Manifestations du 31 octobre : Macron veut des cortèges hors centres-villes
Lundi 26 octobre 2026, à Marseille, Emmanuel Macron a demandé que les parcours des cortèges des mobilisations du 31 octobre puis du 5 novembre soient établis hors des centres-villes. À Nice, trois rassemblements sont par ailleurs annoncés entre mardi 27 et samedi 31 octobre.
Macron demande des cortèges hors des centres-villes
Selon LCP, qui cite BFM et l'AFP, le chef de l'État s'est rendu à Marseille pour constater les dégâts causés à la mairie lors des violences du 17 octobre. Il s'est félicité du « retour de l'ordre », obtenu selon lui sans avoir recours à l'état d'urgence.
Emmanuel Macron a ensuite formulé une demande précise : que les parcours des mobilisations des 31 octobre puis 5 novembre soient établis hors des centres-villes, « pour limiter les dégradations et les pillages ». Il cite en exemple le modèle retenu pour le 24 octobre. La mission qu'il assigne aux autorités tient en deux verbes : « tenir et protéger ».
Le président a aussi reconnu un « manque d'anticipation » au début du conflit social, né à la mi-septembre dans les lycées, ainsi que des « demandes légitimes » dans le mouvement. « C'est le moment du débat, pas de la violence », a-t-il insisté, d'après LCP. Il a par ailleurs rappelé l'existence du fonds de soutien aux commerçants et artisans touchés par les dégradations. Les professionnels victimes de casse ou de pillage peuvent consulter notre guide pour commerçants dont le local a été pillé ou vandalisé, qui détaille les démarches de déclaration et d'indemnisation.
Le maire de Marseille, Benoît Payan, a de son côté appelé à une « sortie politique » du mouvement, toujours selon LCP. Le message des deux responsables va donc dans le même sens : rouvrir un espace de discussion tout en évitant que les prochains rendez-vous de rue ne dégénèrent.
Il faut toutefois lire cette annonce pour ce qu'elle est : une demande présidentielle. Elle ne vaut ni interdiction nationale de manifester dans les centres-villes, ni itinéraire fixé localement. À ce stade, nous n'avons trouvé aucune trace d'un arrêté préfectoral, d'un parcours officiel ou d'un plan de transport pour le 31 octobre, que ce soit à Marseille ou à Nice. Rien ne permet donc d'affirmer qu'un préfet a déjà appliqué cette consigne, ni que des stations de métro ou des commerces fermeront ce jour-là.
Les habitants qui comptent se déplacer samedi, notamment en transports en commun, peuvent se reporter à notre guide sur les transports à Marseille pour les tarifs et les règles de validation, mais devront confirmer les horaires et d'éventuelles perturbations auprès du réseau, de la préfecture et de la mairie.
À Nice, trois rassemblements d'ici samedi
D'après Nice Premium, trois rassemblements sont annoncés dans la ville. Le premier a lieu mardi 27 octobre à 18 h devant l'hôtel de ville. Il réunit des syndicats, des associations et des partis : la CGT 06, la FSU 06, la Ligue des droits de l'Homme Nice, Les Écologistes de Nice, LFI 06 et le PCF 06. Les organisateurs interpellent le maire Éric Ciotti et le gouvernement, estimant que « des mouvements sociaux d'une ampleur historique sont laissés sans réponse depuis un mois ».
Le deuxième rendez-vous est fixé jeudi 29 octobre à 18 h 30 devant le Palais des Expositions, sur le parvis de l'Europe. Il est porté par un collectif citoyen, « La France Résiste! », qui annonce un rassemblement statique, pacifique et apolitique contre les violences urbaines, les pillages et les dégradations. Les drapeaux français y sont les bienvenus. Selon le collectif, le rassemblement a été déclaré à la préfecture.
Le troisième aura lieu samedi 31 octobre à 14 h place Masséna. Il s'agit de l'« acte III » de la mobilisation contre la vie chère, avec un mot d'ordre lié à Halloween : « Tous déguisés pour résister ! ». Il est présenté comme pacifique par ses organisateurs.
Ce contexte local reste tendu. Toujours selon Nice Premium, une manifestation interdite par arrêté préfectoral a tout de même réuni plus de 2 300 personnes le 24 octobre à Nice. Des mesures de sécurité sont en vigueur dans les Alpes-Maritimes jusqu'au dimanche 1er novembre à 23 h : elles visent les mortiers, les articles pyrotechniques, le transport de carburant en petits contenants et certains équipements. Le maire Éric Ciotti affirme par ailleurs pouvoir rétablir un couvre-feu pour les mineurs dès le week-end prochain, avec le préfet, si cela s'avère nécessaire.
Ce que l'on ignore encore pèse autant que ce que l'on sait. Les parcours exacts, les éventuels arrêtés préfectoraux, l'organisation des transports et l'ouverture des commerces le 31 octobre sont à confirmer auprès des préfectures et des mairies concernées. Il est préférable de vérifier ces informations la veille, puis le jour même, plutôt que de se fier à des cartes ou à des messages non vérifiés qui circulent sur les réseaux.
La date suivante de mobilisation est fixée au 5 novembre, également visée par la demande du président de tenir les cortèges hors des centres-villes. Si les autorités locales traduisent cette demande en itinéraires ou en arrêtés, ces décisions devront être annoncées publiquement par les préfectures et les mairies.