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Fatima Ezzahra El Mansouri, première cheffe du gouvernement marocain

Le roi Mohammed VI a nommé, le mardi 29 septembre 2026, Fatima Ezzahra El Mansouri cheffe du gouvernement. Avocate de 50 ans, ancienne maire de Marrakech et ancienne ministre, elle devient la première femme à occuper cette fonction au Maroc, mais devra d'abord bâtir une coalition, son parti n'ayant obtenu que 97 des 395 sièges.

Le souverain a reçu la nouvelle cheffe du gouvernement au palais royal de Rabat. Selon le communiqué du cabinet royal, il « l'a chargée de former le nouveau gouvernement ». La nomination est intervenue six jours après les élections législatives du 23 septembre 2026, dans le respect de l'article 47 de la Constitution. Ce texte prévoit que le chef du gouvernement est issu du parti arrivé en tête à la Chambre des représentants.

Le moment est historique à plus d'un titre. Fatima Ezzahra El Mansouri est la première femme à diriger un gouvernement au Maroc, un constat partagé par franceinfo, Boursenews et Al Jazeera. Selon Al Jazeera, elle est aussi la troisième femme chef de gouvernement du monde arabe, après la Tunisienne Najla Bouden. Reste que, à la date de rédaction, aucune des sources consultées ne confirme la composition du futur gouvernement.

Une victoire en trompe-l'œil pour le PAM

Le Parti Authenticité et Modernité (PAM), classé au centre droit et membre de la coalition sortante, est arrivé en tête du scrutin. Il a toutefois obtenu 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants, très loin des 198 nécessaires pour détenir la majorité absolue. D'après franceinfo et l'AFP, comme d'après Al Jazeera, la cheffe du gouvernement devra donc former une coalition pour les cinq années à venir.

Les premières prises de position dessinent déjà des lignes de partage. Selon Al Jazeera, le PAM se dit prêt à travailler avec tous les partis. En revanche, le PJD et la Fédération de la gauche démocratique ont annoncé qu'ils resteraient dans l'opposition. Le chemin vers une majorité de gouvernement passera donc par d'autres formations, qui restent à identifier.

L'enjeu dépasse la simple arithmétique parlementaire. Toujours selon Al Jazeera, cette coalition répartira des milliards de dollars d'investissements avant la Coupe du monde 2030, que le Maroc organisera avec le Portugal et l'Espagne. La future équipe aura donc un calendrier serré et des arbitrages financiers importants à rendre.

Il faut aussi relativiser la portée politique du résultat. Le scrutin a été marqué par un taux de participation de 38 %, le plus bas depuis presque 20 ans, selon franceinfo. Autrement dit, la formation arrivée en tête l'a fait dans un contexte de forte abstention, ce qui invite à nuancer la lecture d'un plébiscite.

Enfin, les marges de manœuvre du futur exécutif restent encadrées. D'après franceinfo et l'AFP, les grandes orientations des secteurs stratégiques demeurent l'apanage du roi. La cheffe du gouvernement dirigera donc l'action gouvernementale dans un cadre où le souverain conserve la main sur les choix majeurs.

Un mot, enfin, sur le titre. Le Maroc n'a pas de titre de Première ministre : la fonction officielle est celle de « cheffe du gouvernement », même si certains médias emploient l'expression « première ministre ». C'est le terme retenu ici.

Le parcours d'une avocate devenue figure de Marrakech

Née en 1976 à Marrakech, Fatima Ezzahra El Mansouri est avocate et a aujourd'hui 50 ans. Elle a passé son baccalauréat au lycée Victor-Hugo de Marrakech, puis obtenu une licence en droit privé à l'Université Mohammed V. Elle a ensuite décroché un DEA en droit des contrats d'affaires à l'Université de Montpellier, avant de suivre une formation en droit des affaires anglo-saxon à New York University, selon Boursenews et Al Jazeera.

Son engagement politique est lié à celui de son parti. Elle a rejoint le PAM à sa création en 2008. Selon franceinfo et l'AFP, le parti a été fondé par Fouad Ali El Himma, aujourd'hui conseiller du roi et proche de Mohammed VI, qui s'en est retiré en 2011. Elle est aujourd'hui coordinatrice nationale de la formation, d'après franceinfo et Al Jazeera.

Son premier grand rôle public vient en juin 2009. À 33 ans, elle devient la première femme maire de Marrakech, un fait rapporté par Boursenews, franceinfo et Al Jazeera. Elle retrouve la mairie après les élections de 2021 et exerce actuellement un second mandat. Boursenews relève d'ailleurs que sa nomination arrive dix-sept ans après sa première élection à la mairie et cinq ans après son entrée au gouvernement. Al Jazeera ajoute qu'elle a été députée sur plusieurs mandats successifs.

En octobre 2021, elle est nommée ministre de l'Aménagement du territoire national, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville, dans le gouvernement d'Aziz Akhannouch. Selon Al Jazeera, ses dossiers ont notamment porté sur le programme d'aide directe au logement, sur les réformes d'urbanisme et sur le relogement des sinistrés du séisme d'Al Haouz de 2023. Nous avions couvert dans ces colonnes le séisme de 2023 dans la région de Marrakech.

Un repère historique s'impose. Le précédent de 2011 est celui de l'annonce intitulée Abdelilah Benkirane nommé chef du gouvernement. Ce rappel ne vaut que comme point de repère : en 2026, la nouveauté tient à la première nomination d'une femme à ce poste.

Reste à savoir quelle forme prendra la coalition. Pour l'heure, la cheffe du gouvernement dispose d'un mandat royal, d'un parcours d'élue locale et de ministre, et d'un parti qui compte 97 sièges sur 395. Le symbole est fort, mais les prochaines semaines diront si ce symbole se traduira par une majorité stable et par un programme capable de répondre aux attentes d'un électorat dont seuls 38 % se sont déplacés.

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