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Périscolaire à Paris : Cash Investigation révèle des violences sur des enfants

Une journaliste de Cash Investigation s'est fait embaucher comme animatrice périscolaire à Paris. En caméra cachée, elle a filmé des scènes édifiantes : violences verbales sur des enfants de maternelle, menaces de privation de goûter et baisers forcés sur la bouche. Suite à la diffusion du reportage le 29 janvier 2026, plusieurs animateurs ont été suspendus et le ministre de l'Éducation nationale a annoncé des signalements à la justice.

Les images sont accablantes. Dans cette école maternelle parisienne, des animateurs hurlent sur des enfants de 3 à 6 ans. "Range ta chaise avant que je m'énerve !", lance l'un d'eux. "Je vais récupérer les goûters, vous n'allez rien manger !", menace un autre. Les enfants, terrorisés, doivent garder "le doigt sur la bouche" et ont parfois "perdu le droit de parler".

Plus grave encore, la journaliste infiltrée a observé une collègue qui embrassait répétitivement des enfants sur la bouche en chantonnant "Je suis folle de lui". Face à un petit de 3 ans qui a mis la main dans un plat, un animateur s'emporte puis déclare froidement : "Laisse-le, j'ai crié sur lui, il faut qu'il sache qu'il n'a pas le droit de faire ça. Il peut faire la tête jusqu'à demain, j'en n'ai rien à cirer."

52 animateurs suspendus en trois ans

Ces révélations interviennent alors que la Ville de Paris a reconnu, en novembre 2025, avoir suspendu 52 animateurs périscolaires pour violences sexuelles au cours des trois dernières années. En 2025, une quarantaine d'entre eux ont été écartés, dont 20 pour suspicion de faits à caractère sexuel. À Paris, ces agents s'occupent quotidiennement de 93 000 enfants, de la maternelle à l'élémentaire.

L'enquête de Cash Investigation met également en lumière une pratique troublante : certains animateurs signalés pour comportements inappropriés étaient simplement déplacés d'une école à une autre, sans aucune sanction. Un responsable éducatif de la Ville a confirmé cette pratique à la caméra.

Patrick Bloche, premier adjoint à la mairie de Paris en charge de l'éducation, avait présenté en novembre 2025 un plan de lutte contre ces violences. Parmi les mesures annoncées : la création d'un poste de Défenseur des enfants, une première pour une ville française, et une formation obligatoire de deux jours pour tous les nouveaux animateurs vacataires.

Le ministre saisit la justice

Au lendemain de la diffusion du reportage, le ministre de l'Éducation nationale Edouard Geffray a réagi avec fermeté. "Je procède ce jour à plusieurs signalements sur le fondement de l'article 40 du Code de procédure pénale", a-t-il écrit sur X. Il a également annoncé l'engagement immédiat de "procédures de contrôle et de sanction" relevant de son ministère.

Dans l'arène politique parisienne, les candidats à la mairie se sont emparés du sujet. Rachida Dati dénonce "une preuve de l'omerta et des dysfonctionnements systémiques qui perdurent à la Ville de Paris" et réclame une enquête globale. Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint et candidat de gauche, promet une politique de "tolérance zéro" et le recrutement de 2 800 agents supplémentaires pour les écoles.

Les syndicats, eux, pointent les causes structurelles du problème : faibles rémunérations, temps partiels subis, emplois du temps hachés. Cette profession, devenue l'angle mort de l'école, peine à recruter, conduisant certaines mairies à être peu regardantes sur les profils des candidats.

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