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Algérie : Tebboune aurait-il ignoré la hausse des prix du carburant ?

Depuis le 1er janvier 2026, les Algériens font face à une augmentation surprise des prix des carburants à la pompe. Une décision prise sans aucune annonce préalable et qui, selon certaines sources médiatiques, n'aurait pas été portée à la connaissance du président de la République Abdelmadjid Tebboune. Une information qui, si elle se confirme, révèlerait un dysfonctionnement majeur au sommet de l'État.

Les automobilistes algériens ont découvert avec stupeur, au matin du 1er janvier 2026, de nouveaux tarifs affichés sur les pompes des stations-service. Le litre d'essence sans plomb est passé de 45,62 dinars à 47 dinars, le gasoil de 29,01 à 31 dinars, tandis que le GPL-c a connu la hausse la plus significative, grimpant de 9 à 12 dinars le litre. Ni Naftal, le principal distributeur national, ni l'Autorité de régulation des hydrocarbures n'avaient jugé utile d'informer les consommateurs au préalable.

Cette absence totale de communication a immédiatement suscité l'indignation. Mustapha Zebdi, président de l'Organisation algérienne de protection du consommateur (APOCE), a fustigé sur les réseaux sociaux ce manque de transparence, tout en confirmant l'authenticité des hausses. Sur la page Facebook officielle de la présidence de la République, les commentaires de citoyens interpellant directement le chef de l'État se sont multipliés.

Une contradiction flagrante avec les promesses présidentielles

La polémique est d'autant plus vive que cette hausse intervient quelques semaines seulement après le discours du président Tebboune devant le Parlement, dans lequel il avait solennellement réaffirmé le caractère social de l'État comme un choix stratégique irréversible. Le chef de l'État avait alors insisté sur la nécessité de tenir compte de la conjoncture économique et sociale avant toute mesure susceptible d'affecter le pouvoir d'achat des ménages.

Le Front des forces socialistes (FFS) n'a pas tardé à dénoncer une décision « brutale », prise sans préavis ni débat public, et en contradiction manifeste avec les engagements officiels. Pour le parti d'opposition, cette augmentation, qualifiée de « socialement injuste », risque d'alimenter durablement l'inflation et d'annihiler les effets des récentes revalorisations salariales et sociales.

Le ministère des Hydrocarbures et des Mines a tenté de justifier cette décision en invoquant la nécessité d'assurer la continuité de l'approvisionnement national et de couvrir les coûts croissants de production et de distribution. Le communiqué officiel rappelle que les prix des carburants en Algérie n'avaient pas évolué depuis 2020 et demeurent parmi les plus bas au niveau international. Des arguments qui peinent toutefois à convaincre une opinion publique échaudée par l'absence de concertation.

La contestation a rapidement dépassé le stade des réseaux sociaux. Un mouvement de grève a paralysé le secteur du transport dans plusieurs wilayas, perturbant la mobilité des citoyens. Les chauffeurs de taxi et les transporteurs de marchandises ont dénoncé l'impossibilité de répercuter ces hausses sur leurs tarifs sans perdre leur clientèle. Face à l'ampleur du mécontentement, des négociations d'urgence avec les autorités ont permis d'obtenir des engagements sur une révision des tarifs du transport public et des mesures d'accompagnement. La grève a été suspendue, mais le malaise social persiste. Cette entrée dans l'année 2026 illustre le fossé croissant entre le discours officiel sur l'État social et la réalité des décisions économiques qui frappent le quotidien des Algériens.

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