Nicolas Sarkozy en compagnie du N°2 du CNT Libyen (Xinhua)

Nicolas Sarkozy et David Cameron à Tripoli, en terrain conquis?

La nouvelle tenue secrète a fini par se répandre comme une traînée de poudre. Nicolas Sarkozy et David Cameron, premier ministre britannique, se rendent en Libye jeudi 15 septembre. L'information a été confirmée mercredi soir par le président du Conseil national de transition libyen (CNT), Moustafa Abdeljalil. "Nous disons aux leaders qui viennent demain (jeudi) qu'ils seront en sécurité", a-t-il déclaré, cité par l'AFP.

Quelque 160 policiers français auraient été envoyés à Tripoli dès mercredi soir pour une mission de "sécurisation en vue d'un déplacement sur place", ont rapporté des sources concordantes.

Nicolas Sarkozy et David Cameron se rendront également à Benghazi fief et point de départ de l'insurrection contre Kadhafi. Ils seront accompagnés du philosophe Bernard Henry Levy mais vraisemblablement pas du ministre francais des Affaires étrangères, Alain Juppé.

Bernard Henry Levy s'était distingué par des initiatives en faveur des insurgés au début de la révolution. Il avait notamment été partie prenante de la première rencontre entre le président français et les dirigeants du CNT.

Sur le terrain, les offensives annoncées depuis plusieurs jours n'ont pas encore eu lieu sur les bastions pro-Kadhafi de Bani Walid (170 km au sud-est de Tripoli), Syrte (360 km à l'est de Tripoli) et Sebha (centre), qui ont montré leur capacité à résister et même à contre-attaquer.

M. Abdeljalil a exigé mercredi en rencontrant à Tripoli des dignitaires de Bani Walid que les pro-Kadhafi présents dans la ville remettent leurs armes lourdes aux nouvelles autorités libyennes, a indiqué un porte-parole du CNT.

Le colonel Kadhafi bouge toujours. Mercredi soir il s'en est pris à l'Otan, l'accusant de "terrorisme et de destructions", selon la chaîne Arraï basée en Syrie qui diffuse régulièrement ses messages.

"Si Syrte a été isolée du monde pour que ces atrocités puissent être commises contre elle, le monde a l'obligation de ne pas la laisser isolée", a-t-il déclaré. "Le terrorisme et la destruction pratiqués par l'Alliance atlantique dans la région de Syrte sont indescriptibles".

Seif al-Islam, l'un des fils de Kadhafi déterminé à résister aux insurgés est toujours introuvable. Ses fils Hannibal et Mohamed sont réfugiés en Algérie avec leur sœur Aïcha et l'épouse de l'ancien "Guide" Safiya, tandis que Seif al-Arab et Khamis seraient morts.

Selon une source gouvernementale nigérienne, un autre fils, Saadi Kadhafi (38 ans), entré dans le nord du Niger dimanche, est arrivé mardi soir à Niamey, où il serait "sous bonne garde" des forces de sécurité nigériennes.

Le Niger, qui a reconnu l'autorité du CNT, a accueilli 32 proches du colonel Kadhafi pour des raisons "humanitaires" et promis de respecter ses engagements auprès de la justice internationale s'il y avait parmi eux des personnes recherchées.

Moscou alerte pour sa part sur la menace terroriste qui s'accroît à la faveur du "chaos". Al-Qaïda chercherait à s'y implanter sur la durée en réorganisant ses réseaux sur place.