Algérie : les parents de Christophe Gleizes lui rendent visite pour la première fois à Kolea
Pour la première fois depuis l'incarcération de leur fils en Algérie, les parents de Christophe Gleizes ont pu lui rendre visite ce lundi 3 février à la prison de Kolea, près d'Alger. Ce moment tant attendu intervient trois jours après le transfert du journaliste sportif français depuis la prison de Tizi-Ouzou, où il était détenu depuis sept mois.
L'annonce de cette visite familiale a été faite par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, en déplacement dans le Lot-et-Garonne, département d'origine du journaliste de 36 ans. « Sa famille a pu lui rendre visite aujourd'hui », a-t-il confirmé, réitérant la position ferme de Paris : « Nous exigeons la libération immédiate de Christophe Gleizes, nous nous mobilisons sans relâche en lien étroit avec sa famille, qui traverse cette épreuve avec une grande dignité. »
Ce rendez-vous familial revêt une importance particulière. Sylvie Godard, la mère du journaliste, et son époux Francis avaient fait le déplacement à Alger à l'occasion de l'anniversaire de leur fils, né le 2 février 1989 à Agen. Les conditions de visite étaient jusqu'alors qualifiées de « drastiques » par la famille, qui peinait à obtenir les autorisations nécessaires.
Le transfert vers Kolea, un "signe positif"
Le vendredi 30 janvier, Christophe Gleizes a quitté sa cellule de Tizi-Ouzou, située à une centaine de kilomètres à l'est d'Alger, pour être transféré à la maison d'arrêt de Kolea, à seulement 26 kilomètres à l'ouest de la capitale. Ce transfert a été facilité par l'intervention de Ségolène Royal, récemment nommée présidente de l'Association France Algérie, qui a rencontré le journaliste le jour même de son transfert.
Pour la famille, ce rapprochement géographique constitue une avancée concrète. « Ce sera aussi plus pratique pour son avocat qui est basé à Béjaïa, en Kabylie, qui mettait deux heures de route pour aller à Tizi-Ouzou », explique la mère du journaliste. Cette dernière qualifie le transfert de « signe positif », tout en gardant une prudence mesurée : « On a eu beaucoup de signes positifs et, après, des déconvenues, donc on garde espoir mais on ne crie pas victoire. On est optimistes, il va y avoir des avancées cette année, c'est sûr. »
Après sa rencontre avec Christophe Gleizes, Ségolène Royal a rassuré la famille sur l'état moral du détenu. « Elle nous a dit que Christophe était fort dans sa tête, elle a été impressionnée par sa détermination et sa sérénité », rapporte Francis Godard, le beau-père du journaliste.
Une condamnation controversée
Collaborateur des magazines So Foot et Society, Christophe Gleizes avait été arrêté le 28 mai 2024 à Tizi-Ouzou alors qu'il enquêtait sur la mort du footballeur camerounais Albert Ebossé, joueur de la JS Kabylie décédé en 2014. Condamné en juin 2025 à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l'intérêt national », sa peine a été confirmée en appel en décembre dernier.
Les accusations portent sur des échanges avec un membre du MAK (Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie), organisation classée terroriste par les autorités algériennes. Reporters sans frontières (RSF) juge ces accusations infondées et continue de réclamer la libération du journaliste. L'affaire s'inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre Paris et Alger, même si les récentes démarches diplomatiques, notamment l'implication de l'Association France Algérie, semblent ouvrir de nouvelles perspectives de dialogue.