ses propres règles (changement d'usage, compensation, numéro d'enregistrement) sur marseille.fr : consultez-les directement avant toute mise en location. Voir aussi notre article Location saisonnière : Marseille, deuxième destination la plus recherchée.
Questions fréquentes
La loi Le Meur est-elle en vigueur ?
Oui, mais par étapes : les règles de changement d'usage, de DPE pour l'autorisation et de copropriété depuis le 21 novembre 2024, la limite communale de 90 jours depuis le 1er janvier 2025, la fiscalité depuis les revenus de 2025. Le téléservice national d'enregistrement est annoncé pour le quatrième trimestre 2026 et le DPE A à D pour 2034.
Que se passe-t-il depuis le 20 mai 2026 ?
C'était la date limite fixée par la loi pour l'enregistrement national. Au 18 octobre 2026, le téléservice n'étant pas encore ouvert, la DGE précise que les loueurs continuent d'appliquer les règles de leur commune jusqu'à sa mise en service.
Les chambres d'hôtes sont-elles concernées par l'enregistrement national ?
Non. Selon la DGE, les chambres d'hôtes, péniches, bateaux, cabanes, yourtes, bulles et roulottes n'auront pas à s'enregistrer sur le téléservice national des meublés de tourisme.
Une résidence principale peut-elle être louée sans autorisation de changement d'usage ?
Oui, dans la limite de 120 jours par an, ou moins si la commune a abaissé ce plafond, sans descendre sous 90 jours. La déclaration ou l'enregistrement reste toutefois dû. Au-delà, le logement n'est plus considéré comme une résidence principale et les règles du changement d'usage peuvent s'appliquer.
Le classement est-il obligatoire ?
Non, il est volontaire. Il ouvre un régime micro-BIC plus favorable (seuil et abattement plus élevés) et dure cinq ans.
Un logement classé F ou G peut-il être loué en meublé de tourisme ?
Hors autorisation de changement d'usage, l'obligation générale A à D s'appliquera au 1er janvier 2034, sauf résidence principale du loueur. Là où la commune impose une autorisation de changement d'usage, un DPE A à E est exigé pour l'obtenir depuis novembre 2024.
Journal des modifications
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