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Accident de Boumerdès : le chauffeur roulait à 121 km/h sous stupéfiants

L'enquête judiciaire sur l'accident meurtrier de Boumerdès, survenu le 31 juillet 2024, a révélé des éléments accablants : le chauffeur du car était sous l'emprise de stupéfiants et roulait à 121,63 km/h dans une zone limitée à 60 km/h. Ce drame a coûté la vie à 28 personnes et fait 36 blessés, faisant de cette tragédie l'un des accidents de la route les plus meurtriers de l'année en Algérie.

Le procureur de la République près le tribunal de Boumerdès a dévoilé les conclusions préliminaires de l'enquête technique menée par la gendarmerie nationale. Les analyses toxicologiques effectuées sur le corps du chauffeur, décédé dans l'accident, ont confirmé la présence de plusieurs substances psychotropes dans son organisme. Deux comprimés de stupéfiants ont également été découverts dans ses vêtements au moment de l'accident. Ces révélations jettent une lumière crue sur les conditions dans lesquelles ce véhicule de transport public circulait sur la route nationale entre Sétif et Alger.

L'excès de vitesse constaté est particulièrement choquant : le car roulait à plus du double de la vitesse autorisée au moment où il a quitté la chaussée pour plonger dans un ravin près de la ville côtière de Boumerdès. La zone où s'est produit le drame, située sur la rocade de Rahmoun El Karma à environ 55 kilomètres à l'est d'Alger, est pourtant connue des conducteurs réguliers pour ses virages dangereux. L'enquête devra déterminer si d'autres facteurs, comme l'état du véhicule ou les conditions météorologiques, ont contribué à cette sortie de route fatale.

Un car en situation de surcharge manifeste

Au-delà de l'état du chauffeur et de la vitesse excessive, l'enquête a mis en évidence une autre violation grave des normes de sécurité : le car transportait 64 passagers alors que sa capacité maximale autorisée n'était que de 51 personnes. Cette surcharge de 25% représente un facteur aggravant considérable, notamment en termes de stabilité du véhicule dans les virages et de distance de freinage. Les experts en sécurité routière soulignent régulièrement que le dépassement de la capacité d'un véhicule multiplie les risques d'accident et aggrave systématiquement les conséquences en cas de collision ou de renversement.

Les 28 victimes décédées et les 36 blessés témoignent de la violence du choc. L'accident s'est produit vers 9h41 du matin, heure à laquelle le car assurait une liaison régulière entre la wilaya de Sétif et la capitale. Parmi les blessés, plusieurs se trouvent toujours dans un état critique selon les derniers bilans communiqués par la Protection civile algérienne. Les familles des victimes, originaires pour la plupart des wilayas de l'est du pays, réclament des explications sur les circonstances qui ont permis qu'un véhicule surchargé, conduit par un chauffeur sous l'emprise de stupéfiants, puisse prendre la route en toute impunité.

Une tolérance zéro promise par les autorités

Face à l'ampleur du drame et aux révélations de l'enquête, le président Abdelmadjid Tebboune a réagi avec fermeté, déclarant que la justice « frappera d'une main de fer, sans la moindre indulgence » tous les responsables de cette tragédie. Cette déclaration s'inscrit dans un contexte où les accidents de la route constituent un véritable fléau en Algérie : selon les statistiques de la Protection civile, le premier mois de l'été 2024 a enregistré 310 morts et 1 286 blessés sur les routes algériennes. Les autorités ont annoncé le renforcement des contrôles sur les compagnies de transport et leurs chauffeurs, avec des tests de dépistage systématiques et des vérifications plus strictes du respect des capacités des véhicules.

L'enquête judiciaire se poursuit pour établir l'ensemble de la chaîne des responsabilités. Au-delà du chauffeur décédé, les enquêteurs s'intéressent désormais à la compagnie de transport qui l'employait : les dirigeants de l'entreprise savaient-ils que leur employé consommait des stupéfiants ? Des contrôles médicaux étaient-ils effectués régulièrement ? Comment le dépassement manifeste de la capacité du véhicule a-t-il pu passer inaperçu ? Ces questions restent pour l'instant sans réponse, mais le parquet a promis que toute négligence ou complicité serait sanctionnée avec la plus grande sévérité. Pour les familles endeuillées et pour l'opinion publique algérienne, cette tragédie de Boumerdès doit marquer un tournant décisif dans la politique de sécurité routière du pays.

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