Madrid : des milliers de manifestants dénoncent l'"agression impérialiste" américaine au Venezuela
Au lendemain de l'opération militaire américaine qui a conduit à la capture de Nicolas Maduro, la colère gronde dans les rues de Madrid. Dimanche matin, plusieurs milliers de manifestants ont convergé vers l'ambassade des États-Unis pour dénoncer ce qu'ils qualifient d'"agression impérialiste" contre le peuple vénézuélien.
En plein cœur de la capitale espagnole, la scène était saisissante. Drapeaux vénézuéliens mêlés aux bannières de Podemos et du Parti communiste espagnol, pancartes accusatrices représentant Donald Trump dévorant goulûment un bidon de pétrole aux couleurs du Venezuela, slogans scandés en chœur contre l'intervention militaire de Washington : le rassemblement a pris des allures de véritable démonstration de force de la gauche radicale européenne.
Sur une immense banderole déployée face à l'ambassade, un message résumait le sentiment général : « Non à l'agression impérialiste contre le Venezuela ». Des militants brandissaient également des pancartes portant l'inscription « Trump agresseur », tandis que d'autres réclamaient à grands cris la libération immédiate de Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores.
Une onde de choc mondiale
Cette mobilisation madrilène s'inscrit dans un mouvement de protestation qui dépasse largement les frontières espagnoles. À Paris, plus de 2 000 personnes s'étaient déjà rassemblées samedi pour exprimer leur indignation. À La Havane, le président cubain Miguel Díaz-Canel a lancé un appel vibrant aux « peuples d'Amérique » pour qu'ils «serrent les rangs» face à ce qu'il a qualifié d'« attaque brutale et perfide ».
L'opération militaire américaine, menée dans la nuit du 2 au 3 janvier sous le nom de code « Opération Absolute Resolve », a mobilisé plus de 150 avions et des unités de la Delta Force. En moins de trente minutes, les forces spéciales américaines ont capturé le président vénézuélien et son épouse, les exfiltrant vers les États-Unis où Maduro est désormais incarcéré au centre de détention métropolitain de Brooklyn.
Le gouvernement américain justifie cette intervention comme une « opération de police » visant à exécuter un mandat d'arrêt international contre Maduro, poursuivi pour « narcoterrorisme » et « complot pour importation de cocaïne ». Une justification que rejettent catégoriquement les manifestants de Madrid et les nombreuses voix qui s'élèvent à travers le monde pour dénoncer une violation flagrante du droit international.
Au Venezuela, la Cour suprême a confié l'intérim du pouvoir à la vice-présidente Delcy Rodríguez, après avoir officiellement constaté « l'enlèvement du président constitutionnel » au cours d'une « agression militaire étrangère ». La diplomatie russe a quant à elle jugé l'attaque « profondément inquiétante et condamnable », appelant à « empêcher toute nouvelle escalade ».
En Espagne, la présence massive de militants de formations comme Podemos témoigne de la fracture politique que cette intervention provoque au sein même des démocraties occidentales. Pour ces manifestants, la capture de Maduro ne représente pas une victoire de la justice internationale, mais bien le retour d'une logique impérialiste que l'on croyait révolue. Le débat promet de se poursuivre dans les semaines à venir, alors que le sort de l'ancien président vénézuélien reste suspendu aux décisions de la justice américaine.