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Roubaix : la fausse histoire du livreur Amazon condamné pour avoir sauvé une passante

Une histoire virale circule sur TikTok depuis quelques jours : un livreur Amazon aurait sauvé une passante agressée à Roubaix, avant d être licencié puis condamné à dix ans de prison ferme. Vue par plus de deux millions d internautes, cette narration dramatique est entièrement fausse.

C est la chaîne TikTok « Tekamecplace » qui a lancé ce feuilleton judiciaire. Selon les vidéos publiées, un livreur surnommé « Le Ness » aurait accompli un acte héroïque en sauvant une femme victime d une agression en pleine rue. Malgré les témoignages supposément en sa faveur, la victime se serait retournée contre lui en portant plainte pour « comportement inapproprié ».

Le récit se poursuit dans un second contenu : le jeune homme, déjà sous le coup d un sursis, aurait écopé d une peine de dix ans de prison ferme. Amazon l aurait également licencié. Une troisième vidéo affirme ensuite qu il aurait été libéré par son avocat en moins de 24 heures.

Un récit truffé d incohérences

Le fact-check réalisé par 20 Minutes révèle de nombreuses anomalies dans ce scénario. Si les vidéos montrent des images de tribunal, le récit contient des contradictions flagrantes. Les déclarations attribuées au livreur sont qualifiées d « incompréhensibles » et manquent de cohérence. Aucune source officielle, ni média local, ni communiqué de presse ne confirme cette affaire.

La chronologie elle-même pose question : comment un homme peut-il être condamné à dix ans de prison ferme puis libéré en 24 heures ? Cette manipulation de l information sur les réseaux sociaux s inscrit dans une tendance préoccupante de contenus sensationnalistes conçus pour générer des vues.

TikTok, terrain fertile pour la désinformation

Cette affaire illustre la facilité avec laquelle de fausses informations peuvent se propager sur les plateformes de vidéos courtes. Le format addictif de TikTok, combiné à des récits émotionnels, favorise la viralité au détriment de la vérification. Deux millions de personnes ont ainsi cru à une histoire entièrement fabriquée.

Les créateurs de contenus viraux exploitent souvent des thématiques sensibles : injustice sociale, abus de pouvoir, victimes innocentes. Ces ingrédients narratifs suscitent l indignation et encouragent le partage, sans que les internautes ne vérifient la véracité des faits. Face à cette désinformation croissante, la vigilance reste de mise.

Avant de partager une vidéo choquante, quelques réflexes simples s imposent : rechercher des sources officielles, vérifier si des médias reconnus ont traité le sujet, et se méfier des récits trop parfaits pour être vrais. Dans le cas du « livreur de Roubaix », aucun de ces critères n était rempli.

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