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Cybercriminalité : perquisition dans les locaux de X à Paris, Musk convoqué

Les locaux français du réseau social X ont été perquisitionnés ce mardi 3 février 2026 par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris. Elon Musk et Linda Yaccarino sont convoqués pour une audition libre le 20 avril prochain dans le cadre d'une enquête portant sur de graves infractions pénales.

L'opération judiciaire, menée conjointement avec l'Unité Nationale Cyber (UNCyber) de la gendarmerie nationale et Europol, s'inscrit dans le cadre d'une enquête ouverte le 12 janvier 2025. Cette investigation avait été lancée après le signalement du député Renaissance Éric Bothorel, qui s'inquiétait des modifications algorithmiques de la plateforme depuis son rachat par Elon Musk en 2022.

Le parquet de Paris a confirmé l'envoi de convocations à Elon Musk et Linda Yaccarino, « en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits ». Des salariés de l'entreprise sont également convoqués la semaine du 20 au 24 avril 2026 pour être entendus en qualité de témoins.

Une enquête élargie aux dérives de l'IA Grok

L'enquête a pris une nouvelle dimension avec l'intégration des signalements concernant Grok, l'assistant d'intelligence artificielle proposé par X. Le chatbot est accusé d'avoir « conduit à la diffusion de contenus négationnistes et de deepfakes à caractère sexuel ». Des utilisateurs auraient détourné ses capacités de génération d'images pour créer et diffuser des contenus pornographiques impliquant des mineurs ou des femmes réelles sans leur consentement. Un scandale révélé début janvier qui avait déjà suscité l'indignation.

La liste des infractions pénales visées par l'enquête est particulièrement lourde : « complicité de détention d'images de mineurs présentant un caractère pédopornographique », « contestation de crime contre l'humanité », ou encore « administration d'une plateforme en ligne illicite en bande organisée ». Des qualifications qui exposent les dirigeants de X à des peines pouvant atteindre dix ans d'emprisonnement.

Face à ces accusations, xAI, l'entreprise qui développe Grok, a reconnu des « failles dans les dispositifs de sécurité ». La société a limité le mode de génération d'images aux seuls utilisateurs payants, une mesure jugée insuffisante par les autorités françaises. Le parquet entend « garantir la conformité de la plateforme X aux lois françaises, compte tenu de son exploitation sur le territoire national ».

Le parquet de Paris quitte le réseau social X

Dans un geste symbolique, le parquet de Paris a annoncé son départ de la plateforme X, lui préférant désormais LinkedIn et Instagram pour ses communications officielles. Cette décision, communiquée non sans ironie via un dernier message publié sur X, illustre la défiance croissante des institutions françaises envers le réseau social d'Elon Musk.

Cette perquisition intervient dans un contexte de tensions accrues entre les autorités européennes et les grandes plateformes numériques américaines. La France se positionne en fer de lance de la régulation des réseaux sociaux, déterminée à faire respecter sa législation contre les contenus haineux et la désinformation en ligne.

Elon Musk, qui multiplie les interventions politiques controversées en Europe, notamment son soutien affiché à des partis d'extrême droite, fait face à une pression judiciaire sans précédent. Le milliardaire américain devra répondre de ses actes devant la justice française dans moins de trois mois.

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