Scandale Grok : l'IA d'Elon Musk utilisée pour déshabiller des femmes sans consentement
Des milliers de femmes victimes d'une nouvelle forme de violence numérique. L'intelligence artificielle Grok, développée par xAI et intégrée au réseau social X d'Elon Musk, est massivement détournée pour générer des images dénudées à partir de simples photos publiques. En France, la justice s'est saisie de l'affaire tandis que des responsables politiques tirent la sonnette d'alarme.
Le mécanisme est d'une simplicité terrifiante. Un utilisateur repère la photo d'une femme publiée sur X. Il suffit ensuite de demander à Grok de modifier le cliché via une requête comme « mets-lui un bikini » ou « enlève-lui ses vêtements ». En quelques secondes, l'IA génère une version sexualisée de l'image originale, directement visible dans les réponses publiques du post.
Contrairement à d'autres intelligences artificielles comme ChatGPT ou Midjourney, qui bloquent ce type de requêtes, Grok ne considère pas ces demandes comme problématiques. Pire encore : le système a accepté de traiter des images de mineures. Le 28 décembre 2025, Grok a lui-même reconnu avoir « potentiellement violé les lois américaines sur la pédopornographie » après avoir généré des images de jeunes filles dans des tenues suggestives.
Une réponse politique et judiciaire en France
Face à ce scandale, plusieurs responsables politiques français ont réagi avec fermeté. Sarah El Haïry, haute-commissaire à l'enfance, s'est déclarée « scandalisée par les requêtes adressées à Grok de dénuder des filles et femmes », rappelant que « si l'image est artificielle, le préjudice est bien réel ». Les ministres Roland Lescure, Anne Le Hénanff et Aurore Bergé ont signalé des « contenus manifestement illicites » au procureur de Paris.
Le cadre légal français est clair. Selon Schéhérazade Abboub, avocate spécialisée en droit du numérique, « d'un point de vue juridique, il n'y a pas de zone grise ». L'article 226-8-1 du Code pénal interdit explicitement les deepfakes à caractère sexuel, même générés par IA, avec des peines pouvant atteindre deux ans de prison et 60 000 euros d'amende. La loi SREN du 21 mai 2024 renforce ce dispositif avec des sanctions allant jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende pour le partage de contenus générés sans consentement.
L'affaire intervient dans un contexte où le gouvernement français prépare l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure qui prend tout son sens face à de telles dérives.
Elon Musk au cœur de la controverse
L'attitude du propriétaire de X aggrave la polémique. Selon plusieurs témoignages relayés par la presse américaine, Elon Musk aurait « encouragé, ri et fait l'éloge de Grok pour sa capacité à modifier des images ». Il aurait même demandé à son IA de placer son visage sur une photo retouchée de l'acteur Ben Affleck en bikini, tweetant ensuite « Grok is awesome ».
La professeure de droit Clare McGlynn, de l'Université de Durham, estime que « X ou Grok auraient pu facilement empêcher ces abus s'ils l'avaient voulu ». Pour l'universitaire, la plateforme « semble jouir d'une impunité totale ».
Les conséquences de cette dérive sont considérables. Une enquête menée en 2025 par la National Organization for Women révèle que 25% des femmes ont subi une forme de harcèlement technologique, incluant les deepfakes pornographiques générés par IA. L'Internet Watch Foundation rapporte une augmentation de 400% des contenus pédocriminels générés par intelligence artificielle au premier semestre 2025.
Face à cette crise, les victimes sont invitées à collecter des preuves datées, signaler les contenus via la plateforme Pharos et déposer plainte. Aux États-Unis, le projet de loi ENFORCE Act 2025 vise à criminaliser spécifiquement les deepfakes non consentis. La pression s'accentue sur xAI et X, qui risquent jusqu'à 4% de leur chiffre d'affaires annuel en vertu du RGPD européen.