La mobilisation des Marocains a fini par payer, mais de nombreuses zones d’ombre planent sur l’affaire Galvan. (D R)

Pédophile gracié : L’Espagne avait demandé son extradition

Selon la presse espagnole, l’Espagne avait demandé l’extradition de Daniel Galvan, non pas sa grâce. 

L’affaire Daniel Galvan, du nom de ce pédophile espagnol gracié par le roi du Maroc, n’en finit pas de rebondir. 

D’abord libéré la semaine dernière, après la grâce accordé par Mohamed VI, le sort de Daniel Galvan est désormais entre les mains de la justice espagnole, qui vient de l’arrêter à Murcie

Ce pédophile d’une soixantaine d’années avait était condamné au Maroc à trente ans de prison pour des viols sur onze mineurs. La semaine dernière, il était donc gracié, en compagnie d’une cinquantaine d’Espagnols, et regagnait aussitôt l’Espagne, libre de toute poursuite. 

Une vague d’indignation s’emparait du pays, des rassemblements de protestation s’organisait et étaient violemment réprimés par le pouvoir. 

Finalement, le roi décidait d’annuler sa grâce, et aujourd’hui, le pédophile était interpellé à Murcie par les autorités espagnoles. 

Dans le même temps, on apprenait que, contrairement aux premières dénégations des deux pays, une liste de détenus avait bien été soumise aux autorités marocaines. Cette liste contenait les noms de quarante-huit prisonniers

Mais, selon la presse espagnole, l’Espagne n’aurait demandé la grâce que pour dix-huit d’entre eux, les trente autres devant être extradés. Galvan faisait partie de ce groupe de trente.

 

Erreur ou complaisance ? 

Par une erreur de procédure, ou un excès de zèle, les quarante-huit individus ont tous été graciés. Avec eux Galvan, dont on connaît désormais le lourd passé, et les conséquences désastreuses de cette “libération lamentable”, selon les propres mots des autorités marocaines. 

Reste désormais à établir les responsabilités dans cet enchaînement d’erreurs. Ou de complaisances, l’avenir le dira peut-être. Le responsable de l’administration pénitentiaire a d’ores et déjà été révoqué par le roi, mais il ne sera sans doute pas la seule victime de cette affaire. 

Le pays en lui-même a également été lourdement atteint par les conséquences de tout ce battage. Et les Marocains ne comptent pas rester dupes. Ils sont déjà nombreux à avoir appeler à réagir et à se rassembler dans plusieurs villes du pays, afin de réclamer toute la vérité