Le FC Barcelone claque la porte de la Superligue : un coup fatal au projet
Le FC Barcelone a officiellement annoncé, ce samedi 7 février 2026, son retrait du projet de Superligue européenne. Par cette décision historique, le club catalan tourne définitivement la page d'une saga qui aura secoué le football européen pendant près de cinq ans. Le Real Madrid de Florentino Pérez se retrouve désormais seul à défendre un projet que beaucoup considèrent comme mort-né.
Dans un communiqué publié samedi matin, le FC Barcelone a été limpide : « Le FC Barcelone souhaite informer qu'il a officiellement notifié aujourd'hui à la European Super League Company et aux clubs concernés son retrait du projet de Super League européenne. » Une phrase brève, presque clinique, qui met un terme à des années de tensions entre le géant catalan, l'UEFA et les autres acteurs du football continental.
Le projet de Superligue, dévoilé en avril 2021 par douze clubs fondateurs parmi les plus puissants d'Europe, avait provoqué un véritable séisme dans le monde du football. L'idée : créer une compétition fermée réunissant une élite permanente de grands clubs, en marge de la Ligue des champions organisée par l'UEFA. En moins de 48 heures, neuf des douze clubs fondateurs – dont les six formations anglaises, l'Atlético Madrid, l'AC Milan et l'Inter Milan – avaient fait marche arrière sous la pression conjuguée des supporters et des institutions sportives.
Un rapprochement stratégique avec l'UEFA
Le retrait du Barça ne relève pas d'un coup de tête. Depuis plusieurs mois, le président Joan Laporta multipliait les signaux d'apaisement envers l'UEFA et l'European Football Clubs (EFC), l'organisation présidée par Nasser Al-Khelaifi, patron du Paris Saint-Germain. Dès octobre 2025, Laporta avait publiquement déclaré vouloir « la paix » dans le football européen, reconnaissant que l'incertitude prolongée autour de la Superligue ne servait plus les intérêts du club.
La nouvelle formule de la Ligue des champions, entrée en vigueur la saison dernière avec un nombre accru de matchs et des revenus en hausse significative, a visiblement convaincu la direction barcelonaise que les revendications financières qui avaient motivé l'adhésion initiale au projet étaient désormais satisfaites dans le cadre institutionnel existant. La presse catalane évoquait d'ailleurs depuis l'automne 2025 un changement de position du club.
La dégradation des relations entre le Barça et le Real Madrid a également pesé dans la balance. Florentino Pérez a poussé pour que des mesures soient prises contre Barcelone dans l'affaire Negreira, cette enquête portant sur des paiements effectués par le club catalan au vice-président de la commission d'arbitrage espagnole entre 2001 et 2018. Cette offensive a achevé de rompre les derniers liens de solidarité entre les deux rivaux historiques au sein du projet dissident.
Le Real Madrid, dernier bastion d'un rêve brisé
Avec le départ du FC Barcelone, le Real Madrid reste le seul club d'envergure encore attaché à la Superligue, rebaptisée « Unify League » en 2024. Le projet, porté par la société A22 Sports Management, avait été repensé sous la forme d'une compétition à quatre divisions accueillant 96 équipes, avec un système de qualification ouvert. Mais sans l'appui d'aucun autre grand club européen majeur, cette architecture ambitieuse semble condamnée à rester sur le papier.
Sur le plan juridique, le dossier reste toutefois ouvert. La Cour d'appel de Madrid avait confirmé fin octobre 2025 que l'UEFA avait « abusé de sa position dominante » en tentant de bloquer la création de la compétition rivale. Le Real Madrid et A22 Sports Management avaient même engagé une procédure réclamant plus de quatre milliards d'euros de dommages et intérêts à l'instance européenne du football. Mais une victoire judiciaire sans clubs participants relève davantage du symbole que de la réalité sportive.
Des sources proches de la Super League Company ont par ailleurs indiqué que le départ de Barcelone ne serait pas un processus simple, en raison de clauses contractuelles liant les clubs fondateurs. Il faudra suivre les prochaines semaines pour savoir si cette séparation se fera à l'amiable ou devant les tribunaux.
Ce qui est certain, c'est que l'annonce de ce samedi marque un tournant décisif. Cinq ans après le tremblement de terre d'avril 2021, la Superligue n'est plus qu'un projet fantôme, soutenu par un seul homme et un seul club. Le football européen, malgré toutes ses imperfections, a choisi de rester sous l'égide de l'UEFA. Reste à savoir si Florentino Pérez acceptera cette réalité ou poursuivra seul un combat que l'histoire semble avoir déjà tranché.