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Immigration : la forte baisse des arrivées irrégulières en Espagne en 2025 interroge la Méditerranée

Les arrivées de migrants irréguliers en Espagne ont chuté de 42 % en 2025, selon les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur. Une baisse spectaculaire qui redéfinit les routes migratoires méditerranéennes et soulève autant de questions que d’espoirs.

Madrid n’avait pas connu pareille baisse depuis près d’une décennie. Après plusieurs années de flux constants, la tendance s’est inversée en 2025, avec moins de 30 000 arrivées recensées sur les côtes espagnoles. Le gouvernement attribue cette baisse à un renforcement des coopérations avec le Maroc et la Mauritanie, ainsi qu’à un contrôle plus strict des frontières maritimes.

« C’est une réussite diplomatique et sécuritaire sans précédent », s’est félicité un haut responsable du ministère de l’Intérieur espagnol. Mais derrière ces chiffres se cachent des réalités plus complexes. Sur les côtes andalouses et aux Canaries, les associations humanitaires alertent sur une hausse des naufrages et sur le déplacement des routes migratoires vers des zones plus dangereuses.

Une victoire fragile sur fond de tensions régionales

Cette baisse apparente ne signifie pas pour autant un apaisement durable. Les ONG notent un accroissement des tentatives d’entrée par les Baléares et une pression accrue sur les routes terrestres via les enclaves de Ceuta et Melilla. « Les flux ne disparaissent pas, ils se déplacent », rappelle Maria Delgado, coordinatrice de l’ONG Caminando Fronteras.

Le gouvernement espagnol, appuyé par Bruxelles, mise sur une politique d’externalisation des frontières, inspirée du modèle italien. Mais cette stratégie soulève des critiques. Plusieurs juristes et députés européens évoquent un risque d’atteinte aux droits fondamentaux, notamment avec la multiplication des refoulements en mer. L’Espagne, pivot des routes migratoires de la Méditerranée occidentale, se retrouve à la croisée d’enjeux diplomatiques et humanitaires.

La baisse statistique des arrivées ne saurait masquer la persistance des drames humains qui continuent de se jouer chaque semaine aux portes de l’Europe. « Derrière chaque chiffre, il y a une vie suspendue à un espoir », résume un bénévole de la Croix-Rouge à Tenerife.

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