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Narcotrafic : l'Algérie prononce ses premières condamnations à mort

Le tribunal criminel près la Cour d'Alger a prononcé, lundi 5 octobre 2026, les premières condamnations à mort pour narcotrafic en application de la loi n° 25-03 du 1er juillet 2025. Neuf accusés sont visés dans une affaire de cocaïne et de prégabaline, dont six jugés par contumace.

Selon l'APS, relayée par L'Express DZ, trois des neuf condamnés étaient présents à l'audience. Les six autres, en fuite, ont été jugés par contumace. Le Matin d'Algérie et Algérie Patriotique rapportent le même bilan.

Cette décision marque une étape inédite dans l'application de la loi 25-03, adoptée en 2025 pour prévenir et réprimer l'usage et le trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes. D'après Algérie360, les six condamnés par contumace font l'objet de mandats d'arrêt. Les recherches se poursuivent en Algérie comme à l'étranger.

Une affaire née d'une saisie à M'sila

Tout part de septembre 2025. La police saisit alors à M'sila 113 kg de cocaïne et 225 097 comprimés de prégabaline, selon El Moudjahid, cité par TSA. Le jugement, lui, retient 225 030 comprimés, d'après l'APS. La prégabaline est un médicament détourné de son usage médical, souvent désigné sous le nom commercial Lyrica, précisent Algérie360 et Algérie Patriotique.

Toujours d'après El Moudjahid, cité par TSA, le réseau comptait 16 membres, dont un ressortissant guinéen. L'accusé principal est un jeune homme de 22 ans.

Les chefs d'accusation criminels couvrent l'importation, le transport, le chargement et l'expédition, le stockage et la détention en vue de la vente de drogues dures et de substances psychotropes. Ces faits ont été commis dans le cadre d'un groupe criminel organisé, dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale et de troubler l'ordre et la sécurité publics. S'y ajoute le crime de contrebande.

Les accusés étaient aussi poursuivis pour des délits connexes : usurpation d'identité, immigration clandestine, séjour irrégulier et blanchiment d'argent, selon l'APS, TSA et Algérie Patriotique.

Algérie Patriotique évoque un « tournant historique » et une politique de « tolérance zéro ». Algérie360 souligne des volumes « rarement atteints devant les juridictions algéroises ».

Ce que prévoit la loi 25-03 et le contexte politique

Le Matin d'Algérie détaille les cas où la loi 25-03 prévoit la peine capitale. Elle vise les infractions liées aux drogues synthétiques lorsqu'elles sont passibles de la perpétuité, mais aussi les trafics entraînant la mort ou susceptibles de causer un grave préjudice à la santé publique, ou commis par un groupe criminel organisé transnational. Elle s'applique aussi lorsque l'objectif est de porter atteinte à la sécurité nationale, ou en cas d'usage ou de menace d'une arme à feu.

Le 22 septembre 2026, à Oran, le ministre de la Justice Lotfi Boudjemaa avait annoncé que la peine capitale serait « activée » contre les trafiquants de drogue. Il invoquait l'ampleur des saisies de drogues dures. Il avait assuré que les décisions seraient prises dans le respect des garanties judiciaires et après épuisement des voies de recours, rapporte Le Matin d'Algérie.

La semaine précédant le verdict, l'Assemblée populaire nationale a adopté un projet de loi modifiant le Code pénal. Il prévoit le rétablissement de l'exécution de la peine de mort pour certains crimes graves : incendies volontaires et enlèvement d'enfants, selon l'APS et TSA. Sur ce sujet, nous avons déjà relaté comment Abdelmadjid Tebboune a ordonné que la peine de mort soit effective contre les pyromanes.

Les précédents récents, rapportés par Algérie360 sans date précise, étaient moins lourds. Au printemps 2026, les principaux cerveaux d'un réseau d'importation de stupéfiants, 18 accusés et des saisies de kif traité à Blida, ont été condamnés à la perpétuité. Quelques semaines plus tôt, la cour criminelle d'appel d'Alger avait confirmé vingt ans de réclusion contre un baron surnommé « Escobar » et ses coaccusés.

La lutte contre les psychotropes mobilise aussi la police sur d'autres fronts. Nous avons récemment relaté un coup de filet historique, avec 10,4 millions de comprimés psychotropes saisis.

Reste une réserve de taille. L'Algérie observe un moratoire sur l'exécution de la peine capitale depuis 1993, date de la dernière exécution, la peine de mort demeurant dans l'arsenal juridique. L'APS, TSA et Le Matin d'Algérie le rappellent. Rien, dans les sources consultées, n'indique qu'une exécution sera programmée.

Le Matin d'Algérie signale par ailleurs qu'un appel signé par plusieurs dizaines de citoyennes et citoyens a été rendu public pour le maintien du moratoire.

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