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Baisse du gazole attendue le 1er novembre : les réflexes des entreprises

Le gouvernement annonce une baisse du gazole à la pompe à partir du 1er novembre 2026, grâce à la vente à prix coûtant de 10 millions de barils issus des stocks stratégiques. Pour les transporteurs, artisans, entreprises du BTP, agriculteurs et employeurs, la baisse reste « attendue » et non garantie : l'ampleur réelle dépendra des distributeurs. Voici ce qu'il faut vérifier, facture en main.

L'opération porte sur 10 millions de barils de gazole, soit environ 1,6 million de mètres cubes, prélevés sur les stocks stratégiques. Ils seront vendus à prix coûtant aux distributeurs pendant trois mois, jusqu'à fin janvier 2027. Les premières ventes aux distributeurs sont prévues le 28 octobre 2026, et la baisse à la pompe est attendue à partir du 1er novembre.

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Le gouvernement évoque une baisse de 12 à 18 centimes par litre de gazole, soit une économie d'environ 10 euros par plein. Ces volumes ont été achetés avant la guerre au Moyen-Orient, à 0,28 euro le litre, contre un prix de marché d'environ 1,10 euro le litre. C'est cet écart qui doit, en principe, alimenter la baisse.

Le 12 octobre 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni les distributeurs pour fixer les modalités. Il a parlé d'« une mesure exceptionnelle, qu'aucun gouvernement n'avait jusqu'alors jamais prise » et assuré que « chaque étape sera traçable ». Pour une entreprise qui consomme du carburant chaque semaine, la question est surtout de savoir ce que cela change sur ses factures.

Gazole : ce que l'on sait, et ce que l'on ignore encore

Le point de départ est connu. Selon les relevés de prix-carburants.gouv.fr relayés par France Transactions le 22 octobre, le gazole se vendait en moyenne 2,370 euros le litre sur la semaine du 18 au 24 octobre 2026. La médiane était identique, et le prix a gagné 1,0 centime sur la semaine. Depuis le début du mois, le gouvernement situe la moyenne entre 2,3 et 2,4 euros. Nous avions décrit cette flambée dans notre article sur le gazole au plus haut historique.

Les stocks seront répartis entre les distributeurs sur la base de leurs parts de marché de 2025. Le gouvernement affirme contrôler prix et marges et pouvoir encadrer les marges par décret si nécessaire. Des bilans de ventes et de répercussion doivent aussi être transmis aux autorités, selon un relais de franceinfo, donc de seconde main.

Chez TotalEnergies, l'annonce porte sur environ 10 centimes de moins par litre de gazole pour les particuliers. Une fourchette de 8 à 12 centimes est citée ailleurs. Le groupe évoque aussi 20 centimes de moins sur le GNR et 200 euros de moins par mètre cube de fioul domestique. Le plafond de 2,25 euros le litre pour le gazole, et de 1,99 euro pour l'essence, est maintenu. Sans ce plafond, le gazole serait autour de 2,15 euros dans ses stations.

Les autres enseignes ont affiché leur position. Mobilians assure répercuter la baisse dès l'arrivée du prix remisé, « notre marge étant fixe quel que soit le prix ». Michel-Édouard Leclerc a déclaré : « Si on achète moins cher, on vendra à l'euro près, au centime d'euro près, on vendra moins cher ». Ces engagements sont des déclarations d'intention, qu'il faudra vérifier à la pompe.

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Plusieurs éléments manquent à ce stade. À notre connaissance, l'arrêté fixant la répartition et le prix de cession n'était pas publié. La date et la référence exactes du décret ne sont pas confirmées. Enfin, l'ampleur réelle de la baisse variera selon les distributeurs : les 12 à 18 centimes sont une fourchette annoncée, pas un engagement garanti pour chaque station.

Une précision concerne les stations rurales isolées. Plus de 300 d'entre elles, situées à plus de 10 kilomètres les unes des autres, bénéficient d'un soutien. Un prêt de trésorerie, plafonné à 5 000 euros par station, peut être souscrit avec des intérêts pris en charge par l'État. Le contrat doit être signé entre le 20 octobre et le 20 novembre 2026. Pour une entreprise installée loin des grands axes, c'est un indice sur la manière dont la baisse pourrait atteindre sa station habituelle.

Factures, GNR, prime employeur : les vérifications à faire

Les conseils qui suivent sont des vérifications de bon sens, pas des règles officielles. Premier réflexe : comparer ses factures de carburant, ou les relevés de ses cartes professionnelles, avant et après le 1er novembre. Un relevé du prix au litre payé la dernière semaine d'octobre servira de référence. Si la baisse annoncée n'apparaît pas, l'écart sera visible noir sur blanc.

Deuxième réflexe : interroger son fournisseur. Une entreprise qui s'approvisionne par cuve, par carte ou par contrat peut demander comment la baisse sera répercutée et à quelle date. Les prix d'un contrat ne suivent pas toujours ceux de la pompe, et la question mérite d'être posée par écrit. Pour les flottes, un suivi simple par véhicule ou par chantier suffit à voir si la baisse se traduit réellement dans les coûts.

Le gazole routier n'est pas tout. L'aide au GNR, le gazole non routier, a été prolongée jusqu'au 31 décembre 2026. Elle représente 15 centimes par litre pour les agriculteurs et 20 centimes pour le BTP, d'après Terre-net, l'AFP et Connaissance des Énergies en septembre. Pour l'agriculture, des relais de presse indiquent que le guichet rouvrirait aux retardataires pour la période d'avril à juin. Cette information reste à confirmer et ne doit pas être tenue pour acquise.

Les échéances comptent aussi. Dans la pêche, le guichet pour juin-août a une date limite fixée au 30 octobre 2026, soit dans quelques jours. Les exploitants concernés ont donc intérêt à vérifier sans attendre que leur dossier est complet. De façon générale, mieux vaut noter les dates de guichet GNR dans son agenda plutôt que de les découvrir après coup.

Côté salariés, le ministre des PME Serge Papin a annoncé le 22 septembre 2026 le relèvement de 600 à 1 000 euros du plafond de la prime carburant versée par l'employeur. Cette prime est facultative et vise les trajets domicile-travail. Elle est défiscalisée et exonérée de cotisations salariales. Selon Serge Papin, il s'agit d'« une aide concrète au pouvoir d'achat, actionnable par les entreprises au bénéfice de leurs salariés ». La source consultée ne précise pas la date d'application : mieux vaut consulter son expert-comptable avant de la verser.

Une confusion est à éviter. L'aide de 100 euros mentionnée dans la presse concerne les particuliers, pas les entreprises. Pour savoir qui y a droit et comment la demander, notre guide détaille l'aide carburant : qui y a droit, combien et comment la demander.

En résumé, le 1er novembre est une date repère, pas une certitude. La baisse de 12 à 18 centimes est annoncée par le gouvernement, TotalEnergies parle d'environ 10 centimes pour les particuliers, et le texte d'application n'était pas publié à notre connaissance. Les entreprises gagneront à documenter leurs prix avant et après, à questionner leur fournisseur et à surveiller leurs échéances d'aide. Si l'économie se confirme, elle sera mesurable sur leurs propres factures.

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